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Chokri Belaïd : «Nous appelons à un large front démocratique» : «Nous appelons à un large front démocratique»
Recomposition du paysage politique
Publié dans Le Temps le 26 - 02 - 2012

«Nous refusons que la Syrie devienne une nouvelle Libye»
«La liberté de la presse et de l'information est le point de départ de toutes les libertés»
Les initiatives de regroupement des partis et forces d'opposition se poursuivent. Après avoir entamé ce processus d'unification en Avril dernier, le courant patriote et démocrate composé du Mouvement des Patriotes Démocrates dont le porte-parole est Chokri Bellaïd et du Parti du Travail Patriote Démocrate,
viennent d'annoncer la création d'un nouveau parti qui réunit les différentes composantes du courant. Chokri Bellaïd explique au Temps les raisons de cette union, sa démarche, ce qui la distingue des autres initiatives, ses perspectives et se prononce à propos de diverses questions d'actualité.
Concernant les raisons de cette union, Me Chokri Bellaïd, porte-parole du Mouvement des Patriotes Démocrates, a précisé que « des nécessités de dynamique générale poussent à l'unification avec le Parti du Travail Patriote Démocrate. Nous avons les mêmes références et nous partageons les même conceptions et approches, ce qui fait que nous nous rencontrons dans la plupart des positions. Nous appartenons au même tronc. Des amis non organisés insistent sur la nécessité de participer dans un parti uni qui rassemble les composantes du courant patriote et démocrate. C'est un rassemblement ouvert à tous les militants et militantes, groupes et individus se reconnaissant dans le courant patriote démocrate. L'unité a été posée sur la table dès le début. Des pas ont été franchis pour l'unification. Au cours de la rencontre du 17 avril, l'unité a été proposée. Maintenant, une feuille de route a été fixée. Des délais aussi. Des commissions ont été mises sur pied. Le congrès constitutif du nouveau parti doit se tenir au plus tard à la fin de juin prochain. Nous sommes à la deuxième étape. Nous tenons à ce que l'opération se passe loin de toute précipitation, sans qu'elle ne soit une union de directions, mais une union de contenu et de militants actifs dans tout le pays et au sein de l'émigration. »
Au cœur de l'équation politique
Concrètement qu'est-ce qui a été fait ? Me Bellaïd poursuit : « nous avons créé une coordination à l'échelle nationale et régionale. Des commissions de règlement intérieur, du programme politique général, du programme économique et social, de dialogue avec tous les éléments patriotes et démocrates sans exception, de la finance, de la communication et de l'information et de la préparation matérielle du congrès ont été créées. Les documents et les différentes motions feront l'objet d'un large débat dans les régions et à l'échelle nationale. Nous inviterons tous les militants patriotes, démocrates et progressistes à en débattre durant 90 jours. L'espace sera ouvert à tous ceux que la construction d'un grand parti de la gauche démocratique intéresse. C'est un parti qui devra être au cœur de l'équation politique, un partenaire pour le dialogue et la construction. L'opération ne sera pas uniquement limitée à la capitale. La profondeur régionale est fondamentale. Nous agirons dans les 24 gouvernorats et avec nos émigrés. » L'idée d'un front est de plus en plus avancée. Où en est-on ? « De grands pas ont été franchis pour la constitution d'un front avec le Mouvement du Peuple, le Parti « Ettaliâa » et d'autres militants indépendants. Des concertations se passent avec plusieurs partis et des composantes du Pôle Démocratique Moderniste », dit Me Bellaïd en ajoutant « nous avons lancé un appel au Parti Communiste Ouvrier de Tunisie (PCOT). Nous appelons à un large front démocratique ». Il étaye la nécessité de créer ce front par le fait que « l'étape actuelle passe par une lutte entre un projet démocratique qui poursuit l'action révolutionnaire et un projet dictatorial qui remet la dictature au goût du jour. Nous nous rencontrons dans cette étape avec toutes les forces qui défendent la République, l'Etat civil, la séparation entre la Religion et la Politique, l'indépendance de la Justice, la dimension sociale et la souveraineté nationale ».
