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Réconciliation, accusations, héritage et néant !
Publié dans Le Temps le 12 - 05 - 2016

Après une semaine passée au calme, le paysage sociopolitique en Tunisie rebondit avec de nouvelles polémiques qui vont occuper les esprits un bon moment !
Alors que nous étions tous en train de suivre les débats sur l'évolution du projet de loi régissant les banques et les institutions financières, est survenu un grand débat qui sépare tout le monde et accentue encore plus les clivages sur la scène politique.
Ben Gharbia et l'initiative fatale
L'égalité dans l'héritage a toujours été au cœur des débats en Tunisie. L'Association tunisienne des femmes démocrates en a même fait un combat suprême au temps de Ben Ali. Plusieurs études ont été menées sur ce sujet mais le tabou n'a pas été brisé.
Normal nous diriez vous, au temps de Ben Ali, Mehdi Ben Gharbia était occupé ailleurs ! Après qu'il ait appartenu, bien avant la révolution, au mouvement islamiste, l'homme d'affaires est revenu sur la scène politique tout juste après le 14 janvier.
Député au sein de l'Assemblée nationale constituante – élu d'une liste relevant de l'actuel Al Joumhouri – Mehdi Ben Gharbia a remporté un siège au sein de l'Assemblée des représentants du peuple après qu'il ait démissionné de l'Alliance démocratique, un parti qu'il a cofondé.
Après avoir réussi, à lui tout seul presque, à arracher un siège à Afek Tounes au sein du bureau de l'ARP, Ben Gharbia reprend le devant de la scène avec sa nouvelle proposition de projet de loi relatif à l'égalité de l'héritage. Voulant faire les choses dans les règles de l'art, le député a rassemblé quelques signatures de la part de ses collègues (27, en tout) afin que le texte puisse être soumis au vote du Parlement. Mais bien avant cela, Ben Gharbia et ses compagnons ont organisé une grande conférence de presse où ils ont présenté leur projet à l'opinion publique.
Afin que le tout puisse être soutenu, Mehdi Ben Gharbia a même commandé un sondage d'opinion au bureau d'études Sigma Conseil et les résultats ont été stupéfiants : selon ce sondage, 53% des Tunisiens sont contre une loi qui oblige à l'égalité dans l'héritage. 84% sont favorables à une loi qui laisse le choix aux ascendants de décider s'ils partagent équitablement les parts ou pas. Pour 58% des Tunisiens, l'absence d'égalité en matière d'héritage est injuste tandis que 42% d'entre eux trouvent cela juste.
Appuyés par des chiffres relativement rassurants, les députés signataires ont rappelé que selon les articles 21 et 46 de la Constitution, l'Etat est dans l'obligation de protéger les droits de la femme.
-Article 21 de la Constitution: «Les citoyens et les citoyennes, sont égaux en droits et devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune.»
-Article 46 de la Constitution: «L'Etat s'engage à protéger les droits et acquis de la femme, les soutient et œuvre à les améliorer.
L'Etat garantit l'égalité des chances entre la femme et l'homme pour assumer les différentes responsabilités et dans tous les domaines.»
Si certains considèrent que l'initiative est bien fondée et que les arguments sont correctement présentés, d'autres, à l'instar des députés d'Ennahdha, estiment que ce projet de loi est tout simplement contraire à la religion (qui est, elle aussi, mentionnée dans le premier article de la même Constitution).
Ainsi, le président du bloc d'Ennahdha, Noureddine Bhiri, a déclaré que ses collègues et lui-même voteront non à ce projet de loi. Expliquant que cette initiative ne fait pas partie des priorités du peuple (à en croire que Bhiri détient un cahier de charge précis des attentes du peuple), l'ancien ministre de la Justice a rejeté, en bloc, cette proposition.
Si l'on suit un peu les tendances au sein de l'ARP quant à ce projet de loi – qui est soutenu par des députés du Front populaire, d'Al Horra ou encore de Nidaa Tounes – nous pouvons en déduire que la plénière qui y sera consacrée nous fournira de très beaux spectacles...
Sinon, place à la réconciliation !
Si Ennahdha est aussi réticent à l'idée de voir la femme tunisienne hériter des mêmes parts que son frère le Tunisien, il demeure très enthousiaste de voir tout le monde se réconcilier pour que le meilleur des mondes aille encore mieux. Initié, en 2015, par la présidence de la République, le texte de loi de la réconciliation économique et financière avait suscité une grande polémique surtout auprès de l'opposition. Après de longs débats, le projet de loi avait fini par être abandonné. Mais, et heureusement pour le chef de l'Etat, Rached Ghannouchi a décidé de s'en mêler ! Ainsi, Ennahdha a présenté une ‘alternative', qui se rapproche beaucoup du texte initial, mais qui se dit plus générale, voire ‘globale'.
