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Sur les routes romaines
Promenade dominicale
Publié dans Le Temps le 27 - 01 - 2013

Quelquefois on évoque les routes mythiques des caravanes transsahariennes qui amenaient l'or, l'ivoire et les esclaves jusqu'aux cités méditerranéennes et celles, extraordinaires, qui transportaient les épices de l'Inde ou la soie de Chine. Alors des noms remontent en mémoire : Samarkand, Tombouctou, les Garamantes, Gengis Khan !
Nous vous invitons, aujourd'hui, à suivre une petite partie de la voie romaine stratégique qui suivait le limes : la frontière militarisée du Sud tunisien.
L'histoire
Dès leur installation en Tunisie, les Romains ont entretenu et développé le réseau routier construit par les Berbères, d'abord pour pouvoir déplacer rapidement leurs soldats « pacificateurs », ensuite pour faciliter le transport des marchandises et développer le commerce. La construction de routes et un gros effort de cadastration dans le Centre du pays, en particulier, ont suscité une énorme révolte. La tribu principale locale : les Musulames, commandée par un ancien légionnaire : Tacfarinas s'est alliée à ses voisins : les Maures des Aurès puis à toutes les tribus berbères du Sud tunisien.
Après sept ans de combats et la venue d'une deuxième légion romaine, Tacfarinas a été mis à mort à Aubuzza / Jezza au Sud d'El Kef. Les Romains ont pu achever la « voie du Consul Asprenas » joignant Haïdra / Ammaedara puis Tébessa / Theveste à Gabès / Tacape. Elle a été ensuite continuée jusqu'à Gh'dames et la cadastration s'est étendue au Sud du Chott El Fedjej.
Les promenades en auto
Les promenades en auto partent du site d'Ammaedara / Haïdra.
La porte monumentale chevauchant encore les dalles de la voie venant de Carthage, l'énorme citadelle byzantine, les basiliques chrétiennes, les mausolées bien conservés en font un site prestigieux.
Un jeune docteur d'Etat : L. Naddari a fait connaître le tracé exact de la promenade sur la voie d'Asprenas dans une publication intitulée : « La voie ex Castris hibernis-Tacapes – le tronçon Ammaedara-Thelepte ».
En sortant d'Haïdra par le Sud, une petite route : « 91 » descend plein Sud puis passe sous un pont d'une ancienne voie ferrée et devient une piste qui est indiquée sur les cartes de Tunisie au 1/500.000e.
Dès le départ, les bornes milliaires I et II gisent encore au bord de la piste. Puis, à 12 ≈ 13 kilomètres d'Haïdra, on découvre d'abord que la piste est parallèle à l'ancienne voie romaine dont les pavés sont encore visibles. Puis, sur la colline voisine, la borne VIII gît encore à côté d'une autre borne complètement martelée. Ensuite, on arrive sur le site de Menegessem au pied du Jebel Bou Ghanem El Ghedim où les tombeaux berbères se mêlent aux vestiges d'époque romaine. On traverse l'Oued Rtab et on roule vers Henchir Boutaba / Menegere antique, vers la maison forestière de Aïn El Amara et on arrive à Aïn Bou Dries. A la sortie Sud de ce bourg, une grande piste conduit vers El Goussa : la ville sans nom dont l'huilerie monumentale et la basilique chrétienne, d'époque vandale, font la renommée. Puis, la piste mène d'abord à un grand puits antique Bir Bou Haya, conduit en ligne droite à Oglet Bou Haya et enfin au site de Thelepte voisin de Feriana. A l'arrivée, on est littéralement ivre d'Histoire, de grand air, de grands espaces. On a longé le Jebel Chaambi, le Jebel Tamsmida et leurs magnifiques forêts de pins.
Les randonnées
Qu'on vienne d'Haïdra ou de Kasserine, on s'arrête à Menegessem puis on grimpe dans le Jebel Bou Ghanem. Sur le premier éperon, on découvre une Kalaa abandonnée. Plus loin, des dolmens entourés de grandes dalles qui ont dû être verticales interpellent. Sont-ce des dolmens à « Cromlech » ou des restes de Bazina : tumulus à base cylindrique ceinturée de dalles verticales. Plus loin, d'étranges tours en pierres sèches pourraient bien être des tombeaux préromains. Certains semblent avoir été groupés autour d'un enclos : était-ce un lieu « sacré » où se déroulaient les rites d'un culte païen ?
