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Intimidation des journalistes
Médias
Publié dans Le Temps le 06 - 09 - 2013

Il ne faut pas oublier que celui qui a limogé notre confrère Soufiène Ben Farhat était à la solde de l'ancien régime et réhabilité sous le nouveau. Donc, cet acte n'est pas étonnant du tout quand il émane de quelqu'un qui servait de truchement, et il n'y a pas de raison pour qu'il ne récidive pas avec ses nouveaux maîtres qu'il sert aussi fidèlement que les précédents.
Les instigateurs des agressions
En effet, ce n'est pas un hasard si cette décision abusive est prise quelques heures seulement après, et non pas avant comme le prétend la direction de la radio, la menace proférée en direct sur les ondes Shems FM par le membre de la choura de Ennahdha, Hamza Hamza, à l'adresse de Sofiène Ben Farhat qu'il a traité de « chien de Hamma Hammami ». Cette menace s'inscrit, en fait, dans la continuité de la qualification de Sofiène d'un extrémiste de gauche par le secrétaire de l'Etat à l'immigration, Houcine Jaziri, une semaine auparavant sur le plateau de Nessma. D'ailleurs, cette scène aurait été, très vraisemblablement, derrière la décision des deux journalistes Hamza Belloumi et Sofiène Ben Farhat de présenter leur démission à la direction de la chaîne qui leur aurait reproché leur attitude à l'égard du représentant du parti au pouvoir et qui leur aurait demandé de faire des concessions à ses dirigeants. La fréquence d'apparition de ces derniers sur cette chaîne appuie cette thèse et la rend très plausible. De toute évidence, la mesure de limogeage n'était pas personnelle d'autant plus qu'elle était prise contre la majorité du comité de direction, elle était dictée par Montplaisir et le DG de la radio n'a fait que donner forme à la volonté de ce QG qui préside aux destinées du pays. D'ailleurs, la violence à l'égard des journalistes sur les plateaux ou sur les ondes de radio est devenue récurrente, ce qui a poussé leur syndicat à leur recommander de sévir pendant leur émission en interdisant à leurs invités d'inciter à la violence et en réduisant le temps d'intervention qui leur est imparti. Mais l'application de telles règles demeure très difficile avec des gens qui se croient au-dessus de la loi, comme on a vu avant-hier que Al Wataniya 1 où l'animateur a voulu empêcher Ameur Laârayedh de s'immiscer dans le travail des journalistes qui ont préparé le rapport et auxquels il reprochait de prendre le parti de l'opposition. Cette vigilance et cette fermeté affichées par l'animateur du débat lui ont coûté de grosses insultes de la part de l'invité du genre « qui tu es pour m'interdire » et « regarde-toi dans un miroir ». Et on n'en est pas à la première, ni à la dernière d'ailleurs. Rappelons-nous les intimidations faites par le secrétaire d'Etat Jaziri et le député Bennani à l'adresse de Moez Ben Gharbia ( voir notre article du 26 décembre 2012) et, tout récemment, celle faite par le ministre des affaires sociales, Khalil Zaouia, à l'animatrice d'un débat sur Al Wataniya qu'il accusait de lui avoir manqué de respect rien que pour avoir procédé à la clôture des débats en raison de la fin de l'émission. Après lui avoir prodigué une leçon professionnelle et donné une leçon de morale, il a quitté le plateau, comme à l'accoutumé, puisque notre ministre n'en était pas à sa première. Donc, on ne doit pas s'étonner de voir les journalistes agressés quand les ministres de la Troïka les traitent avec dédain et mépris.
