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Pourquoi s'accroche-t-on à un modèle de développement agonisant ?
Publié dans Le Temps le 08 - 09 - 2015

Plus de quatre ans après la Révolution la Tunisie, n'a encore pas pu se fixer sur un modèle de développement clair, alors que l'ancien modèle a montré ses limites lorsque les régions intérieures et les quartiers populaires des grandes villes (ceintures rouges), les oubliées du développement, ont pris l'initiative de se soulever contre le pouvoir central. C'est l'aboutissement d'une dichotomie entre un centre relativement prospère et une périphérie totalement exclue des fruits de la croissance. Aujourd'hui, quel modèle de développement adopter ?
Le modèle de développement agonisant a prévalu durant des décennies depuis les années soixante-dix. Mongi Mkaddam, universitaire avance : «Ce modèle a fait son apparition timidement durant les années 1970. Il a pris forme avec l'adoption du programme d'ajustement structurel (PAS) au cours des années 1980. Il s'est consolidé avec les mesures de libéralisation de l'économie tunisienne entreprises depuis les années 1990 et qui répondent aux exigences du « consensus de Washington ». Cette évolution va aboutir, pendant les années 2000, à l'édification des bases de ce qu'on appelle un capitalisme de copinage dans lequel la corruption et le favoritisme vont s'étendre à une large échelle ».
Unanimité autour de l'échec de l'ancien modèle
Tous les observateurs tunisiens ou étrangers, même ceux de la Banque mondiale, admettent l'échec de ce modèle tout en expliquant l'échec fondamentalement « par son contenu libéral qui a fini par aggraver le chômage et aiguiser les inégalités sociales et les déséquilibres régionaux. La logique consiste, donc, à tirer les enseignements qui s'imposent et rompre avec ce modèle libéral ».
Le grand paradoxe, aujourd'hui, sept mois après l'installation du gouvernement Essid est que certains ministres comme ceux d'Afek Tounès et à leur tête Yassine Brahim, ce libéral convaincu, s'accrochent à cet ancien modèle, dont les limites ont été clairement établies le 14 janvier 2011. L'universitaire s'interroge : « Pourquoi continuer à s'accrocher à un modèle qui ne peut plus impulser la croissance et encore moins le développement ? Aujourd'hui, le développement économique est fortement conditionné par les choix stratégiques contenus dans le modèle et il est de plus en plus difficile d'envisager un quelconque développement dans le cadre d'une économie régie par les lois aveugles du marché et d'une mondialisation libérale hégémonique au sein de laquelle la Tunisie n'est que peu intégrée et ne dispose que de très peu d'avantages comparatifs ».
Les décideurs au sein de l'administration chargé des Investissements extérieurs et du développement, écrivent dans la première approche du prochain modèle : « Le projet sociétal sera fondé sur la démocratie et les droits de l'homme, la bonne gouvernance, le dialogue participatif, la valeur travail et le rôle stratégique de l'Etat. Ces différentes composantes sont, toujours selon la note, capables de faire de l'économie tunisienne « l'aigle de la Méditerranée » à l'instar des « tigres d'Asie ».
Quel rôle de l'Etat ?
Parmi ces composantes, la note d'orientation parle du « rôle stratégique de l'Etat », mais force est de constater que ce rôle se limite à orienter, prospecter, évaluer, préserver la stabilité économique, résoudre les problèmes sociaux, renforcer la concurrence et assurer le partenariat entre les secteurs public et privé. C'est exactement le rôle qu'on assigne à l'Etat selon une démarche libérale. Dans la note, on peut lire, en effet, que l'Etat et le secteur privé doivent se partager les rôles : l'Etat s'occupe de la planification et de la prospection, alors que le secteur privé doit se charger de l'exécution de tout ce qui concerne l'investissement, l'exportation et l'emploi.
L'Etat, un simple arbitre ?
Ce que la note ne précise pas, c'est que dans la Tunisie d'aujourd'hui, l'Etat doit être un acteur très actif dans la vie économique et sociale. Il n'est pas possible aujourd'hui de lutter contre le chômage, l'inflation, les inégalités sociales et les déséquilibres régionaux sans l'intervention énergique de l'Etat dans tous les domaines et à tous les niveaux. C'est une vérité vécue actuellement par tous les pays et confirmée par les multiples expériences, heureuses et malheureuses, connues dans le monde. Quant au modèle de développement alternatif, il est précisé dans la note qu'il doit être inclusif favorisant la concurrence, l'égalité sociale, l'employabilité, l'intégration des régions et le développement durable. Il faut quand même noter que ce modèle inclusif dont on parle est un concept dont les frontières sont floues et mouvantes ».
Le flou artistique
Le flou contenu dans la 1ère mouture de la note d'orientation du prochain plan, préparée par l'équipe de Yacine Brahim, a suscité de grandes critiques et un certain rejet au sein même de l'équipe gouvernementale. Il faut dire que Yacine Brahim est logique avec lui-même, et s'il avalise une note à contenu trop libéral, on ne peut rien lui reprocher. Sauf qu'un plan de développement, n'est pas l'affaire du seul ministre quelle que soit sa tendance ni d'un parti, puisqu'il s'agit d'une coalition au pouvoir. Là une question de méthodologie se pose. En période transitoire et de crise profonde, qui doit préparer le 1er projet de la note d'orientation, le ministère du Développement comme sous la dictature, ou une équipe représentative des différents partis au pouvoir et pourquoi pas les deux grandes organisations nationales l'UGTT et l'UTICA ? Le chef du gouvernement a préféré le chemin classique, en confiant à son ministre du développement, comme si le pays n'était pas en situation anormale, la rédaction de cette note. Aujourd'hui avec le retour aux partis au pouvoir, les quatre qui ont désigné leurs représentants respectifs pour revoir la copie première, nous avons perdu trop de temps. A situation exceptionnelle, il fallait une approche exceptionnelle. Ne dit-on pas que le temps c'est de l'argent ! Ainsi nous nous trouvons devant un projet que l'économiste Mongi Mkaddem, qualifie de projet souffrant de manque de « repères stratégiques, de crédibilité du plan quinquennal ».
Refonte totale et non de petites réformettes
Il ajoute : « la conclusion qui s'impose d'elle-même, c'est que dans la note d'orientation, il n'y a pas de rupture consciente avec le modèle libéral en cours depuis des décennies et ce, malgré tout ce qui a été écrit dans la note. On projette, tout simplement, de réformer ce modèle en essayant de surmonter ses lacunes et ses faiblesses ».
En conclusion, il est nécessaire de concevoir un modèle de développement. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue qu'un modèle de développement n'est ni un programme économique, ni des réformes à entreprendre. « C'est un ensemble d'axes stratégiques à suivre en vue d'améliorer le niveau de vie d'une population ». Qui va le rédiger ? De toute façon sa rédaction est une occasion à saisir, pour engager un Dialogue national économique similaire du dialogue national politique initié et dirigé par le Quartet (UGTT, UTICA, Le Conseil de l'Ordre des Avocats et la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme). C'est au gouvernement d'organiser et de diriger ce dialogue en y associant le plus grand nombre possibles de partis politiques y compris ceux qui ne font pas partie des quatre au pouvoir. Le modèle de société est l'affaire de tous.


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