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Ziad Lakhdar, membre du bureau politique
Congrès unificateur des patriotes démocrates
Publié dans Le Temps le 02 - 09 - 2012


Le grand parti de la gauche, dans une année

Il est le bras droit de Chokri Belaïd et ses chances d'occuper un poste de premier ordre dans la nouvelle équipe des Patriotes Démocrates sont bien réelles.
Nous l'avons croisé dans les coulisses du Palais des Congrès où nous lui avons posé quelques questions à propos de la tenue de leur congrès. Il s'est mis tout de suite à notre disposition malgré ses charges et l'inopportunité du moment.

-Le Temps : Ne voyez-vous pas que le choix de Gammarth pour les travaux de votre congrès est un handicap pour plusieurs militants et observateurs qui ne pourraient pas faire le déplacement ?

-Sachez que c'est un choix obligé, on aurait bien aimé que les trois jours aient lieu au Palais des Congrès, mais nos moyens financiers ne permettent, malheureusement, pas cela, on n'est financé ni par des ambassades, ni par des hommes d'affaires, mais seulement par nos militants, leurs cotisations constituent nos seules et uniques ressources. Dommage pour nos amis qui n'ont pas pu suivre le congrès de près, en tout cas, ils ne sont pas aussi loin que ça, notre proximité est avant tout intellectuelle et politique.