Politique délibérée
L'offensive acharnée contre les journalistes par le gouvernement de la Troïka ne date pas d'aujourd'hui, sa première phase remonte à presque deux ans. Effectivement, dès son accession au pouvoir, la première tâche que ce parti s'est donnée comme priorité c'était l'inféodation de l'information, et on se rappelle tous comment il a mobilisé ses partisans et ses milices qui ont observé un sit-in pendant près de deux mois devant le bâtiment de la télévision nationale qu'il a menacé de privatiser. Et le siège n'a été levé qu'après avoir obtenu des concessions de la part de la direction. Par son biais, le gouvernement a, ensuite, limogé le rédacteur en chef du journal de la télévision nationale, le très compétent Saïd Khezami, pour sa détermination à préserver l'indépendance de la rédaction vis-à-vis de la direction et sa défense obstinée de sa ligne éditoriale. Le gouvernement a continué son forcing ailleurs, en particulier, à l'agence TAP et la SNIPE (La Presse et Assahafa) et à Dar Assabah, mais là, il s'est heurté à la résolution ferme comme le roc du personnel qui s'est opposé, avec détermination, aux nominations et à l'immixtion du pouvoir politique dans la rédaction et qui fini par obtenir gain de cause aidé en cela par son syndicat, la SNJT, et l'ensemble de la société civile. Cette hostilité envers les journalistes, dont le but est de les intimider, ne s'est pas arrêtée à ce niveau-là, mais elle a pris des formes encore plus violentes telles que l'emprisonnement du journal Ettounsia et de Sami Fehri, malgré son acquittement par la plus haute juridiction, ainsi que le jugement du patron de la chaîne de télévision Nessma. La séparation des pouvoirs est, pour le gouvernement dirigé par Ennahdha, un simple slogan comme l'atteste M Kamel Laâbidi.
L'inutilité de la HAICA
Avec la création de la HAICA, on a cru que ce cycle des nominations abusives du pouvoir politique qui se font sur la base de la loyauté et dans l'obscurité et non pas suivant la compétence et dans la transparence allaient disparaître, mais malheureusement elles se sont poursuivies dans l'ensemble des établissements publics de l'audio-visuel et avec une cadence soutenue. Et l'instance de l'audio-visuel se contente, comme à chaque fois, de constater les dégâts, car elle ne dispose pas de moyens qui soient susceptibles de lui permettre d'exercer comme il se doit la fonction dont elle est investie. Le gouvernement ne cesse d'empiéter sur ses prérogatives comme il vient de le faire par la nomination des directeurs dans cinq radios nationales sans prendre son avis violant ainsi l'article 19 aliéna 5 du décret-loi 116 qui stipule que « La HAICA est chargée d'émettre des avis conformes concernant la nomination des présidents généraux des établissements publics de la communication audio-visuelle ». « Ces décisions émanent du PDG de la radio nationale qui n'a fait, en fait, qu'exécuter les ordres provenant de la Kasbah », nous affirme M Kamel Laâbidi qui s'indigne davantage avec la création d'une commission commune entre le gouvernement et la HAICA en vue d'unifier la lecture du décret-loi 116. Selon lui, cela constitue une immixtion flagrante dans le travail de celle-ci en vue de l'affaiblir. On se demande qu'est-ce que cette instance attend pour s'auto-dissoudre comme l'a, courageusement, fait l'INRIC . On se demande pourquoi cette instance dont la tâche est stérile, qui ne fournit aucun service à la communauté nationale ne présente-t-elle pas sa démission d'autant plus qu'elle coûte les yeux de la tête aux contribuables avec les avantages matériels très importants attribués à ses membres qui bénéficient de salaires exorbitants dépassant les 3 000 dinars, de voitures de fonctions et de bons de carburants de 500 litres par mois pour le président et son adjoint et de la moitié pour les autres membres, de quoi faire une pompe à essence. En un moment révolutionnaire pareil, le moyen de défendre la liberté de la presse c'est la lutte qui prend diverses formes telles que celles que nous avons évoquées plus haut et qui ont donné leurs fruits. Car il ne faut jamais oublier que cette marge très importante de liberté dont jouissent les journalistes après le 14 Janvier, ils l'ont obtenue grâce à la grande bataille qu'a livrée le peuple au côté duquel ils se sont rangés. Alors, continuons dans cette voie jusqu'à la victoire finale, et le jour où la démocratie serait effective, là, on pourrait instaurer des instances de régulation telles que la HAICA qui seraient indépendantes réellement et non pas de simples éléments de décor servant juste à farder le visage de la dictature.


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