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Voilà comment est née la République et voilà pourquoi elle survivra
Publié dans Le Temps le 26 - 07 - 2013

Les Beys étaient des sortes de janissaires qu'avaient placés les khalifes ottomans, afin de les représenter et suivre leurs instructions à la lettre.
Aussi, le pouvoir de ces Beys, était-il limité aux affaires internes du pays. Cependant, ils devaient en référer aux Ottomans pour tout ce qui avait trait à la politique extérieure et notamment les décisions mettant en cause les relations de la Tunisie avec les autres Etats ou même les autres provinces telles que l'Algérie ou la Libye.
Cela n'empêchait pas les batailles intestines entre les membres de la famille beylicale.
Ceux-ci n'hésitaient pas à s'entretuer pour la prise du pouvoir, si fictif qu'il pouvait être.
Car, en réalité, ils étaient intéressés uniquement par les fastes du trône, se souciant peu de la situation du pays qui laissait à désirer.
Ces batailles et ces tueries aboutirent enfin à l'intronisation de Hussein Ben Ali, qui fut le premier souverain né en Tunisie et de mère Keffoise (chernia), et par l'avènement duquel commença, l'ère des Husseinites.
Ceux-ci essayèrent, petit à petit, à se détacher du joug de l'empire ottoman, sans pour autant lui déclarer une franche rupture pour les avantages qu'ils pouvaient encore en tirer.
Mais cela ne mit pas fin aux discordes ni aux tueries en vue de l'occupation du trône.
Hussein Ben Ali finit, la tête tranchée par son neveu qui mena contre lui une vraie bataille en vue de l'anéantir avec sa famille et ses hommes.
L'ère husseinite était une page plutôt sombre de l'histoire de la Tunisie, tel que s'accordaient à l'affirmer la plupart des historiens, dont notamment le Cheikh Ibn Abi Dhiaf, qui relata dans son ouvrage : « Al Ithaf « les multiples abus perpétrés par les souverains husseinites, dont certains étaient de vrais sanguinaires.
En tout état de cause, il n'y avait pas de quoi être fier de cette ère où les Beys gouvernaient en monarques absolus, bien qu'ils avaient les mains liées, tant par l'empire ottoman que par les Etats d'Europe, qui finirent au fur et à mesure que l'empire ottoman déclinait, par se relayer pour avoir la main mise sur le pays.
Quand ces pays décidèrent de se partager le « gâteau maghrébin «, ils avaient convenu de laisser la part tunisienne à la France.
« La poire était mûre et c'était bien le moment de la cueillir «, avait dit Bismarck au ministre des Affaires étrangères français.
Aussi, le souverain de l'époque en l'occurrence Sadok Bey, se trouva en 1881 devant le fait accompli, et la France lui força la main l'obligeant à signer le fameux traité du Bardo, alors que les troupes françaises avaient déjà envahi le pays.
Promesse fut faite, bien entendu à ce souverain, de lui garder tous les avantages du trône. Il n'avait pas le choix, ou plutôt il devait soit refuser de signer et auquel cas il aurait été déchu et perdrait tous les avantages avec les risques que cela pouvait engendrer, ou bien accepter et il gardait tout, sauf le pouvoir effectif.
Il était, désormais, un souverain fantoche devant agir sous les ordres du colonisateur, que représentait le consul, qui deviendra par la suite le Résident général.
Cependant, afin d'être équitable et pour ne pas entacher l'histoire de préjugés ou de faux, certains Beys en firent l'exception.
Il s'agit d'abord, de Naceur Bey qui essaya de défendre la cause tunisienne. Il avait reçu, entre autres, une délégation du parti du Destour qui lui présenta des revendications tendant à doter le pays d'une constitution et lui faire recouvrer sa souveraineté. Il était allé jusqu'à déclarer qu'il renonçait au trône.
Mais il subit l'épreuve de force du colonisateur et finit par céder et revenir sur sa décision, contraint et forcé, la mort dans l'âme.
Puis ce fut son fils, Moncef Bey qui se démarqua totalement de la lignée des Husseinites par son patriotisme et son amour pour le pays. Ce qui lui coûta d'être détrôné en main 1943 par les autorités coloniales, qui l'exilèrent à Laghouat en Algérie puis à Pau en France où il décéda et fut ramené en Tunisie et enterré, non pas au caveau des princes « Tourbet El Bey «,mais au cimetière du Jellaz le 1er septembre 1948.
Il compta désormais parmi les martyrs qui s'étaient sacrifiés pour la libération du pays du joug du colonialisme.
Celui qui le remplaça sur le trône, Mohamed Lamine en 1943, ignorait qu'il serait le dernier de cette dynastie.
Au début de son règne il prit la même attitude que ses prédécesseurs, d'autant plus qu'il était appuyé et protégé par les autorités coloniales.
Cependant, il commença à appuyer, serait-ce timidement, les revendications du Néo-Destour. Lorsque les négociations pour l'autonomie interne furent amorcées, il exprima sa volonté d'introduire des réformes en vue de l'institution d'une assemblée législative où siègeraient des Tunisiens afin de représenter le peuple et défendre ses intérêts.
