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L'élan populaire de liberté
Publié dans Le Temps le 25 - 07 - 2015

Cinq ans déjà se sont écoulés après le déclenchement de la Révolution du printemps arabe, ou du jasmin selon ce que veulent l'appeler certains, alors que d'autres hésitent encore à chercher un qualificatif adéquat. En tout état de cause, il y a eu un changement incontestable, depuis la proclamation de la première République le 25 juillet 1957. Aujourd'hui nous fêtons cet évènement qui restera célèbre dans l'histoire de la Tunisie, dans une conjoncture particulière, avec des institutions différentes et surtout une nouvelle Constitution, répondant au mieux aux aspirations des citoyens et aux objectifs de la Révolution. Certes, nous sommes en guerre contre le terrorisme, et nous devons faire preuve de solidarité pour le vaincre par tous les moyens. Mais cela ne peut nous empêcher de fêter l'anniversaire d'un évènement qui intervint à environ une année après l'avènement de l'indépendance, consolidant par la même cette volonté du peuple à tourner la page d'une ère douloureuse et mettre fin aux injustices et aux abus de toutes sortes qu'il endura pendant soixante-quinze ans.
En fait, et comme l'a affirmé Ibn Khaldoun, sociologue et historien d'origine tunisienne, l'histoire ne consiste pas seulement à citer les évènements et répertorier les dates, mais à les analyser afin d'en tirer les leçons pour l'avenir. Depuis l'ère Husseinites, et jusqu'à la proclamation de la République en 1957, l'histoire de la Tunisie a été marquée par la lutte pour le pouvoir et pour les intérêts personnels, au détriment de ceux du peuple.
L'ère husseïnite était une page plutôt sombre de l'histoire de la Tunisie, comme s'accordaient à l'affirmer la plupart des historiens, dont nomment le Cheikh Ibn Ali Dhiaf, qui relata dans son ouvrage : « Al Ithaf « les multiples abus perpétrés par les souverains husseinites, dont certains étaient de vrais sanguinaires.
En tout état de cause, il n'y avait pas de quoi être fier de cette ère où les Beys gouvernaient en monarques absolus, bien qu'ils avaient les mains liées, tant par l'empire ottoman que par les Etats Européens, qui finirent au fur et à mesure que l'empire ottoman déclinait, par se relayer pour avoir la main mise sur le pays.
Le souverain Sadok Bey, se trouva en 1881 devant le fait accompli, et la France lui força la main l'obligeant à signer le fameux traité du Bardo, alors que les troupes françaises avaient déjà envahi le pays.
Promesse fut faite, bien entendu à ce souverain, de lui garder tous les avantages du trône. Il n'avait pas le choix, ou plutôt il devait soit refuser de signer et auquel cas il aurait été déchu et perdrait tous les avantages avec les risques que cela pouvait engendrer, ou bien accepter et il gardait tout, sauf le pouvoir effectif.
Il était, désormais, un souverain fantoche devant agir sous les ordres du colonisateur, que représentait le consul, qui deviendra par la suite le Résident général.
Cependant, afin d'être équitable et pour ne pas entacher l'histoire de préjugés ou de faux, certains Beys en firent l'exception.
Il s'agit d'abord, de Naceur Bey qui essaya de défendre la cause tunisienne. Il avait reçu, entre autres, une délégation du parti du Destour qui lui présenta des revendications tendant à doter le pays d'une constitution et lui faire recouvrer sa souveraineté. Il était allé jusqu'à déclarer qu'il renonçait au trône.
Mais il subit l'épreuve de force du colonisateur et finit par céder et revenir sur sa décision contraint et forcé, la mort dans l'âme.
Puis ce fut son fils, Moncef Bey qui se démarqua totalement de la lignée des Husseïnites par son patriotisme et son amour pour le pays. Ce qui lui coûta d'être détrôné en main 1943 par les autorités coloniales, qui l'exilèrent à Laghouat en Algérie puis à Pau en France où il décéda et fut ramené en Tunisie et enterré, non pas au caveau des princes « Tourbet El Bey «, mais au cimetière du Jellaz le 1er septembre 1948.
Il compta désormais parmi les martyrs qui s'étaient sacrifiés pour la libération du pays du joug du colonialisme.
Celui qui le remplaça sur le trône, Mohamed Lamine en 1943, ignorait qu'il serait le dernier de cette dynastie.
Au début de son règne il prit la même attitude que ses prédécesseurs, d'autant plus qu'il était appuyé et protégé par les autorités coloniales.
Cependant, il commença à appuyer, serait-ce timidement, les revendications du Néo-Destour. Lorsque les négociations pour l'autonomie interne furent amorcées, il exprima sa volonté d'introduire des réformes en vue de l'institution d'une assemblée législative où siègeraient des Tunisiens afin de représenter le peuple et défendre ses intérêts.
A l'avènement de l'indépendance, Lamine Bey signa le décret instituant en 1956, l'Assemblée constituante.
En tant que membre de cette assemblée, Habib Bourguiba, alors grand vizir du Bey, prononça un discours historique au cours d'une réunion extraordinaire de cette assemblée, le 25 juillet 1957.
Dans ce discours, il retraça avec brio, l'historique de la dynastie husseïnite ; s'il avait mis l'accent sur les abus commis par les différents souverains de cette dynastie, il ne manqua pas pour autant d'objectivité. Les réalités incontestables sur ces souverains, avaient été confirmées par les historiens de l'époque, dont Ahmed Ibn Abi Dhiaf, précité, qui fut de surcroît, le ministre de la Plume de Ahmed Bey 1er.
Il était difficile, voire impossible de continuer avec un régime monarchique à cause de tous ces précédents qui lui donnèrent une mauvaise image de marque aux yeux du peuple.
Ce fut la raison pour laquelle le régime républicain a été voté à la quasi-unanimité des membres de l'Assemblée constituante.
Le 25 juillet 1957, la Tunisie recouvra son entière souveraineté.
Cependant, les principes des droits et des libertés publiques énoncés dans la Constitution de 1959, ont été souvent négligés au fur et à mesure de l'évolution de la conjoncture politique et sociale dans le pays.
Cette Constitution aura subi, à quelques différences près, et toute proportion gardée, le sort de son aïeule proclamée en 1861 sous Sadok Bey.
Car les droits et les libertés proclamés dans ces Constitutions ne doivent pas rester lettre morte.
Telle est la leçon à considérer pour l'avenir, à l'ère de la deuxième République.


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