Sous la surface: un voyage dans les abysses, royaume de la pression    UNICEF Tunisie lance un guide pour expliquer l'IA aux enfants    Décès de Mondher Mami, ancien directeur du protocole à la présidence tunisienne    Football européen : rendez-vous avec les matchs clés ce mardi    L'ambassadeur Mondher Mami est décédé    Manouba : une huilerie fermée pour pollution par la margine !    Violences familiales : 8 enfants tunisiens sur 10 en souffrent    La Galerie Saladin propose l'exposition Les 12 Art'pôtres de Carthage    Lauréats des Tunisian AI Awards 2025 : découvrez les pionniers tunisiens de l'IA honorés cette année    Décès du Dr Badri Mimouna après une répétition théâtrale    Les taekwondoistes tunisiens dominent le classement de la Coupe arabe juniors avec 8 médailles    La Cité des sciences à Tunis organise le festival des sciences à Thyna du 15 au 17 février 2026    Tarifs préférentiels pour les Tunisiens de l'étranger : quelles mesures pour cet été ?    Météo en Tunisie : chutes de pluies éparses sur les régions côtières    Du marketing au gaming: une nouvelle façon de séduire    Magna Mater: La Grande Déesse de retour à Zama (Album photos)    Bonne nouvelle avant Ramadan : le poisson moins cher sur les étals tunisiens    Quand la charlatanerie remplace le traitement médical de l'épilepsie en Tunisie    Remplissage des barrages Tunisiens : Siliana respire avec Remil plein à 100 %, l'agriculture relancée    L'Institut français de Sousse propose une exposition voyage dans les mythes inspirée du conte "Siqal, l'antre de l'ogresse"    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Tunisie: Gestion des villes et conseils municipaux    Concert de Bad Bunny à la finale du Super Bowl 2026 : plein de symboles gloire à la culture Latino    Pr. Najoua Essoukri Ben Amara - Open Badges : la nouvelle frontière de la reconnaissance des compétences    Mondher Msakni: L'orfèvre    Météo en Tunisie : pluies éparses, temporairement orageuses et localement intenses sur les côtes    Officiel : l'EST met fin à la collaboration avec Maher Kanzari    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    L'Espérance contre Stade malien: Où regarder la rencontre en direct ?    Un pays arabe bloque Roblox pour protéger les enfants    Le pamplemousse ou pomélo en Tunisie : un trésor nutritionnel et culinaire souvent ignoré    La Tunisie à Ajaccio et à Bordeaux    Salon national des arts plastiques: des talents à promouvoir (Album photos)    Un Tunisien à la tête du GISR : Mohamed Ali Chihi nommé Executive Director    Etude de cas - Venezuela: Anatomie d'une opération spéciale, l«Absolute resolve»    Candidats à l'installation au Canada: trois jours pour tout savoir, dès ce lundi à Tunis    Tokyo : Les Tunisiens peuvent enfin renouveler leurs passeports facilement depuis l'ambassade !    Ramadan 1447 en Arabie Saoudite : voici quand débutera le jeûne et l'Aïd al-Fitr    Le Conseil européen de la fatwa fixe la date du début du Ramadan    Nizar Chakroun fait rayonner la littérature tunisienne avec le Prix Naguib Mahfouz    Taekwondo : la Tunisie remporte trois nouvelles médailles aux Emirats arabes unis    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    Jalila Baccar, Fadhel Jaibi et Taoufik Jbali: mille mots pour saluer de grands artistes    Sidi Bou Saïd menacée par les glissements : comment protéger la colline ?    Football : le Paris Saint-Germain confirme l'achat de l'attaquant tunisien Khalil Ayari    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    La Tunisie au Conseil de Sécurité : Rien n'a changé dans les territoires palestiniens occupés, le cessez-le-feu reste violé par la puissance occupante (Vidéo)    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Pesanteurs et prémices de changement
Cinéma tunisien : an II de la Révolution
Publié dans Le Temps le 12 - 01 - 2013

Partir du constat que rien n'a changé dans le secteur du cinéma depuis le 17 Décembre- 14 Janvier relève de la croyance naïve que tout pouvait changer à la faveur de la chute du régime de Ben Ali.
