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Incertitude politique et indicateurs au rouge : La Tunisie dans l'incapacité de rembourser ses dettes ?
Publié dans L'expert le 28 - 01 - 2020

Inquiétant, le cercle vicieux de l'endettement ne cesse de s'élargir. Plusieurs facteurs intérieurs ont mené à cette situation alarmante d'endettement public. La multiplication des revendications sociales, simultanément avec une production assez limitée, sont venues impacter dangereusement l'économie nationale. Le compte à rebours du remboursement des crédits s'enclenche. En mauvaise posture, il est difficile pour la Tunisie de respecter ses engagements et honorer ses remboursements, à l'heure où elle arrive à peine, à maintenir ses équilibres financiers.
Le rejet du gouvernement proposé par Habib Jemli, avec 134 voix contre et seulement 72 voix pour, met l'économie nationale sous pression, en raison du comportement d'attentisme des acteurs économiques nationaux et internationaux (investisseurs étrangers), susceptible de perdurer, alors que les principaux indicateurs économiques sont au rouge.
Il faut compter encore un mois pour la formation d'un nouveau gouvernement, selon la Constitution.
Défis économiques
Les défis sont, principalement, d'ordre économique, les principaux indicateurs étant loin d'être rassurants, actuellement, pour la grande majorité des Tunisiens. Il s'agit, en premier lieu, du taux de chômage, indicateur qui a un impact direct sur la population. Il est estimé chez les jeunes, à 34,7% alors que le taux global est de à 15,1%, d'après les indicateurs publiés par l'INS, en novembre 2019.
Le deuxième indicateur est celui de l'inflation, son taux moyen s'est établi à 6,7% sur toute l'année 2019, contre une moyenne de 7,3% en 2018, selon l'INS. Même si elle a marqué une baisse, l'inflation reste très élevée et impacte directement, le pouvoir d'achat du citoyen tunisien. Ce dernier s'est dégradé de 88%, entre 2010 et 2018, selon la Banque mondiale, à cause, entre autres, de la dépréciation de la valeur du dinar tunisien. Même si la monnaie nationale a repris le chemin de l'appréciation face au dollar et à l'euro, depuis septembre 2019, elle n'a pas encore retrouvé un niveau compétitif.
Une dévaluation du dinar se traduit souvent par une perte de devises de la part de l'Etat, selon l'Observatoire Tunisien de l'Economie (OTE), qui a évalué le cumul de cette perte, sur les années 2016 et 2017, à 4,2 milliards de dinars en devises (net).
La dégradation du pouvoir d'achat du citoyen est couplée, paradoxalement, à un taux de pression fiscale, sans égal en Afrique et même dans d'autre pays de l'OCDE. Ce taux s'élève à 35,5%. Il s'agit, en effet, « du taux réel et effectif que le gouvernement s'ingénie invariablement, à garder sous le boisseau, en ne déclarant qu'un taux aux alentours de 25,4% », avait confié à l'Agence TAP, l'expert-comptable, Walid Ben Saleh.
Les Tunisiens sont contraints, ainsi, de payer des impôts dépassant même la moyenne enregistrée par les 36 pays membres de l'OCDE (34%), sans avoir, en contrepartie, des services publics pareils à ceux offerts dans ces pays.
Déficit de la balance commerciale
Autre indicateur dans le rouge, le déficit de la balance commerciale, qui s'est établi, durant l'ensemble de l'année 2019, à un niveau record de 19, 4 milliards de dinars, contre 19 milliards de dinars en 2018, toujours selon l'INS.
Selon des analystes, un déficit commercial en augmentation ralentit la croissance ainsi que la création d'emplois, dans un pays qui combat, depuis des années le chômage et peine à renouer avec des performances qui rassurent et garantissent la paix sociale.
Par ailleurs, le taux de croissance a reculé au troisième trimestre 2019 à 1,0%, en 2019, mettant à mal les prévisions qui tablaient sur une croissance de 3,1%, pour toute l'année et ce en dépit d'une excellente saison touristique (9,4 millions de touristes) et d'une bonne récolte céréalière (2,4 millions de tonnes).
