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Pénible maïeutique
L'UNESCO choisit la Tunisie pour célébrer la Journée mondiale de liberté de la presse
Publié dans Le Temps le 05 - 05 - 2012

«La liberté d'expression est un de nos droits les plus précieux. Elle sous-entend toutes les autres libertés et constitue un des fondements de la dignité humaine. Des médias libres, pluralistes et indépendants sont indispensables à l'exercice de cette liberté.». Mot d'ouverture de M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU et Mme. Irina Bokova, D.G de l'UNESCO.
Parce que la Tunisie a été la pionnière du Printemps arabe et parce que la presse est cette pierre angulaire de l'instauration d'une démocratie, l'UNESCO a choisi le territoire tunisien pour célébrer durant trois jours, la journée mondiale de la liberté de la presse.
Une première pour un pays où, du temps du régime défunt, les médias étaient muselés, cadenassés voire martyrisés.
Intitulé «Les nouvelles voix : La liberté des médias aide à transformer les société, les nouvelles voix, les jeunes et les médias sociaux», le colloque a réuni une kyrielle d'ONG, de représentants de la Société civile tunisienne, de journalistes, de politiciens et surtout d'experts tunisiens et étrangers.
Après une séance plénière à laquelle a assisté le Chef du gouvernement M. Hamadi Jebali, une multitude de sessions, d'ateliers et de débats ont été animés simultanément dans plusieurs salles de conférences. Le thème principal était la place dont jouit la presse dans la transformation du sort d'un pays, le rôle de la jeunesse comme boosteurs vers la démocratie et la naissance d'un nouveau type de presse : le journalisme citoyen.
L'UNESCO et la sacralisation de la liberté de la presse
C'est en 1993 que le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la liberté de la presse par l'Assemblée générale des Nations-Unies suite à la recommandation de l'UNESCO deux ans auparavant. Célébrée annuellement, la Journée se déroule chaque année dans un pays différent. Pour l'année 2012, l'UNESCO a opté pour la Tunisie dans le but d'exhorter les Tunisiens à réussir le processus démocratique et rappeler que la liberté de l'expression est intrinsèque de la démocratie.
Cette Journée est l'occasion pour rappeler aux gouvernements et à la Société civile, surtout dans les pays qui sont en transition, qu'il est nécessaire de respecter l'indépendance des médias et d'œuvrer avec eux dans la consolidation d'une presse libre, neutre et affranchie. En outre, comme il a été énoncé lors de la journée d'hier, un gouvernement se doit de soutenir les médias dans l'exercice de leur travail et non pas constituer une contrainte ou une menace.
Cette Journée est aussi un rendez-vous lors duquel il s'agit de faire le bilan sur la situation des médias et de la liberté de la presse à travers le monde, les violations, la censure, le harcèlement, les procès intentés contre les journalistes, les condamnations et toute tentative d'intimider les médias. Un hommage est, d'ailleurs, rendu aux journalistes tués sur le terrain ou dans les prisons. Une Journée de recueillement pour ceux qui ont perdu la vie en mission.
Par la même occasion, l'UNESCO tient à faire de cette journée un espace de débats et de recommandations pour encourager les initiatives faites en faveur de la liberté de la presse, les sessions de formation, les associations qui militent pour la liberté d'expression et le droit de tout un chacun à l'information.
Pour sacraliser cette Journée, le prix UNESCO/Guillermo Cano (journaliste colombien assassiné en 1986 dans son bureau) a été créé en 1997 afin d'être décerné chaque année à un journaliste, une institution ou une organisation pour sa contribution notoire voire risquée dans la défense de la liberté d'expression et son militantisme ou son œuvre dans la promotion de la liberté de la presse au risque et péril de sa vie. Ce prix est le prix fort que pourrait payer un journaliste dans l'exercice de sa profession par passion et honnêteté.
Pour cette année 2012, le Prix UNESCO/Guillermo Cano a été décerné, avant-hier au Palais présidentiel de Carthage, au journaliste Eynulla Fatullayev (Azerbaïdjan) pour son parcours hors-norme dans sa lutte contre la censure. Mme Diana Senghor, présidente du jury a souligné que «Eynulla vient couronner les efforts de tous les journalistes qui sont encore en prison, il a été choisi pour son caractère exceptionnel et son courage remarquable.». Elle rajoute, par la suite, que «c'est la solidarité internationale (qui) a sauvé Eynulla», vu qu'il a purgé quatre ans de prison.
Liberté de la presse en Tunisie, une maïeutique pénible
Le 3 mai, une journée qui devrait être exceptionnelle pour la Tunisie postrévolutionnaire. Or, le 3 mai a coincidé, ironie du sort, avec la fin du procès affligeant t orchestré contre Nabil Karoui…Une amende de 2400 dinars pour avoir diffusé un film qui avait d'ores et déjà circulé dans les salles de cinéma tunisiennes.
Le 3 mai vient aussi quelques jours après la fameuse consultation nationale autour de l'information et dans laquelle les principaux acteurs de la presse tunisienne ont été tout simplement esquivés.
Cette Journée qui soutient que la Tunisie a été choisie pour avoir montré le pouvoir qu'a eu la convergence des médias en tant que voix du peuple sur la transformation du destin de la société, rappelle aux journalistes tunisiens que, certes, ils ont gagné une bataille mais pas la guerre. Libres, oui mais jusqu'à quand ?
Rien que le nombre des agressions dont ont été victimes plusieurs journalistes, les procès intentés contre les directeurs de médias télévisés et presse écrite, les nominations aléatoires et visés du gouvernement, la campagne sauvage de dénigrement menée contre la télé nationale et les intimidations qui diffusent de partout menaçant de privatiser les établissements médiatiques publics semblent sonner le carillon d'un trépas imminent de la liberté de la presse.
Tous les médias tunisiens ont sonné le tocsin. Les journalistes se sont émancipés mais à quel prix ? Menaces de mort, harcèlement, agressions physiques, morales et racistes. L'itinéraire semble semé d'embûches. Les enjeux sont importants et on ne veut pas de ces chiens de garde, de ces guetteurs de fautes et de fraudes…
La liberté de la presse, les médias tunisiens y tiennent et semblent déterminés à ne plus céder aux pressions narcissiques des chasseurs de sièges.
Melek LAKDAR
daassi


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