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Ici Radio Saf-Saf F.M
Humeur
Publié dans Le Temps le 04 - 11 - 2012

Ça y est la ville de la Marsa a, enfin, sa propre radio. Eh oui, nous avons notre propre antenne qui diffuse de la ville du Saf-Saf. C'est grâce aux gens généreux qui aiment El Marsa que cette radio a pu voir le jour.
A vrai dire, je vous ai menés en bateau. Ce n'est pas vrai. Mais ce qui est vrai c'est que je suis un grand rêveur. Oui, je rêve de cette radio. J'espère, de tout mon cœur, qu'un jour, j'écrirai dans ce même journal : « ça y est, Radio Saf-Saf F.M est née » et ce sera pour de bon. Oui, un jour, un jour viendra et mon souhait sera exaucé In Chaâ Allah.
Bizerte n'a-t-elle pas sa radio ? Ainsi que Kasserine, Gafsa, Monastir et Sousse...
Alors, créons cette antenne et je vous assure que vous saurez tout, tout sur la ville villégiature des beys : son passé, son présent et son avenir.

Moi, je serai animateur bénévole, j'inviterai à mon émission des gens tels que Cheikh Hwass pour vous parler de son café, de Ajoula et ses blagues légendaires, du café Saf-Saf et de sa noria centenaire. Madame Colette Fellous évoquera ses souvenirs d'enfance passés à la ville de khlaâ qu'est El Marsa.

L'historien Abdelaziz Daoulatli nous relatera l'historique de la résidence estivale de Ahmed Bey, aujourd'hui, résidence du consulat d'Angleterre, du palais Dar Kamila, un trésor architectural, actuelle résidence de l'ambassadeur de France, du palais Al-Abdellya, connu sous le nom de Borj Esslessil, construit en 1500 par le roi hafside Abou-Addallah Mouhammed Al Moutawakel pour sa fille malade.

Aussi, nous parlera-t-il de Ksar Essaâda où fut signé le fameux traité en 1883, du palais Ahmed Bey délabré, agonisant, de Kobbet El Houa et son triste sort, de Barraket Ahmed Bey décapité, en ruine.

J'inviterai si Kamel Omrane qui nous parlera des savants marsois : les Ben Achour, Cheikh Enneïfer...

Si Mohsen Ouerdienne, 77 ans, ancien instit évoquera ses souvenirs de Borj El Id, vestige en parfaite conservation, lieu où il est né.

Si Mouhammed Lounis, octogénaire, ancien horloger de Marsa-plage (son minuscule, atelier existe encore), nous parlera de Dar Ksar-Ettej fondé sur ordre de Mouhammed Bey (1814-1824) du souk El-Jédid, du très beau hammam, de sa mosquée El Ahmédi, de sa caserne, de fondouks, d'écuries, de fours à pain, de cafés, de Wkélas, de son maréchal-ferrant, sa boutique de vin et tous ses petits commerces tout autour. Tous ces vestiges ont été rasés après l'indépendance et plus exactement en 1958. Seule la mosquée fut épargnée.

Cet homme à la mémoire éléphantesque, nous donnera des tas d'informations sur Borj Mellouli, Borj El Ouesleti et son lugubre sabbat, Borj El Kouki, rasé lui aussi, de Borj Echaâbana, le nôtre, lieu de ma naissance.

D'ailleurs, l'historien Othmen El Kaâk, parla de notre Borj dans son émission télévisée et diffusée en noir et blanc, au début des années, soixante-dix. Aujourd'hui, devenu Galerie El Borj. Il nous racontera l'histoire des marabouts de la Marsa : Sidi Abdelaziz, Sidi Rahal et sa célèbre Kharja, Sidi Hassen, Sidi Dhrif, Sidi Salah. Il n'oubliera, sans doute, pas d'évoquer les événements tragiques qui se sont déroulés dans notre localité : l'assassinat du docteur Abderrahmène Mémi en 1952, par « La main rouge », le largage de bombes par les alliés le 10 mars 1943, sur notre paisible ville et qui a causé la mort de plus de deux cents marsois dont ceux de nos cousins. Certains parlent de 500 morts.

Si Skander Dhaoui, un autre amoureux fou de la ville du Saf-Saf, nous parlera de sa belle collection de photos de la Marsa d'antan.

La belle urbaniste madame Radhia Ben Mrad, une dame visionnaire et clairvoyante, nous fournira de précieux renseignements sur son association A.S.V.M et son rôle pour la sauvegarde de cette ville historique. Elle nous parlera, sans doute, de si Raouf Riahi, membre actif de son association, peintre, urbaniste et Cheikh Zaouiat Sidi Brahim Riahi, un homme pudique et réservé (commissaire de mon exposition). C'est un ange, un ange au ciel. Il est décédé au mois de Ramadan dernier.

Afif, un fan de Férid Latrach et fervent supporter de l'Avenir Sportif de la Marsa, nous dira des choses sur son club : Bezmandi, Kéchich, Ammar Merrichko, Toto, Douiri, et les autres sportifs célèbres. Raja Hayder et Mondher Akéri, ravis à la fleur de l'âge. Il évoquera sûrement Sid'Ahmed le coiffeur de Bourguiba, Chedly Filali dit Chedly saxophone, un petit homme aux yeux saillants, chef d'orchestre de la fanfare de notre ville. Décédé. Amor Djelassi lui succèdera à la tête de la troupe.

