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Entretien: Chawki Tabib parle de son livre «Avocats et politiques en Tunisie».. «Je plaide coupable pour ma subjectivité !»
Publié dans Le Temps le 21 - 06 - 2015

Avocat, politicien, militant et défenseur des droits de l'Homme, il est l'exemple-type de l'avocat tunisien. Ce métier, profondément inspiré par la politique, arrive-t-il encore à se démarquer de cette dernière ou est-ce le sort de tout un métier d'être politisé ? Ces questions et bien d'autres, sont traitées dans le nouvel ouvrage de Maître Chawki Tabib. Un livre à travers lequel l'avocat revient sur les grandes lignes de l'Histoire du barreau tunisien et de la passion de ce dernier pour la politique et le militantisme. A travers cet entretien, Chawki Tabib nous explique les étapes qui ont marqué son livre et la logique autour de laquelle tourne cet ouvrage. Il évoque, de même, quelques-unes de ses positions quant aux différentes actualités du pays.
Le Temps : Votre livre vise à constituer un archivage important pour votre métier. Un métier qui n'en dispose pas. Comment est née cette idée ?
Chawki Tabib :En effet, l'une des raisons qui m'a amené à publier ce livre c'est le fait que j'ai voulu contribuer à la sauvegarde de la mémoire du barreau tunisien, une mémoire disposant de très peu de publications et ce malgré l'importance et le prestige du passé de cette glorieuse institution plus que centenaire. L'idée de ce livre me passionnait depuis 1998, c'était l'année de la célébration du centenaire du barreau, j'étais, à l'époque, président de l'Association tunisienne des jeunes avocats. Je faisais partie du comité d'organisation de cette manifestation et j'avais constaté que nos structures ordinales ne disposaient pas d'archives et cela me révoltait.
Toutefois, il faut préciser que « Avocats et politique en Tunisie » n'est pas un livre d'Histoire seulement. Il s'agit particulièrement d'un essai en sciences politiques qui traite des relations entre avocats et politique et les incidences sur cette catégorie socioprofessionnelle sur un plan individuel et/ou collectif.
Au fil des lignes, nous avons ressenti une certaine subjectivité de votre part pour les avocats : tout d'abord, il y a le choix des photos que vous avez sélectionnées, par la suite, comme dans tout autre secteur, il existe des corrompus et des malhonnêtes. Pourquoi avez-vous choisi de ne pas en parler de ces personnes ? Cela ne fait-il pas partie de l'archivage que vous avez voulu effectuer ?
Sur ce point, je plaide coupable ! Je suis avocat en exercice, et une bonne partie des faits évoqués dans mon ouvrage ont fait partie de mon vécu personnel. Donc, et malgré mes efforts, le côté subjectif du livre n'a pas pu être dépassé. Cependant, j'ai évoqué le côté « peu glorieux » de certains de mes confrères qui étaient impliqués dans les coups bas fomentés par l'ancien régime à l'encontre des avocats faisant partie de l'opposition. Il y a toute une partie dans le livre qui en parle mais je reconnais avoir voulu, surtout, rendre hommage à ces femmes et hommes qui ont tout sacrifié pour défendre leurs valeurs, d'une part et mettre l'accent sur les incidences de la politisation du barreau d'une autre part.
Vous avez collaboré avec Eric Gobe pour son livre « Les avocats en Tunisie de la colonisation à la Révolution », cet ouvrage n'a-t-il pas en quelque sorte influencé le vôtre ?
Eric Gode s'est référé à mon travail – un mémoire de master en Sciences politiques que j'ai préparé et soutenu en 2006 – pour le livre que vous venez de citer. Lorsque j'ai décidé de reprendre ce travail en 2015, c'est-à-dire à mon mémoire en l'actualisant pour le publier, je me suis référé à l'ouvrage d'Eric Gobe publié en 2014.
Dans tout travail de recherche, en matière de sciences politiques ou autres, il est préférable de voir les efforts et les travaux se conjuguer pour de meilleurs résultats.
Vous êtes membre du Comité de défense du martyr Belaïd et vous suivez, certainement, l'évolution de ce dossier entre les engagements de Caïd Essebsi et les blocages qui se font encore au niveau de l'appareil juridique. Le dossier Belaïd connaîtra-t-il le même sort que le dossier Kennedy ?
Malheureusement, tout semble confirmer que l'assassinat de Chokri Belaïd était commandité pour des fins politiques et que certains partis au pouvoir, à l'époque, étaient impliqués dans ce crime soit en le commanditant soit a posteriori en essayant de brouiller les pistes qui pouvaient nous conduire vers la vérité. Ceci nous amène à conclure qu'on est vraisemblablement en face d'un crime d'Etat et là-dessus, malheureusement, la vérité a peu de chance d'être révélée. Cependant, cette constatation ne fera pas fléchir notre volonté d'aller jusqu'au bout parce que c'est une question de valeurs et de principes.
Dernièrement, il y a eu beaucoup de tensions entre les avocats et les juges, on aimerait bien connaître votre avis sur ce sujet.
C'était une confrontation inutile et un grand gâchis car rien ne le justifie du moment où avocats et magistrats ont la même ambition qui est celle d'instaurer un pouvoir judiciaire indépendant. Malheureusement, les égos l'ont remporté et c'est bien dommage.
Vous avez toujours eu des ambitions politiques et votre nom en a toujours été proche. Vous verra-t-on bientôt, adhérer à une structure partisane ?
Franchement, je n'ai jamais eu d'ambition politique. La preuve je n'ai adhéré à aucun des partis politiques avant ou après le 14 janvier 2011. Bien que conscient de l'importance du rôle joué par ces partis et leurs militants, je préfère toujours être actif dans la vie associative où l'on est dans une logique de construction.


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