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La longue marche vers l'indépendance
Mars 1956
Publié dans Le Temps le 20 - 03 - 2008

Le 20 mars 1956, une date mémorable dans l'histoire de la Tunisie.
Cependant, ce pays, plusieurs fois conquis depuis la fondation de Carthage, en 814 a.v J.C, jusqu'à la colonisation française en 1881, a vu défiler plusieurs civilisations dont les vestiges sont à ce jour témoins des exactions et des pillages qu'il avait subis aussi bien par les Vandales, à l'ère romaine, (439) que par les Hilaliens qui s'étaient livrés à une vraie mise à sac, après le départ de Oubeïd Allah Al Mahdi, pour l'Egypte, en 921.
Après une relative expansion à l'ère musulmane, la Tunisie est annexée à l'Empire Ottoman en 1574, qui chassa les Espagnols et fit du pays une province turque.
Ce fut le début de la catastrophe. Car, petit à petit, le sort de la Tunisie allait être confié aux Deys puis au Beys, dont la dynastie husseïnite qui la gouverna depuis 1705 jusqu'à la proclamation de la République en 1957.
Ces souverains dont la plupart ne pensaient qu'à leur propre intérêt avaient par les malversations qu'ils avaient permises et leur mauvaise gestion, mené le pays vers la ruine. Ce qui avait favorisé sa colonisation par les Français qui étaient intervenus sous prétexte de redresser la situation, par le fameux traité du Bardo qui institua le protectorat français en obligeant le Bey régnant de l'époque, d'y adhérer en opposant sa signature sous la contrainte.
Cette situation avait suscité le mécontentement du peuple tunisien qui ne s'était, en aucune façon et de quelque manière que ce soit, résigné à l'occupant.
En effet, dès les premiers jours de l'invasion des colonisateurs, car il s'agit bien d'une invasion par des troupes militaires, que ce soit au Sud qu'au Nord du pays, plusieurs membres des tribus s'étaient vaillamment défendus en se battant jusqu'à la dernière goutte de leur sang.
Evidemment, ils ont été matés pour deux raisons : d'abord, parce que les colonisateurs étaient matériellement plus forts, et qu'ils étaient aidés dans leur tâche par les troupes du Bey.
Cependant, l'instinct de défendre le pays était là chez tous les patriotes, depuis bien avant la colonisation.
Les réformistes, tels que Kheïreddine Senoussi, Rostom, Beyram V, le Général Hassine auraient prévu une telle situation.
Ils avaient, par leur attitude, risqué leur vie, et avaient fini par s'expatrier, contraints et forcés, la mort dans l'âme.
Bien qu'à l'avènement de la colonisation, certains éléments s'étaient rangés du côté du colonisateur pour récolter quelques avantages. Mais ils représentaient une infime minorité par rapport à ceux qui se sont dès la première minute, érigé contre les occupants et qui consistaient la majorité du peuple.
Plus les colonisateurs commettaient des abus et des exactions, plus le peuple s'érigeait pour les dénoncer.
En 1907, à l'instar des mouvements nationalistes arabes et turcs, fut institué en Tunisie, le Mouvement Jeunes Tunisiens, dont Ali Bach Hamba, et ses adeptes avaient plutôt choisi la méthode pacifique pour dénoncer d'une manière indirecte les injustices des colonialistes en appelant au dialogue et à la concertation pour trouver un terrain d'entente afin de défendre les droits des autochtones. Ce mouvement fut très vite étouffé par les autorités coloniales et, ses hommes réprimandés, se trouvaient contraints d'abandonner en s'expatriant en Turquie.
Abdelaziz Thaâlbi, un Zeïtounien nationaliste, qui s'était joint au Mouvement Jeunes Tunisiens, prit la relève en agissant par la manière forte, pour dénoncer de la façon la plus acerbe les exactions du colonisateur.
Il fît vite, d'ailleurs, de faire paraître un journal en langue arabe qui n'était que la continuation de celui du Mouvement Jeunes-Tunisiens, qui paraissait en langue française.
Cependant, le ton dans ce nouveau journal était beaucoup plus sévère.
Il sera vite fiché par les autorités coloniales et considéré comme un élément perturbateur, incitant à la rébellion et au trouble de l'ordre public, surtout après avoir fait paraître un livre à Paris, intitulé « La Tunisie martyre ».
Dans cet ouvrage qu'il avait réalisé lors de son voyage pour faire entendre la cause tunisienne, Thaâlbi dénonçait la violation par les colonisateurs des droits de la Tunisie, pays souverain, doté d'un territoire, d'un Etat et d'une constitution.
Il fut à cause de cet ouvrage refoulé de France, puis incarcéré pendant quelque temps à la prison du 9 avril.
Abdelaziz Thaâlbi, constitua ainsi le mouvement du Destour, parti qui se revendiquait de la constitution de 1861 (Destour voulant dire en arabe Constitution) et auquel avait adhéré les militants de première heure.
Quand Bourguiba, Ben Youssef et leurs compagnons commençaient leur action militante, ils adhérèrent au parti du Destour où ils avaient acquis une certaine formation.
Cependant, ils se retirèrent en 1934, pour former le parti du Néo-Destour.
Ces premières dissensions entre militants étaient pour une question de stratégie et non pour un problème de fond, car ils militaient tous pour un but commun : la libération du pays.
Le colonisateur qui voulait pratiquer la politique de « diviser pour mieux régner », y trouva pour un moment son bonheur, mais il n'avait trouvé aucune faille, serait-ce un trou de souris, par lequel il pouvait s'immiscer pour inciter à semer le trouble.
Tous les militants étaient unanimes sur un point : l'indépendance du pays. Après une série d'événements au cours desquels des leaders du Néo-Destour avaient été maintes fois incarcérés, sans compter les militants qui avaient payé de leur vie, le gouvernement français, en 1950, consentit à mener des négociations avec les leaders Bourguiba et Ben Youssef. Mais celles-ci échouent et provoquèrent des manifestations à travers tous le pays dès janvier 1952, et une répression de la part des autorités coloniales.
Après d'autres événements tragiques tels que l'assassinat de Farhat Hached, la situation fut apaisée avait l'arrivée de Mendès France à Tunis, un mois après son accession à la tête du gouvernement français en juin 1954.
En juillet 1954, il annonça la reconnaissance de l'autonomie interne de la Tunisie et la formation d'un gouvernement intérimaire auquel participèrent des membres du Néo-Destour.
Le traité de l'autonomie interne fut signé le 3 juin 1955, cela suscita le mécontentement du leader Ben Youssef, qui considérait contrairement à son compagnon de lutte Bourguiba que ce traité n'était qu'un leurre, qui permettait à la France une main-mise sur le pays.
Bourguiba voyait en ce traité une étape positive vers l'indépendance. Ce fut le point de divergence avec Salah Ben Youssef, qui prônait le panarabisme, et réclamait l'indépendance totale et immédiate, tant pour la Tunisie que pour le Maroc et l'Algérie.
L'évolution des événements avait donné raison à Bourguiba puisque le 20 mars 1956, la France accorda l'indépendance totale à la Tunisie, et le protocole d'accord a été signé par Tahar Ben Ammar, président du Conseil tunisien, et Edgar Faure, Président du Conseil français,.
On retiendra surtout que ce jour de liesse populaire était entaché d'une certaine amertume à cause du désaccord entre les deux leaders Bourguiba et Ben Youssef, désaccord qui mena infailliblement vers la discorde.


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