-Quelles sont vos attentes de ce congrès unificateur ?
-Je suis optimiste quant à son issu, je pense qu'il se terminera par l'adoption des documents fondateurs qui définissent la base et l'identité idéologique et politique de notre parti unifié et la constitution des nouvelles structures. L'enthousiasme est général et tout le monde est conscient de la spécificité de l'étape, de la délicatesse des tâches à accomplir et de son rôle historique à jouer dans cette conjoncture très particulière et très difficile à négocier à tous les niveaux.
-Peut-on dire que toute la famille patriote démocrate est réunie aujourd'hui dans l'hémicycle du Palais des Congrès?
-Pas tout à fait, il y en a qui sont encore en dehors, qui n'ont pas manifesté leur volonté de rejoindre leur famille qui sera toujours là à les attendre et à les accueillir ; et je pense, personnellement que leur retour au bercail est imminent, d'ailleurs, au moment où je vous parle, nous discutons de cela avec quelques groupes d'entre eux, et je peux vous dire que presque tous les écueils sont franchis et que toutes les difficultés sont aplanies. Les discussions se font dans la bonne humeur et le sens de la responsabilité prime sur toute autre considération.
-Visiblement, les étrangers manquent sensiblement à votre congrès, contrairement à celui du « Parti des Travailleurs » où ils étaient nombreux. Quelles en sont les raisons ?
-Notre conception des choses et notre manière de procéder ne différent aucunement et en rien de celles de nos camarades du PT, nous partageons les mêmes approches et les mêmes positions, ce qui veut dire que leurs amis sont aussi les nôtres. Cela dit, les démarches que nous avons entreprises n'ont pas connu le même succès que chez nos camarades à cause de contretemps liés à des considérations qui nous dépassent : elles sont inhérentes à l'indisponibilité des billets d'avion en raison du trafic aérien intense en cette période estivale différée par le mois de Ramadan et également à l'octroi du visa, et là, c'est le volet politique qui intervient, plusieurs de nos amis se sont vus refuser cette autorisation.
-Que faut-il au « Front Populaire » pour réussir ? Et, selon vous, combien faudrait-il de temps pour que votre grand parti de gauche voie le jour ?
-La réussite du « Front » dépend, de toute évidence, de la bonne volonté de tous les protagonistes qui sont appelés à œuvrer et à consentir tous les sacrifices possibles, cette œuvre monumentale doit réussir et je crois que toutes les conditions favorables sont réunies pour que ce « Front » connaisse le succès. Concernant le grand parti de gauche, je reste persuadé que le délai pour la mise à jour de ce nouveau-né de grande carrure ne dépassera pas une année à condition, toutefois, que toutes les parties s'y mettent et se donnent sans compter.
Chokri Belaïd, porte-parole
«Nécessité d'un gouvernement de technocrates pour sauver la transition»
Voilà que le compte à rebours s'est déclenché, puisqu'il ne reste plus beaucoup de temps pour les « Patriotes Démocrates » de s'unir et le «Front Populaire» de se former. Le processus de rassemblement entre les frères et les cousins a démarré depuis des mois et va bientôt accoucher de deux nouveau-nés à travers deux congrès successifs dans le temps et dont le premier, qui se termine aujourd'hui même, ouvrir la voie au deuxième et lui servira d'artère. D'aucuns prétendent que le «Front populaire» que certains considèrent comme tardif est venu serrer les rangs des militants de gauche, les nationalistes et les démocrates dont la chance lors des prochaines élections sera certainement meilleure que la fois précédente, étant donné que leur participation en tant que bloc leur évitera l'éparpillement et par conséquent le gaspillage des énergies et des voix. Les tâches déclarées des dirigeants du cadre unificateur du courant patriote démocrate c'est la contribution efficace à la réussite de ce front qui représente l'espoir et un objet de pari pour toutes les forces progressistes face à toutes les formations du libéralisme sous toutes ses classifications en particulier celle enfilant l'habit religieux et aux complots internes et externes ciblant la Révolution en Tunisie et ses enfants loyaux. Pour parler de toutes ces choses et d'autres questions s'y attachantes et pour la manifestation de la vérité en ce qui concerne certaines rumeurs, nous avons accueilli M. Chokri Belaïd qui a répondu à nos questions sans détours.
Le «Front Populaire» n'est plus la propriété de ses composantes, mais il est devenu un besoin urgent des larges masses accrochées aux objectifs de la révolution
-Le Temps : Où est-on avec le «Front»?
- Chokri Belaïd : Nous avons fait des progrès significatifs dans la détermination des questions au niveau politique à travers notre vision et l'ensemble du programme inspiré par la carte politique et la place que nous occupons en son sein et nous sommes maintenant en train de discuter de la forme et des structures relationnelles qui sous-tendent sa tâche à l'échelle nationale, régionale et locale. Par ailleurs, le « Front » n'est plus la propriété des parties le composant, mais il est devenu un besoin urgent pour l'opinion publique large et démocratique qui a un fort désir de relever le défi face au libéralisme avec ses deux facettes bourgeoise et religieuse et la réhabilitation du slogan de la Révolution et de ses objectifs comme en témoignent les manifestations régionales qui ont lieu presque au quotidien, cette dynamique dont le cercle s'étend petit à petit sur la voie de la colère générale qui va embraser tous les coins du pays et dont la flamme affectera ceux qui ont, insidieusement, mis le feu à son corps. Le «Front» se présente comme une force alternative qui sollicite le pouvoir et œuvre à réaliser son programme dans la réalité, et il sera la plateforme sur laquelle sera édifié notre grand parti de gauche.
Notre «Front» peut conclure des accords provisoires avec les partis démocratiques sur certaines questions spécifiques et limités dans le temps
-Ne voyez-vous pas que, dans le but de renforcer votre position en tant que force de gauche dans votre lutte contre la droite religieuse, il aurait été meilleur de faire rallier à vous d'autres forces politiques appartenant à «Nida de Tunis» à votre « Front »?
