Tunisie-Tunisair: Avis aux passagers à destination de l'Algérie    Kairouan Mohamed Rouiss : La situation épidémiologique est très préoccupante    Daily brief du 21 juin 2021: Confinement général dans plusieurs gouvernorats    Tunisie- Faouzi Mehdhi en visite au Kairouan    Tunisie- Confinement général et Bac    Coronavirus : la Tunisie le pays plus touché parmi ses voisins de la Méditerranée    Kaouther Ben Hnia au jury du festival de Cannes 2021    Tennis | Tournoi de Birmingham : Ons Jabeur remporte le premier tournoi de sa carrière    Toute la classe politique est défaillante et doit partir    Décès de Ridha Hamza    Ons Jabeur gagne son premier titre WTA    Dacia dévoile sa nouvelle identité visuelle    Confinement général dans quatre gouvernorats    Programme TV du dimanche 20 juin    Médenine: Air France reprend ses vols vers l'aéroport de Djerba-Zarzis    Vers la suppression de 25 autorisations pour les activités économiques    Le programme des demi-finales de la Coupe de Tunisie    Ghar El Melh : Arrestation de deux personnes exploitant des parkings anarchiques    FITA 2021 : Neuf ministres africains seront présents aux côtés des plus grands bailleurs de fonds    NEWS: Houcine Rabii positif au coronavirus    Ligue des champions – Demi finale aller – EST-Al Ahly (0-1): Le métier d'Al Ahly...    Exposition de groupe «Itération» à la Galerie Aïn Répéter pour mieux dire    Participation du centre international de Tunisie pour l'économie culturelle numérique à la foire du livre du 17 juin au 27 juin à la cité de la culture: Des livres audios et six essais par des voix féminines au programme    Affaire Nabil Karoui — l'association tunisienne des experts judiciaires affirme : «Aucune mise en accusation n'a été formulée à l'encontre des experts»    Protection contre la violence et la discrimination fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre: Observations préliminaires sur la situation en Tunisie    Météo : Temps partiellement nuageux sur la plupart des régions et mer agitée    SALON POLLUTEC La Tunisie en tant qu'invitée d'honneur    Réseau méditerranéen d'investissement ANIMA: La Tunisie, premier pays bénéficiaire    65e Anniversaire de la création de l'Armée: Hommage à l'Armée nationale et gloire au soldat tunisien    Entretien avec Ridha Dhib (artiste visuel et marcheur): Le devenir territoire    Ammar Mahjoubi: L'histoire à Rome de César à Auguste    Ons Jabeur affronte Daria Kasatskina pour la finale du tournoi de Birmingham    La vulnérabilité de 53% des terres en Tunisie est très élevée face au phénomène de la désertification (ministère)    Démarrage du festival Gabès Cinéma Fen : Découvrez le programme du 19 au 26 juin 2021    Ouverture d'une exposition de femmes rurales au Palais Ennejma Ezzahra    Tunisie : La production nationale de gaz naturel augmente de 62%    Euro: les matches de ce samedi    Tunisie – Etats-Unis : Visite virtuelle de Wendy Sherman à Tunis    Un fils de la médina d'envergure universelle: Ibn Khaldoun    Houcine Abassi : Qui est Kaïs Saïed pour mettre en doute notre patriotisme ?    Haniyeh au Maroc, bien que le pays ait normalisé ses relations avec Israël    Monde- Daily brief du 17 juin 2021: Fin de l'obligation du port du masque en extérieur en France    "La Tunisie un allié important pour les Etats-Unis et pour le continent africain" (Andrew M. Rohling)    La migration "irrégulière" vers l'Europe ne doit en aucun cas être résolue dans le cadre d'une approche sécuritaire (Saied)    Ce qui s'est passé en Algérie est-il un signe de la fin de l'ère des islamistes du Monde ?    Monde- Daily brief du 16 juin 2021: Sommet Poutine-Biden à Genève    Un soldat blessé lors de l'explosion d'une mine à Mghilla    La Tunisie accueille une partie de l'exercice militaire "African Lion 21" (Défense)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Comment Seul sur Mars a redoré le blason de la Nasa
Publié dans Le Temps le 28 - 02 - 2016

Sir Ridley Scott ne pouvait pas rêver de meilleure mise en orbite. Le 28 septembre, la Nasa annonçait la présence d'eau liquide sous la surface de la planète rouge, confirmant ainsi un vieux fantasme de la science-fiction. Le 2 octobre, son Seul sur Mars décollait dans les salles américaines et s'élevait, en trois jours, à 55 millions de dollars de recettes au box-office. De quoi nourrir la thèse conspirationniste: avec cette annonce parfaitement chronométrée, la Nasa ne servirait-elle pas les intérêts de Hollywood et, par ricochet, ceux de son programme spatial?
Selon la presse américaine, jamais l'agence n'avait autant collaboré à la production d'un film. Et pour cause, rapporte Andy Weir, l'auteur du roman adapté par Ridley Scott, elle y voit « l'opportunité d'éveiller à nouveau l'intérêt du public pour l'exploration spatiale ». En se transformant en succès planétaire, ce blockbuster au casting étoilé a contribué à renouveler l'appétit pionnier qu'avait suscité 2001 : l'Odyssée de l'espace un demi-siècle plus tôt et à lever les fonds nécessaires aux missions martiennes actuellement en déficit de popularité...