C'est quelque part faire injure à l'Histoire et à ses lois implacables qui veulent que les transitions quelles qu'en soient les modalités obéissent à un rythme propre nécessairement plus lent que celui des attentes suscitées en nous par ce moment où le cours de l'histoire semble avoir été définitivement infléchi dans le sens souhaité, celui de la liberté et de la Démocratie. Il ne s'agit en aucune manière de remettre en question la légitimité de ces attentes ni de se faire le défenseur d'un statu quo-ante bellunmais de tenter par le biais d'une radioscopie d'un secteur de la vie culturelle de montrer que les pesanteurs inhérentes au champ du cinéma étaient prévisibles et que ce qui se vérifie pour le septième art est extrapolable aux autres Arts. Ceci n'exclut pas pour autant des signes de changement qui attendent confirmation.
Errements du tout politique
On a pensé les lendemains du quatorze Janvier que tous les problèmes du cinéma étaient d'ordre politique. La première réaction de tous les acteurs de la profession a été d'investir le champ en se réappropriant des associations (les luttes homériques pour l'ACT constituent un exemple paradigmatique) ou en en créant d'autres pour défendre des corps de métiers (Réalisateurs, techniciens, intermittents ...). Les plus compromis avec l'ancien régime se sont trouvés à juste titre exclus de ces luttes pour le pouvoir, d'autres qui sont arrivés à faire oublier leur compromission par le biais d'un « révolutionnarisme » maximaliste se sont imposés comme les nouveaux promoteurs du changement tant espéré. Un modus vivendi entre ces derniers et les nouveaux entrants dans le milieu associatif a abouti à des bureaux jugés suffisamment représentatifs pour rompre avec les pratiques du passé et faire face au Ministère considéré comme responsable de tous les maux du secteur. Des réunions à n'en plus finir, un émiettement des revendications, une énergie énorme dépensée s'en sont suivis pour des résultats minimes. Les problèmes de fond du cinéma national sont passés à la trappe. Aucun débat constructif n'a été engagé pour faire le bilan lucide du cinéma tunisien centré sur la création c'est-à-dire les films produits ces vingt-cinq dernières années. Plus, en rejetant toute la responsabilité de la sclérose du secteur sur l'autorité de tutelle, on a fait obstacle à toute autocritique. Une autocritique indispensable de par son évidence, à l'origine de tous les dysfonctionnements imputables aux institutions, il y a bien sûr des opérateurs du cinéma auto-institués dépositaires exclusifs des prébendes de l'Etat mais aussi des soi-disant francs-tireurs dont l'activisme dans les couloirs du ministère et les amitiés du côté de Carthage ont été payants. Le tollé général soulevé par les résultats de la première commission « post-révolutionnaire », est la preuve que toute cette énergie dépensée dans la course aux institutions était dictée par des intérêts bassement « court-termistes », ceux d'une légitimité acquise grâce à la visibilité octroyée par l'occupation d'un poste de responsabilité dans une association professionnelle quelconque. Au-delà de la qualité artistique des projets présentés, le verdict de la commission a depuis toujours été considéré comme l'aboutissement d'un rapport de force au sein de ses différentes composantes. L'erreur de ceux qui prônaient le changement a été de penser que la multiplication des associations aurait suffi à imprimer une plus grande transparence aux travaux de ladite commission. Le problème réside de toute évidence ailleurs. Il y a lieu de repenser le fonctionnement cette commission, en imposant la publicité de ses délibérations (en mettant par exemple en ligne les fiches de lecture des différents membres de la commission), en instituant deux collèges pour les longs-métrages (un pour les premières et secondes œuvres et un autre pour les cinéastes les plus expérimentés). Les futurs réalisateurs eux-mêmes devraient être entendus sur leurs intentions de mise en scène, et si ceci n'est pas possible pour tous les projets, des entretiens peuvent être conduits avec la short-list de cinéastes éligibles à la subvention. Rien de tout cela n'a été mis sur la table et imputer cela au système est trop facile. Le système, si système il y a, pour être bougé doit sentir la pression d'un vrai désir de changement. La petite sociologie sauvage à laquelle nous avons procédé montre qu'il n'en a été rien. Pire, cette effervescence postrévolutionnaire s'est très vite transformée en des luttes intestines interminables pour le pouvoir qui ont conforté le « système » dans son conservatisme. Cercle vicieux duquel nous ne sommes pas prêts de sortir de sitôt. (A SUIVRE)


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.