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Comment mettre fin à la violence politique ?
L'assassinat de Chokri Belaïd sonne le glas
Publié dans Le Temps le 10 - 02 - 2013

Les images de la cérémonie d'enterrement du martyr Chokri Belaïd, transmises en direct et à chaud à travers les chaînes de télévision, vendredi dernier, ne s'effaceront guère de la mémoire collective des Tunisiens. Ils se sont dressés comme un seul homme contre la violence politique. Cet assassinat a été l'aboutissement de toute une série de d'agressions et d'actes violents à des degrés divers qui ont ciblé des intellectuels, artistes, hommes politiques, réunions publique, sièges de partis...
Pour arriver au stade de l'irréparable. Après ce choc, comment mettre fin à la violence politique et épargner au pays ce genre de scènes qui ne font que salir l'image de marque du pays et menacer sa cohésion ?
Abdessattar Ben Moussa, président de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH) affirme au Temps que « pour juguler la recrudescence de la violence, il faudra commencer par évaluer la situation. Le Gouvernement actuel a échoué et on ne peut pas construire sur un échec. Il faut élaborer un programme global. Pour mettre fin à la violence, il faut que les forces de sécurité assument leur responsabilité et devoir. Il faut faire réussir le congrès contre la violence, auquel toutes les parties concernées seront associées. Il faut relancer l'initiative du dialogue national initiée par l'Union Générale Tunisienne de Travail (UGTT). Sans plus tarder et dans l'immédiat, il faut faire toute la lumière sur l'assassinat de Chokri Belaïd. Qui l'a exécuté ? Qui a donné les ordres ? Qui est derrière ? Il faudra trouver un consensus sur les grandes questions qui sont du ressort de la Constitution ainsi que les structures de régulation comme l'instance de la magistrature, la Haute Instance des Elections...Il faut un nouveau gouvernement avec des bases solides qui peut dégager autour de lui un consensus national. Quant au dialogue national, il faut associer la société civile pour définir les réformes nécessaires ».
Jilani Hammami, porte-parole du Parti des Travailleurs, déclare au Temps « en tant que Front populaire et Parti des Travailleurs, nous avons appelé à l'organisation d'une conférence nationale qui puisse réunir toutes les forces politiques et celles de la société civile qui œuvrent dans le domaine de l'Homme, pour examiner les raisons de ce phénomène et les moyens et mécanismes à même de l'endiguer. Nous en avons discuté avec Al-Joumhouri et Al-Massar. Après l'assassinat de Chokri Belaïd, l'organisation de ce congrès est devenue une urgence. En attendant, il est de la responsabilité primordiale de l'Etat de poursuivre les réseaux de violence. Ils font circuler des armes. Ils exercent des agressions contre les artistes, les jeunes et les réunions publiques...Le ministère de l'Intérieur doit mettre en œuvre tout ce qui est nécessaire pour mettre hors d'état de nuire ces réseaux. L'organisation de la conférence nationale contre la violence est une urgence. La Troïka si elle veut y participer, il n'y a aucun problème. Tout le monde doit s'engager solennellement à respecter les libertés et s'engager à lutter contre la violence ».
Houda Chérif, membre du bureau exécutif, d'Al-Joumhouri, précise que « le jour de l'enterrement de Chokri Belaïd, Tunis s'est arrêtée comme le fut le cœur du martyr. C'est un grand homme, un militant et une voix qui dérange. Ses mots touchaient directement le peuple. Il a vécu avec les couches populaires, les comprend et partage leurs rêves et leurs soucis. C'est un vrai drame et ce qui aggrave plus encore la situation c'est de voir la facilité avec laquelle on se procure des armes pour les utiliser ensuite.
Des pratiques étrangères qui n'ont rien à voir avec notre culture. Après l'assassinat de Farhat Hached en 1952, les Tunisiens étaient unis contre la soumission au colonialisme. Aujourd'hui, les Tunisiens doivent s'unir contre la violence et l'obscurantisme pour une Tunisie libre, démocrate et stable. La violence fait le lit de la dictature. Il faut unifier le pays de nouveau. Des divisions ont été introduites dans la société tunisienne, entre hommes et femmes, musulmans et non musulmans, jeunes et moins jeunes...Ils ont trouvé toutes sortes d'alibis et de prétextes infondés pour nous diviser. J'ai alerté depuis longtemps contre les signaux de violence. J'ai demandé qu'on applique la loi. Si on avait été ferme dès le début et avait respecté l'Etat de Droit, on n'aurait pas évolué jusque là. Auparavant, on cohabitait tous ensemble, juifs, italiens...On ne pensait pas à la violence. On se respectait tous. Nous avons tous vécu sous l'oppression de la dictature. Aujourd'hui, les dépassements ne doivent pas être tolérés ».
Emna Mnif, présidente de Kolna Tounès n'est pas très optimiste. Elle dit : « mettre fin à la violence ne peut pas se faire par un coup de baguette magique. Le pays a été engagé dans une escalade de violence sur laquelle, nous avons attiré l'attention des autorités qui ont été passives. Le mal est ancré dans le pays. Il faut une vraie réponse et non une demi-solution. Je considère que la proposition de Hamadi Jébali n'est pas une solution. Il faut une nouvelle gouvernance qui tient compte des données économiques, sociales et culturelles. Il y a des actions menées auprès des jeunes qui diffusent la culture de l'inculture, comme la pensée extrémiste et radicalisée et l'absence de tolérance. Il faut une vraie réponse culturelle à la violence. Il faut aussi une réponse politique avec un schéma très claire et une vision qui s'étale sur des étapes. Le désespoir fait le nid de la violence. Certes, il faut une conférence nationale contre la violence. Il faut surtout un travail sérieux pour définir les contours idéologiques de la violence et ses finalités politiques. Il faut un discours net qui soit clivant vis-à-vis des discours porteurs de violence. Il faut être capable de dessiner les contours de la famille démocrate qui croit au caractère civil de l'Etat et de l'autre côté les contours du projet théocratique, sinon le peuple tunisien et ses élites ne seront pas capables d'élaborer un projet à même d'éradiquer la violence. Il faut savoir avec qui dialoguer et qui va gouverner le pays ».


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