Sabri Lamouchi fixe la date de la liste du Mondial 2026    La souveraineté biologique: le nouveau front invisible de la souveraineté alimentaire    Moncef Ben Slimane: Zohra Ben Slimane, une vie d'engagement au service des femmes et de la Tunisie    Assemblées Générales de l'UBCI: des fondamentaux solides et une stratégie en marche    Epson et Healthy Snacks: Quand l'impression à la demande booste l'entrepreneuriat alimentaire    MTS Auto Center inaugure son nouveau showroom à Gabès et renforce sa présence dans le sud de la Tunisie    Avenir de Soliman – Club Africain : où regarder le match de la 27e journée ?    Pourquoi le beurre disparaît-il des marchés en Tunisie malgré des prix stables ?    Salaires 2026 : entre 4% et 6% d'augmentation... ce que les Tunisiens vont réellement toucher    Pic des perturbations vendredi : plusieurs régions en vigilance    Météo en Tunisie : températures en hausse, pluies éparses    Changement à la tête de la Poste tunisienne : Yassine Faria nommé PDG    Marché de gros : amélioration de l'offre et reprise progressive des prix    iPhone 17 : un bug inquiétant empêche le redémarrage après une décharge totale    Inscription en ligne des élèves de première année primaire au titre de l'année scolaire 2026-2027    Gabès Cinéma Fen 2026 : Expo Vivre Encore de Nicolas Wadimoff, quand la caméra fait surgir les mots    Tunis vers le ''zéro papier'' : une révolution numérique dès 1er juillet 2026    Après le limogeage de Fatma Thabet Chiboub, qui gérera le ministère ?    Réunion décisive à Carthage : salaires, emploi et changement au gouvernement    Sur quelles chaînes suivre PSG – Bayern Munich en Ligue des champions 2025-2026 ? Et comment voir le match en direct en ligne ?    XPENG : vers une nouvelle définition de l'automobile    Le Dahar entre dans l'UNESCO : une fierté tunisienne et africaine historique    Arabie saoudite : sanctions strictes contre les pèlerins sans autorisation    À voix basse de Leyla Bouzid : le cinéma tunisien bientôt à l'affiche en salles    Gabès Cinéma Fen 2026 : Hend Sabry ouvre le festival en présence de Dhafer L'Abidine et de nombreux invités de marque    Météo en Tunisie : pluies faibles et éparses sur les régions du nord et du centre    Rumeur démentie : la Syrie n'a imposé ni visa spécial ni "kafala" aux pays du Maghreb    Sadok Belaïd: commémoration du 40e jour de son décès (Album photos)    Le Nigérian Michael Eneramo, ancien attaquant de l'Espérance sportive de Tunis, décédé    Météo en Tunisie : cellules orageuses avec des pluies dans les régions du ouest, centre et sud    Nasser Kamel : La Méditerranée nous unit. Ses politiques doivent être à la hauteur    Négociation de crise: Entre espoir et désillusion    Zouhaïr Ben Amor: L'espèce humaine face à ses propres limites biologiques    Film Michael : Jaafar n'a pas imité, il est devenu le nouveau Michael Jackson dans l'opus hommage    Driss Guiga, l'ancien ministre et avocat tunisien est décédé    La menthe verte: Fraîcheur, traditions et art de vivre    La Cité des Sciences à Tunis accueille le Cosmonaute russe Kirill Peskov    Liverpool vs PSG et Atlético de Madrid vs FC Barcelone : ou regarder les demi-finales de Ligue des Champions UEFA    Recrutement de travailleurs tunisiens : la Tunisie et l'Italie signent un accord    Inauguration de Isharat Gallery à Sid Bou Saïd: une réhabilitation lumineuse de l'abstraction tunisienne    Général Mohamed Nafti - Trois Lettres Persanes    El Kazma et K-off : Sous le signe du rire, la résilience et la réflexion    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Si jeunesse savait... si vieillesse pouvait !!!
L'âge et ses effets en politique
Publié dans Le Temps le 03 - 11 - 2013

Jamais avant la désignation de M. Ahmed Mestiri pour la course à la Présidence du prochain Gouvernement, les Tunisiens dans leur immense majorité n'auraient connu, ni cherché à connaître l'âge de ce grand militant démocrate. Depuis bientôt une semaine, hélas, on n'arrête pas de crier sur les toits, et de lui rappeler à lui-même, qu'il a 88 ans. Certains soulignent même qu'il n'a plus toutes ses facultés mentales. Parmi les partenaires du Dialogue National, on ne s'empêche pas non plus de mettre en avant la décrépitude de l'homme ; tandis que sur les réseaux sociaux, on franchit allègrement les bornes de la décence pour railler très indélicatement la « sénilité » de Si Ahmed et également celle des autres « cacochymes » du paysage politique actuel.