Une ‘réconciliation de l'ancien avec le nouveau', c'est comme cela qu'est présenté le texte par quelques dirigeants qui expliquent qu'il comprend, entre autres, une reconsidération du mécanisme de confiscation des biens et ce dans le but que les victimes de l'oppression soient correctement dédommagées. Emanant d'une volonté politique de ‘tourner la page du passé et d'aller vers une nouvelle voie de la résolution des problèmes du pays et surtout ceux liés au développement, cette initiative a été coupée en plein élan par... l'Instance Vérité Dignité ! Oui vous avez bien lu !
Alors que les politiques étaient occupés à expliquer, défendre ou descendre ce projet de loi, le gendre de l'ancien président a signé un accord avec l'IVD ce qui lui a permis de suspendre quelques poursuites judiciaires à son encontre. En effet, la loi numéro 2013-53 de la justice transitionnelle stipule que ‘le mécanisme de la justice transitionnelle prévoit que toute poursuite judiciaire est suspendue si le mis en cause saisit l'IVD'. Le vice-président de l'Instance, Khaled Krichi, a toutefois expliqué que si jamais il s'avère que Chiboub a présenté des informations faussées à l'IVD en ce qui concerne le compte-rendu de sa fortune, toute la procédure tomberait à l'eau.
Suite à la signature de cet accord, l'avocat de l'ancien président Ben Ali, Mounir Ben Salha, a assuré, dans un premier temps à Business News que son client l'a chargé, depuis l'Arabie Saoudite, de déposer une demande de réconciliation auprès de la même instance, ce qui lui permettrait de revenir en Tunisie.
Mais, le jour même, il s'avère que l'avocat aurait agi de son propre chef et que son client, l'ancien président de la Répubmique refuse catégoriquement de se présenter devant l'Instance de Sihem Ben Sedrine.
Entretemps, on est préoccupé ailleurs
Alors que l'opinion publique est partagée entre ces deux grandes polémiques, la coalition des partis au pouvoir a décidé, pour ne pas changer, de se laisser distraire par d'autres préoccupations.
En effet, et suite à l'adhésion de trois députés démissionnaires du bloc de l'Union patriotique libre au sein du bloc du mouvement de Nidaa Tounes – qui, selon un communiqué officiel du bureau de l'ARP, comprend aujourd'hui cinquante-neuf députés après ce recrutement – un nouveau clivage a explosé au sein de la coalition des partis au pouvoir.
Se sentant poignardés par cette manœuvre, les dirigeants de l'UPL, soutenus par leur président, Slim Riahi, se sont dépêchés d'organiser une réunion en urgence et menacent de se retirer carrément de la coalition au pouvoir. Une menace bien fâcheuse surtout que le gouvernement d'Essid vit dans une situation de précarité sans précédent à cause des événements qui s'enchaînement à grande vitesse (n'oublions pas que Ben Guerdane est en train de connaître des mouvements sociaux assez violents).
Si cette crise n'est pas une première pour la coalition, elle n'en demeure pas moins menaçante pour son équilibre : l'UPL semble être déterminé à réclamer son ‘droit' puisque ses dirigeants estiment que leurs alliés n'auraient jamais dû leur ‘soustraire' des députés.
Evoquant une sorte d'accord moral entre les quatre partis de la coalition pour qu'aucun bloc ne récupère des députés dissidents d'un autre bloc des alliés, les dirigeants de l'UPL ont déploré une trahison extrême.
Répondant à cela, le nouveau président du bloc de Nidaa Tounes, Sofiene Toubel, a indiqué, dans une déclaration accordée à la radio Shems FM, que ses collègues n'ont pas eu connaissance de cet engagement, ce qui prouve, selon lui, l'existence d'un grand défaut de communication entre le bloc parlementaire et le comité politique du Nidaa (faisant ainsi allusion à Ridha Belhadj qui est le président de ce même comité).
Et d'ajouter que la validation des adhésions des trois démissionnaires de l'UPL a été signée par Mohamed Fadhel Ben Omrane qui l'a fait avant de démissionner de son poste de président du bloc.
Ainsi, et au lieu de chercher des moyens pour rectifier le tir et pour apaiser les tensions, Toubel a préféré rebondir sur cet incident ‘diplomatico-parlementaire' afin de tirer à boulets rouges sur son ‘nouveau rival', Ridha Belhadj, en lui remettant sur le dos la responsabilité de cette crise. Cette première réaction nous laisse comprendre que le bloc de Nidaa Tounes risque, lui aussi, de s'entêter et d'aller vers le maintien catégorique de ses positions.
Ennahdha, fidèle à lui-même, ne s'est pas (encore) mêlé de cette affaire préférant, certainement, se concentrer sur son dixième congrès et sur son projet de réconciliation nationale globale.
Pour Afek Tounes, il est peu probable de les voir prendre le parti de l'UPL puisque leurs relations ont toujours été tendues. En somme, le Quartet au pouvoir risque aujourd'hui d'éclater à cause d'une nouvelle querelle menée en dualité.
Comme on le constate, tandis que le paysage politique et social grouille, silencieusement par moments, ses dirigeants semblent vivre sur une autre planète et leur regard ne se tend plus que sur des querelles qui deviennent presque personnelles. Entretemps, et malgré ces débats ouverts, on a tout juste l'impression de vivre dans un néant sans fin !


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