-Un nombre des composantes du «Front» a proposé de faire appel à certains de ces partis politiques pour construire un front de gauche et ont pris contact avec « Mouvement Wafa », le «P D P » et les démissionnaires de « Attakattol », mais nous n'avons pas reçu de réponse positive. Le « Front » se recoupera toujours avec tous ceux qui adoptent son programme et tous ceux qui s'en approchent, et nous tenons à mettre l'accent sur le fait qu'en tant que parties la composant nous n'agirons pas d'une manière indépendante, mais en son nom et suivant une décision de ses structures conformément à ce que sera défini par les questions, les alliances et les rapprochements et les nécessités de la phase, ce qui veut dire que le «Front» n'est constitué contre aucun parti politique mais a été fondé sur la base d'une alternative ayant un programme qui réponde aux aspirations des larges masses de notre peuple et qui défende les objectifs de la Révolution. Le «Front» se réunira sur des thèmes et des questions spécifiques telles que les acquis de la femme et la liberté des médias dans certaines étapes avec tel ou tel parti sans que cela n'atteigne le niveau d'alliance.
Les commis de l'impérialisme et du sionisme et les instigateurs de l'éclatement de la nation arabe sur une base sectaire ne peuvent pas être les alliés des nationalistes
-Les déclarations de certains responsables nationalistes sont porteuses de signes trahissant une certaine sympathie à l'égard d' «Ennahdha», ne craignez-vous pas la possibilité d'un rapprochement entre ces deux partis politiques?
-Nous avons une longue histoire dans la collaboration avec les factions nationalistes, et nous savons très bien qu'«Ennahdha» s'efforcera d'asséner un coup au «Front», mais ce projet ne passera pas. Il est impossible pour les pions de l'impérialisme et du sionisme et les fomenteurs de séditions en Tunisie et dans la région arabe notamment en Syrie d'être les alliés des nationalistes. Il est impossible pour ceux qui ont hypothéqué les richesses du pays au capital et maintiennent le modèle de développement du gouvernement Ben Ali de former un front commun avec les nationalistes. Il est impossible pour ceux qui divisent le monde arabe sur la base de sectes et de factions d'être des alliés aux auteurs d'un projet unitaire et démocratique. Ces forces progressistes avec lesquelles nous nous rencontrons à l'échelle nationale, politiquement et socialement n'accepteront pas une alliance avec un parti politique qui a prouvé son incapacité à assimiler la culture démocratique et nous avons dans l'expérience du « Congrès » et « Attakattol » au sein de la «Troïka» la meilleure preuve de cette voie de l'exclusion empruntée par « Ennahdha » dont la source d'inspiration dans tout ce qui est économique et politique reste le grand précepteur Ben Ali . En plus de tout cela, les forces nationalistes sont un élément essentiel dans les composantes du « Front » et l'un de ses architectes et ne pourrait donc en tant que tel se retourner contre lui.
Les incriminations de la gauche par les partis gouvernements libéraux successifs démontrent l'unité de la droite malgré la diversification de ses masques contre la gauche unique
-Quelle est votre réponse aux accusations portées contre vous par le nommé « Mohammed Chérif Jebali»?
Cette campagne est un plan qui dépasse ma personne et vise le « Processus Unificateur » et le «Front Populaire» et leurs congrès qui se tiendront incessamment. C'est une attaque qui s'inscrit dans un contexte caractérisé par la grande tension que connaît le « Mouvement Ennahdha» et le gouvernement d'étouffement de la Révolution et leur incapacité à faire face à l'échec qu'ils cherchent à faire assumer par un bouc-émissaire, de plus, cette campagne n'est pas nouvelle pour nous et nous nous attendons à plus de sa part, vu la dimension de son échec, c'est la danse du coq abattu. Pour rappel, les mêmes chefs d'accusation ont été retenus contre nous et nos camarades du «Parti des Travailleurs» depuis le lancement de la première étincelle de la révolution, le 17 Décembre 2010, puis repris avec les gouvernements, « Ghannouchi » 1et 2 ainsi qu'avec le gouvernement « Essebsi » à l'occasion de plusieurs événements, notamment ceux de « Siliana », et Ils continuent actuellement sur le même rythme et avec les mêmes préjugés et la même férocité avec le gouvernement de «Ennahdha». Cela n'atteste-t-il pas de l'unité de la droite en dépit de ses différents aspects contre la gauche unique malgré sa dispersion? Cette vérité incontestable devrait pousser cette dernière à s'unir. La dernière attaque a exprimé la dégénérescence morale tout à fait étrangère à notre éthique arabe et islamique et la volonté de «Ennahdha» d'utiliser et de recruter des éléments suspects, des disciples fidèles de Ben Ali pour discréditer ses opposants et ternir leur réputation. C'est la pire manifestation de l'opportunisme en politique et l'expression la plus achevée de l'hypocrisie en matière d'éthique. Merci « Ennahdha »! Par ton offensive, tu as renforcé nos acquis, fortifié notre unité et confirmé le bien-fondé de nos choix.
« Ennahdha » cherche à perpétuer l'état de transition de sorte que qu'elle puisse contrôler les rouages de l'Etat et mettre en place la «dictature émergente»
-Avez-vous confiance dans les promesses d'«Ennahdha» sur les circonstances de la conduite des élections à venir et avez-vous une vision pour la gestion de la phase transitoire actuelle?
-Le « Mouvement Ennahdha » a trahi l'alliance qu'il a conclue avec les partis politiques concernant son engagement à respecter les délais, ce qui a crée un état d'instabilité et de tension et des troubles de vision chez les Tunisiennes et les Tunisiens. Ce comportement d'«Ennahdha» est une introduction au « sixième califat » promis, elle essaye de perpétuer l'état de transition de sorte qu'elle puisse contrôler les rouages de l'Etat et l'administration et assurer l'ingestion de la société et l'éradication des vrais adversaires, un vrai levier pour revenir à la dictature. La Tunisie d'aujourd'hui à un besoin précis et urgent d'un calendrier explicite et déclaré pour la loi électorale, la commission électorale indépendante et la rédaction finale de la Constitution, ce calendrier est la seule garantie d'un consensus entre toutes les parties et qui exige la nécessité de gérer cette étape avec une nouvelle conception après l'échec de la «Troïka» dans la gestion des affaires du pays. Cet échec exige la constitution d'un petit gouvernement de technocrates ne dépassant pas les quinze membres au grand maximum et qui ne pourraient pas se présenter aux prochaines élections. Cette équipe gouvernementale assurerait la gestion de la période transitoire conformément au calendrier qui serait convenu entre toutes les parties afin que la gestion de l'administration et en particulier le Ministère de l'Intérieur ne soient pas gérés pour le bénéfice d'une partie contre toutes les autres et à leur exclusion et que les élections soient libres, justes et transparentes conformément aux normes internationales.


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