Pour aller plus loin dans la médisance et donc dans la méchanceté, certains facebookers se mettent à souhaiter la résurrection de Bourguiba et d'Hannibal pour les consacrer « hommes de la situation » !! Par ailleurs, on reparle un peu partout maintenant de la Révolution des jeunes confisquée par les « vieillards ». C'est désormais un discours qui plaît et qui peut rapporter des voix, si scrutin il y a !
Ecervelés s'abstenir
Le problème est à poser, en effet ! A quel âge, ou à partir de quel âge peut-on se considérer comme assez « mûr » pour faire de la politique, pour présider un pays, pour occuper des postes gouvernementaux, ou pour diriger un parti ! Il est vrai que, comme la direction politique est une affaire d'expérience, de perspicacité et de clairvoyance, d'intelligence et de ruse, de lucidité et de sagesse, de capacité d'adaptation et de pouvoir de manoeuvre, de réalisme et d'efficacité, de flegme et de patience, ce n'est donc pas à 20 ans, ni à 30, ni même à 40 qu'on acquiert ou développe autant de qualités réunies. D'autre part, la politique n'est pas seulement un ensemble de notions théoriques toutes prêtes à l'exécution ; c'est aussi et surtout des situations concrètes, une connaissance et une pratique assidue du terrain ! Un bon dirigeant sait rester humble et s'entourer de conseillers compétents capables de pallier ses lacunes et de lui épargner les décisions inconsidérées ou passionnelles. Il doit également tirer les enseignements de ses propres erreurs passées et des fourvoiements de ses prédécesseurs. Pour une telle sagesse, il faut avoir « roulé sa bosse », il faut avoir endurci sa carapace. Il faut donc être un vieux singe à qui on n'apprend pas à faire la grimace.
Tout un cursus
Si les Destouriens et les RCDistes ont encore la peau dure en 2013, c'est qu'ils ont passé au moins cinq décennies à s'initier, avec plus ou moins de bonheur, à l'action politique. Du temps de Bourguiba, les ministres, les gouverneurs, les délégués se recrutaient toujours parmi les « enfants » de l'école bourguibienne. Dès le cycle primaire en effet, on formait les futurs cadres du P.S.D. et de l'Etat au sein des mouvements de scouts, dans les clubs de jeunesse scolaire, dans les structures culturelles et sportives acquises à l'Etat-Parti, dans les organisations et les associations universitaires et plus tard dans les cellules professionnelles. Une fois « mûri », le jeune ambitieux est mis à l'essai dans divers postes de responsabilité jusqu'à ce qu'il parachève le perfectionnement de ses aptitudes supérieures de futur dirigeant. Certes, le népotisme et le copinage jouaient considérablement dans la rapidité et la régularité de la promotion du candidat ; toujours est-il qu'il faut au moins une trentaine d'années de rodage politique partisan pour postuler aux plus hautes distinctions. Les ministres de Bourguiba et également ceux de Ben Ali ont presque tous commencé leur carrière politique après la cinquantaine ou la soixantaine. C'est dire à quel point il est dur d'atteindre les sommets avant cet âge censé être celui de la maturité politique convenable.
Les vertus de la «vieillesse» politique
Du côté de nos opposants d'hier et d'aujourd'hui, on ne compte que très peu de noms qui se soient réellement aguerris au pouvoir politique effectif. Ni Hamma Hammami, ni Rached Ghannouchi et sa cour du moment, ni Moncef Marzouki, ni Mustapha Ben Jâafar n'ont assumé de haute responsabilité gouvernementale avant la Révolution. Les multiples échecs de la Troïka s'expliquent en partie par l'amateurisme qui a caractérisé son action. Et si Béji Caïed Essebsi (à 85 ans) est aujourd'hui non seulement en tête des sondages, mais à l'avant-garde des campagnes opposantes, c'est en raison de sa stature de « vieux briscard », de « vieux loup », de « vieux renard » à qui on ne la fait pas. Cet « orphelin » de Bourguiba a la cote aujourd'hui en dépit de son âge avancé, et tous ses collaborateurs ne tarissent pas d'éloges sur son charisme, sur sa lucidité, sur son sens de la mesure et sur sa maîtrise du jeu « diplomatique » ! Voilà donc un vieillard « utile » à la nation, voilà un héritier du bourguibisme qui fait encore des émules, même parmi les opposants les plus gauchistes. La vieillesse n'est désastreuse en politique que si elle signifie délire, radotage, sénilité. Mais quand elle est synonyme de bon sens, de finesse, de sagacité, de discernement, d'esprit encore vif et éveillé, elle ne peut que profiter aux gouvernés et aux gouvernants à la fois. De grâce donc, que cessent les campagnes dénigreuses visant Ahmed Mestiri le « vieillard » ! Mais souhaitons, en même temps, que cessent les tentatives d'instrumentaliser l'âge très avancé de Si Ahmed en vue d'en faire un nouveau …guignol !!


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.