A l'avènement de l'indépendance, Lamine Bey signa le décret instituant en 1956, l'Assemblée constituante.
Etait-il tout à fait conscient de la portée d'un tel acte sur le devenir du régime monarchique dont il était le chef suprême et le garant ?
A vrai dire, il faut revenir aux faits historiques de l'époque pour pouvoir élucider au mieux cette question.
Cela faisait déjà un an que la Tunisie avait accédé à l'indépendance proclamée le 20 mars 1956.
Le leader Bourguiba était nommé premier ministre du Bey depuis 1956 et ses relations avec celui-ci étaient « au beau fixe »
Le Bey n'hésita pas à signer sur sa proposition un certain nombre de décrets dont celui du 13 août 1956 portant promulgation du code du statut personnel.
Il approuva même en mai 1956 un décret abolissant les privilèges de la famille beylicale, avec toutefois une grande réticence et après avoir été convaincu de la nécessité d'un tel décret.
Le dernier décret que le Bey avait approuvé, était celui en vertu duquel le régime des habous ou « Wakf » fut aboli, le 18 juillet 1957, soit à peine dix jours avant la proclamation de la République.
Etait-il de ce fait confiant que cette assemblée opterait pour un régime de monarchie constitutionnelle ?
D'aucuns pencheraient pour cette alternative, et ce sont notamment les défenseurs d'un tel régime. D'autant plus que le système de monarchie limitée ou constitutionnelle n'empêche nullement l'exercice de la démocratie où le peuple est représenté par une assemblée dont les membres contrôlent l'action du monarque évitant par là un mécanisme défini à l'avance par la constitution, les débordements et les abus de pouvoirs du monarque.
Le système a d'ailleurs commencé à fonctionner en portant ses fruits, bien avant le régime républicain, que ce soit en France ou en Angleterre où d'ailleurs il est encore maintenu jusqu'à nos jours, ainsi que dans quelques pays d'Europe.
Toutefois un tel régime ne pouvait prospérer en Tunisie à l'époque et ce, pour deux raisons essentielles, abstraction faite du charisme du leader Bourguiba dont la position ainsi que celle de la majorité des membres de l'assemblée constituante étaient pour l'institution d'une République.
La première raison était liée à la position de cette monarchie Beylicale qui avait favorisé voire encouragé l'occupation du pays par l'étranger. `
Petit à petit les membres de la dynastie husseinite, voulant se détacher du joug de l'Empire ottoman, cherchaient à gagner la sympathie et l'amitié des pays d'Europe dont notamment la France.
Après l'institution du Pacte fondamental en Ahd El Amane énonçant le principe de la non discrimination dans son préambule fut promulguée en 1861 la première constitution tunisienne sous Sadok Bey. Instituant entre autres un conseil législatif de 60 membres devant lequel celui-ci était responsable.
Toutefois cette constitution tomba peu à peu en désuétude, car elle ne fut jamais appliquée.
Elle servit juste à Sadok Bey de s'en prévaloir auprès de ses amis français, et lui valut d'être décoré par la légion, d'honneur de la main du monarque français lors de sa rencontre avec lui en Algérie.
Evidemment sous Sadok Bey la conjoncture on ne peut plus déplorable, tant sur le plan politique avec une cour où les malversations étaient de mise, que sur le plan économique et social, favorisa et accentua le processus de l'occupation de la Tunisie par la France.
Cependant l'attitude patriotique de certains souverains dont notamment Moncef Bey n'était que l'exception qui confirmait la règle. Le Bey restait aux yeux du peuple celui qui fut manipulé par l'occupant.
Quant à la deuxième raison, corollaire d'ailleurs de la première, elle découlait d'un consensus de la majorité du peuple tunisien pour lequel le Bey était l'exemple même du monarque absolu aux ordres duquel il devait se plier sans aucune discussion.
Il faisait donc fausse note avec une Tunisie nouvellement indépendante, et libérée du joug d'un occupant dont il était l'agent et le collaborateur.
L'ouverture de certains Beys en effet, aux militants tunisiens, n'était qu'une attitude exercée du reste sous le contrôle de l'occupant. A chaque fois qu'un Bey voulait agir de son propre chef pour apporter son soutien aux militants tunisiens, il était très vite rappelé à l'ordre par le Résident général français qui lui dictait la politique à suivre sous le contrôle de son gouvernement.
Ce fut le cas de Naceur Bey qui reçut la délégation du Destour et avait même menacé de quitter le trône à un moment donné.
Mais il a été très vite rappelé à l'ordre et finit par céder.
Moncef Bey, fut le seul à avoir été victime par son militantisme sincère et son abnégation et de ce fait il sort du lot, étant considéré, un militant martyr plus qu'un souverain.
Au grand dam des défenseurs du régime monarchique, il y avait un consensus général, abstraction faite d'ailleurs de la personne de certains Beys qui pouvaient être animé du sens du patriotisme et toute la bonne volonté à vouloir défendre l'intérêt national, le Bey en tant que souverain n'était plus crédible, depuis la fameuse convention de mai 1881


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