En redescendant, presque au pied des collines, on découvre des tombeaux dont les « chambres » sont « emboîtées » l'une dans l'autre vers le haut de la pente. En bas, une ou peut-être deux chaînes de petits tumulus barrent ce qui pourrait être le tracé de l'ancienne voie romaine qui aurait été installée plus tard.
Près du site de Menegessem, quelques grands monolithes : des « menhirs » sont encore debout. Est-ce ce manque de respect des Romains pour les cultes antérieurs berbères qui aurait été une des causes de la révolte de Tacfarinas ?
Au bord de l'oued, en cherchant bien, on peut trouver des débris de silex taillés prouvant l'ancienneté de l'occupation humaine de ce point de passage naturel qui a été emprunté jusqu'au Moyen-âge par les caravanes venant du Jérid.
Les marcheurs remonteront la piste vers le Nord vers Haïdra, passeront un oued dans un virage serré au pied de la colline Koudiat El Milia et au bout de 2 kilomètres environ, ils découvriront les pavés de la voie romaine et les deux bornes milliaires couchées à flanc de colline dont la VIIIème porte une inscription parfaitement lisible.
Les randonneurs plus entraînés, qui seraient arrivés en auto jusqu'au pied du Jebel Sidi Bou Ghanem, pourraient laisser là leur véhicule et entreprendre une très belle rando d'une quinzaine de kilomètres. D'abord, ils suivraient facilement la voie que nous avons indiqué aux automobilistes puis ils continueraient vers Henchir Boutaba / Menegere situé à 6 ≈ 7 kilomètres. On entre dans le village sur une route romaine encore pavée d'énormes dalles posées en « chevrons » comme à Haïdra.
Ensuite, après avoir bavardé avec quelques habitants du village, on est conduit à différentes ruines plutôt mal entretenues mais surtout à un profond fossé, creusé par les Services forestiers pour détourner les eaux de ruissellement descendant de la colline vers le village. Ce fossé a éventré un cimetière antique et tous les enfants vous proposeront les objets divers qu'ils ramassent après chaque pluie. N'ayez pas de scrupules, les « antiquités » les plus remarquables sont systématiquement achetées par les « collecteurs » locaux et entrent dans un commerce florissant en ce moment où des fouilles clandestines ont lieu à tous les kilomètres du pays sans que personne ne s'y oppose.
Puis à partir de Menegere / Boutaba, on peut revenir en se promenant sur les pentes du Jebel El Hamra. Pourquoi « El Hamra » alors que les bois de pins qui le couvrent sont très verts?
La promenade est superbe : 6 à 7 kilomètres de maquis parfumé. A mi-chemin environ, on coupe une ancienne voie romaine, devenue route goudronnée qui joint Kasserine / Cillium à Tébessa / Theveste. On chemine en pleine campagne, fréquentée par les chèvres et les animaux dits « sauvages » : lièvre et perdrix. Dans le ciel, selon la saison, les milans ou les buses décrivent des orbes, en silence tandis qu'autour des marcheurs, les passereaux volètent d'arbre en arbuste semblant toujours très affairés. Au printemps, en mars ≈ avril, on découvre au creux des buissons les plus épineux, bien protégées de la dent des chèvres, de superbes orchidées sauvages.
Aucun risque de se perdre ; le flanc du Jebel se termine à Khanguet Sloughi, au bord de l'Oued H'tab, et au pied du Jebel Bou Ghanem dont on voit le dos rond couvert de pins tout le long de la promenade.
A partir de Khanguet Sloughi, on dispose de nombreuses promenades à pied ou à V.T.T. : aller à la mine voisine ou découvrir un autre site berbéro-romain appelé, lui aussi, Henchir El Goussa. Ils sont au pied Sud-Est du Jebel El Ajered, lui aussi couvert de forêts. De là, on peut remonter, en véhicule 4x4, soit vers Thala, soit jusqu'à la zaouïa de Sidi Mohamed Chafaï et ... Haïdra ou Kalaat Khasba ou Kasserine. Votre fantaisie vous guidera.


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