« Ce ralentissement de la croissance est principalement, dû à la baisse enregistrée dans les industries manufacturières et extractives, malgré l'expansion des services commerciaux (principalement le tourisme, les services de communication et financiers) et de l'agriculture », note un récent rapport (novembre 2019) sur les « Perspectives économiques régionales » de la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) .
Pis encore, l'endettement du pays atteint des niveaux dangereux, puis que l'encours de la dette publique de l'Etat atteint, à fin septembre 2019, plus de 82,3 milliards de dinars, selon le rapport publié par le ministère des Finances et intitulé « Résultats provisoires de l'exécution du budget de l'Etat ».
La part de la dette intérieure dans cet encours est estimée à 28,6% alors que celle de la dette extérieure s'élève à 71,0%. L'essentiel de la dette est contracté en euro (51,6%), suivi par le dollar (24,2%) et le Yen Japonais (10,5%).
En 2018, la Tunisie a figuré, rappelle-t-on, parmi les 10 pays les plus endettés en Afrique. Elle s'est positionnée au 8ème rang, selon un classement établi par la Banque Mondiale (BM) et le Fonds Monétaire International (FMI). Sa dette publique représentait, en 2018, 71,6% du PIB.
L'épine de l'économie informelle
Le prochain gouvernement devrait également, s'attaquer aux racines de l'économie informelle qui mine l'économie nationale et représente, selon les estimations des experts, environ 54% du PIB en Tunisie. Cette économie parallèle fait perdre à l'Etat, des milliards de dinars, qui circulent en dehors des circuits officiels.
Un contexte plein de tourments qui fait dire au président de l'Association Tunisienne de la Gouvernance, Moez Joudi que l'année 2020 sera l'année de tous les dangers aux niveaux des équilibres financiers de la Tunisie et de la soutenabilité de la dette publique. Toujours, selon ses propos, « notre pays s'endette pour dépenser et verser les salaires de ses fonctionnaires voire même, pour rembourser d'anciens crédits échus. Pire encore, si on rajoute l'endettement des entreprises publiques, on sera à environ 120% du taux d'endettement global ».
Selon les derniers indicateurs publiés par la Banque Centrale de Tunisie (BCT), le service de la dette extérieure cumulée a atteint au terme de l'année 2019, la somme de 9265,1 MDT contre 6688,0 à fin 2018, soit une hausse de 2577,1 MDT.
A ce titre, l'intermédiaire en Bourse MAC SA souligne que selon le budget, la dette publique devrait s'établir à 94 milliards de dinars, soit 74% du PIB, qui est encore loin de l'objectif de limiter ce taux à 70%. L'institut trouve que ce niveau reste assez élevé puisque 75% de cette dette proviennent de l'extérieur et qui est libellée à hauteur de 52,5% en Euro et 20,6% en US$. Et d'ajouter : « Le service de la dette poursuit son ascension fulgurante pour s'établir à 11 678 Millions de Dinars, en hausse de 18,3% en 2020, dépassant de plus de 60% l'enveloppe dédiée à l'investissement ».
Trop, c'est trop !
Ainsi, le besoin de financement du trésor en 2020 est estimé à plus de 11 Milliards de dinars, dont 2 400 MDT seront levés sur le marché intérieur sous forme de Bons du Trésor.
Autre volet, la Tunisie est résolue à sortir sur le marché financier international, pour se procurer de quoi répondre à un besoin chiffré avoisinant 8,5 milliards de dinars tunisiens (2,96 milliards de dollars) de financement extérieur en 2020.
Pour rappel, en juillet 2019, la Tunisie a émis une obligation à sept ans, libellée en euros, d'une valeur de 700 millions d'euros à un taux d'intérêt de 6,37 %.
La Tunisie pense avoir fait ce qui devrait l'être, en adoptant une loi de finances qui concrétise et consacre la baisse de son endettement public pour le faire passer de 75,1% en 2019 à 74% du PIB en 2020.


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