Fethi Zouitine, nous parlera de son père considéré comme l'un des premiers taxistes dans notre ville. Il nous parlera de Taïeb Mhiri , Ali Kallel, Abdelaziz Laâdjimi, Foued El Mbazaâ, Abdelkader Achour, Seïfallah Bey, Hédi Dhaoui... figures illustres de La Marsa.

Si Hassen Lazrag, ancien banquier, un vrai livre d'histoires. Qui nous parlera de la ligne T.G.M : Tunis-Goulette-Marsa, inaugurée le 2 août 1872. Ce train aux wagons jaunes et en bois traversait Marsa-plage, Marsa-ville, Sidi Daoud, Aïn Zaghouane pour arriver à Tunis et revenir à La Marsa via la Goulette. Cette ligne a contribué énormément à l'essor de notre localité.

Mon pote Mokhtar Chelbi nous parlera des quatre bars de la ville : Farhat, El Hafsi, El Moncef et Galare.

Moi, je vous parlerai de mon école de la résidence, de nos maîtres, de Khalti El Akri, la cuisinière de l'école, qui nous servait, tôt, le matin, du lait chaud dans des tasses en aluminium, de Am Néjib Khaznadare, un beau vieux qui ressemble au richissime Onassis, l'armateur grec, installé à la coupole de Borj Esselessil, il distribuait goûters et vêtements aux élèves nécessiteux dans les années cinquante et soixante Khalti Frida, l'infirmière de l'école, scrutait nos petites têtes afin de détecter les teigneux et les pouilleux pour les envoyer, illico-presto à Jammoula, un autre infirmier, espérantiste jusqu'à la moelle, spécialiste de la boule à zéro.

Je vous parlerai du premier quartier populaire de la Marsa, fondé sur ordre de Taïeb Mhiri, maire de la localité, qui, suite à la visite du président américain Ezenhawer, chassa en 1958, les Amérias, Fréchiches, Methlouthis et Oueslatis de Faddène Edakhli pour les domicilier au cimetière de Sidi Ahmed Bousselsa, d'où le nom du quartier : toute une histoire.

La Marsa c'est aussi le centre commercial Marsa-Zéphyr, Carrefour, Monoprix (3), Promogro, les laboratoires Adwya, Intercuir, des hôtels prestigieux, cinq étoiles : le Palace, le Golden-Tulip, le Corinthia - Khamsa, la polyclinique : El Amène...

Nous inviterons si Fethi Mestiri, pour nous parler de son hôtel : « Dar El Marsa », sis à quelques pas du Saf-Saf de ses installations ultra-modernes dont il sera doté : l'hôtel, cinq étoiles sera achevé bientôt.

Pour tout vous dire, je me suis adressé par écrit, quelques mois auparavant, à une radio en lui proposant six projets d'émissions.

Sa directrice ne m'a pas répondu. Pire, je suis allé à la station-radio deux fois, la patronne n'a pas pris la peine de me recevoir et c'est parce que juste après la révolution, dans une émission nocturne étant en direct sur antenne, j'ai dit que les Ben Ali et les Trabelsi sont des cochons, des vampires, des sangsue et que même après leur mort et s'ils sont enterrés dans nos cimetières, la terre sainte de notre Tunisie va les vomir, les rejeter comme on rejette le noyau d'une datte.

Eh bien, ça n'a pas plu à l'animateur et à sa patronne, paraît-il : Ils ont de la compassion pour les Ben Ali et les Trabelsi. Va savoir pourquoi !!!

Allons bon, si Mustapha Ben Jaâfar, le président de l'Assemblée Nationale Constituante, n'a-t-il pas dit qu'aujourd'hui tout est possible en Tunisie. Donc, la création de radio Saf-Saf F.M n'est pas impossible et ce n'est pas un projet chimérique.

C'est un investissement qui va créer une vingtaine d'emplois aux jeunes diplômés et qui va concourir à l'élan de La Marsa.

Ensemble, main dans la main, bougeons, agissons et bâtissons cette radio. Personnellement, j'ai en boîte une dizaine de projets d'émissions.

Après lecture de ce papier, certains diront que je suis fou, oui peut-être, mais tous les créateurs, les artistes ne sont-ils pas fous ?

Un Américain, Korczak Ziolokowski, piqué par je ne sais quelle mouche, décida, un jour, de sculpter dans une montagne de 196 mètres de haut, un indien sur un cheval

Les travaux commencèrent le 3 juin 1948. Aidé et soutenu par sa femme et ses enfants, il a passé toute sa vie à réaliser son gigantesque projet. Il a creusé, creusé jusqu'à sa mort en 1982. Sa femme et sept de ses dix enfants, poursuivirent les travaux.

Le Crazy Horse Memorial est, aujourd'hui, considéré comme la plus grande sculpture au monde. Une vie s'organisa, à proximité du monument : des restaurants, des magasins, un musée sont nés.

Les touristes affluent des quatre coins du monde pour admirer ce chef-d'œuvre colossal.

Moi, je ne vais pas creuser la colline de Sidi Rahal pour sculpter Fethia la dromadaire du Saf-Saf. Je vous demanderais une petite radio locale tout simplement Radio Saf-Saf F.M.

Ya Rabbi... que mon vœu soit exaucé !
Fethi Ben Chaâbène (Instituteur retraité)


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