Alliances sur la base de missions
Le PCOT a-t-il répondu à cette main tendue ? A cette question la réponse de Me Bellaïd est sans équivoque : « Nous avons lancé l'appel. Nos camarades au sein du PCOT sont entre le oui et le non. Nous sommes optimistes. La situation est difficile. Elle n'autorise pas des erreurs. Il ne s'agit pas d'un problème de positions. Une lecture calme de la situation et de la réalité nous dicte de tendre la main. Les vieilles divergences avec le PCOT touchaient aux aspects tactiques. L'intérêt du peuple exige d'être ensemble. Nous parions tous pour être au niveau des responsabilités de l'étape actuelle. Les alliances et les fronts, nous les construisons sur la base des missions à accomplir et non sur celle rapportant à l'idéologie. »
Concernant la différence entre cette démarche et celle du PDP ou d'Ettajdid, Me Bellaïd affirme : « C'est le PDP que nous respectons et qui a un rôle fondamental dans cette étape et qui estime qu'il n'y a pas de raison à s'adresser à toutes les composantes de la gauche. Nous appelons à un front démocratique très large qui inclut le PDP et le prochain parti à créer. Dans plusieurs régions, les structures du PDP se réunissent dans nos locaux. Nous militons ensemble dans les régions, à l'instar de Sidi Bouzid. Le PDP ne propose pas pour le moment un front mais un parti. Dans l'avenir tout reste possible. Concernant l'initiative d'Ettajdid, du Parti du Travail Tunisien (PTT) et des militants du Pôle Démocratique Moderniste (PDM), les débats sont ouverts. Nous apprécions leur initiative. Nous n'avons pas de portes fermées devant les forces démocratiques. »
Comment juge-t-il la Déclaration de Béji Caïd Essebsi ? Il pense que « cette déclaration fait un diagnostic de la situation politique générale et du rendement du Gouvernement et de la Constituante qui est partagé par plusieurs forces. Nous nous rejoignons dans ce diagnostic. En plus la déclaration contient un appel pour une alliance des forces centristes. Tant qu'il n'y a pas d'initiative au vrai sens du terme, nous ne pouvons nous prononcer . La scène politique est en effervescence et connaît à l'heure actuelle une nouvelle gestation et recomposition. Des forces politiques se rassemblent. De nouveaux horizons se dessinent et offrent au peuple des choix basés sur des programmes et non sur des tentations ».
Amis d'Israël et non de la Syrie
A propos du rassemblement qui a eu lieu dernièrement devant l'Etablissement de la Télévision, précise-t-il « on avait parlé d'une grande marche« mellyounia », il y a eu à peine 3000 manifestants, alors que la marche de soutien à la liberté de la presse était beaucoup plus imposante. « La bataille pour l'information et la liberté de presse, n'est pas conjoncturelle. Elle est déterminante. La liberté de presse et de l'information est le point de départ de toutes les libertés. Il y a ceux qui ne veulent pas d'un secteur d'information libre qui joue son rôle de contrôle sur tous, gouvernement, opposition, associations…Ils veulent un pays sans information libre. La dictature s'impose à travers une information inféodée, une justice dépendante et une sécurité répressive. Nous voulons, une information libre et démocratique, une justice indépendante et une sécurité républicaine. Aux professionnels de la presse d'assumer leurs responsabilités. La Révolution leur a offert une opportunité inouïe. Toute concession de leur part, aussi minime soit-elle ouvre la voie à de grandes concessions et au retour de la dictature ».
Le sommet consacré à la Syrie ne peut échapper à l'entretien avec Me Bellaïd. Il précise « en abritant cette conférence à Tunis, le gouvernement ne respecte pas un engagement écrit selon lequel une position consensuelle sera prise à propos de la Syrie. L'invitation a été faite aux amis d'Israël et non aux amis de la Syrie. C'est une tentative de fournir une couverture à une intervention militaire en Syrie et d'offrir une reconnaissance au Conseil d'Istanbul de l'opposition syrienne à l'étranger. C'est une action qui vise à transformer la Tunisie, d'un pays du déclenchement du processus de liberté et de dignité à une base pour faire le marketing de projets américains dans la région. Nous sommes avec notre peuple syrien pour la liberté et la dignité, contre l'absolutisme du pouvoir. Nous avons des alliés au sein de l'opposition nationale qui refuse l'intervention étrangère et la guerre entre confessions. Nous refusons que la Syrie devienne une autre Libye. Je parle de l'Instance nationale de transition démocratique sous la conduite du Dr. Haythem Menna. C'est une opposition de l'intérieur composée de 11 partis de gauche et arabisants, 4 partis kurdes, d'intellectuels et de grands patriotes. Ce qu'a fait le gouvernement est une consécration de la ligne de suivisme des choix américains, turcs et qataris, en contradiction avec les intérêts de la Tunisie et ses liens avec son environnement régional et panarabe.


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