Fusée à trois étages
Hollywood et la Nasa, même combat ? Il n'aura échappé à personne que la fièvre spatiale est de retour dans l'industrie du cinéma, alors qu'il y a quinze ans Mission to Mars, de De Palma, avait été un échec. «C'est une question de Zeitgeist, d'air du temps, nous expliquait l'an dernier Christopher Nolan. Peut-être sommes-nous à une époque où les gens regardent de nouveau vers les étoiles et se disent qu'il faut reprendre notre exploration spatiale, qui a été très négligée ces dernières années. »
Après Gravity en 2013 et Interstellar en 2014, Seul sur Mars complète ainsi une fusée à trois étages destinée à redorer le blason de l'aventure spatiale. Ces blockbusters ont en commun une haute idée du divertissement, ainsi que quelques membres d'équipage. De scientifique restée sur Terre dans Interstellar Jessica Chastain est ici promue chef de mission sur Mars. Et Matt Damon confirme qu'il porte la poisse quand il se retrouve sur une autre planète. Son personnage, l'astronaute Mark Watney, est laissé pour mort par ses coéquipiers après une violente tempête. Robinson en combinaison, il doit survivre plusieurs années sur son île rouge, à 225 millions de kilomètres de la Terre...
Mars, le nouveau far-west
Mais, si elles s'aventurent toutes trois sur la piste aux étoiles, ces épopées empruntent des trajectoires très différentes. Premier étage de la fusée, Gravityfaisait office de simulateur du cosmos, d'immersion sensorielle pour faire goûter au spectateur l'ivresse de l'apesanteur. Deuxième étage, Interstellar l'entraînait sur le terrain de la réflexion, dans la veine métaphysique et grandiloquente d'un Kubrick, initiant le grand public aux « trous de ver » et aux lentilles gravitationnelles. L'espace y était envisagé comme un remède au déclin terrestre, la dernière source d'espoir d'une société déprimée. Seul sur Mars » se distingue, lui, par son humour et son réalisme. Après les sens et l'esprit, place au pragmatisme de l'expérience scientifique. Hymne à l'ingéniosité et au bricolage, le film présente la conquête spatiale comme une succession ludique de problèmes à résoudre. «C'est un puzzle très logique. La survie par la connaissance. Plus je l'étudiais, plus c'était intelligent», confie Ridley Scott, qui explique avoir été séduit par «les faits, plus encore que par la fiction».
Naufragé martien, Watney fait pousser des pommes de terre à l'aide d'un engrais très naturel, calcule ses probabilités de survie en écoutant de la musique disco et blague avec le spectateur par le biais de vidéos enregistrées: «On dit qu'une fois que vous avez cultivé une terre, vous l'avez officiellement colonisée. Donc, techniquement, j'ai colonisé Mars. Prends ça dans les gencives, Neil Armstrong ! » Mi-James Stewart mi-MacGyver, le pionnier rend cet horizon lointain familier et accessible. La planète rouge ne ressemble-t-elle pas, au fond, à la Monument Valley des westerns?
Seul sur Mars est plus réaliste que Gravity, qui privilégiait les effets spéciaux et le rythme hollywoodien du film par rapport aux réalités du travail en orbite, et parfois aux lois de la physique, confirme l'astronaute Thomas Pesquet, qui deviendra en 2016 le dixième Français à s'affranchir de l'atmosphère en s'envolant pour la Station spatiale internationale (ISS) pendant six mois. Les technologies utilisées dans ce film sont soit déjà existantes, soit étudiées par la Nasa et les autres agences spatiales. Les moyens de survie qu'utilise Matt Damon sont plausibles, et l'habitat «gonflable» sur la surface de Mars est une hypothèse très probable: nous devrions tester, pendant ma mission, un module lui-même gonflable!»
L'astronaute a donc apprécié cette simulation virtuelle, même si «quelques petits détails» l'ont «fait sauter» de son siège. Autre bon point du film: les hésitations de la Nasa dans sa gestion de l'opinion publique. «La perte d'un astronaute serait une catastrophe pour l'agence et un événement très difficile à gérer. Le dilemme d'informer le reste de l'équipage de la survie du personnage de Matt Damon est très réaliste : il s'est posé lors du décès d'un membre de la famille d'un astronaute pendant sa mission sur l'ISS.»
Christophe Colomb
Si la Nasa a servi la promotion du film, ce n'est qu'un juste retour des choses. Sous des airs drôles et détendus, Seul sur Mars intensifie encore le lobbying pro-exploration spatiale auprès des générations n'ayant pas connu les premiers pas de l'homme sur la Lune. Les astronautes y sont aussi séduisants que bons camarades, le voyage vers Mars ressemble presque à une routine et, loin des rivalités de la guerre froide, l'espace devient une conquête commune à l'humanité, puisque les Chinois se retrouvent associés au sauvetage. Pour Thomas Pesquet, « cette vague de films spatiaux prouve, à ceux qui en doutaient, que l'exploration spatiale fait toujours rêver. Dans vingt ans, quand l'homme marchera sur Mars (ce qui n'est pas de la science-fiction : les agences y travaillent tous les jours avec le plus grand sérieux), ce film aura joué le rôle de précurseur pour le grand public, comme d'autres oeuvres avant lui ».
Dans la filmographie de Ridley Scott, l'espace, perçu comme un étranger menaçant dans Alien il y a trente-six ans, est devenu, dans Seul sur Mars, un terrain de jeu presque amical. Ne reste plus aux Christophe Colomb des temps modernes qu'à trouver les financements pour prendre le large... et peut-être répondre, enfin, à la question qui continue d'enfiévrer le cinéaste de 77 ans : « Si nous sommes là, sur Terre, est-ce le fruit du hasard ou celui d'un projet ? Il doit bien y avoir quelque part dans l'Univers une autre forme de vie. C'est logique.»
Cet article est apparu en premier sur le Point


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.