Le ministre de l'Intérieur effectue une visite d'inspection aux unités sécuritaires déployées à Tunis    Kaïs Saïed, Ons Jabeur, Najla Bouden… Les 5 infos de la journée    Kaïs Saïed ratifie la nouvelle Constitution    Bourse de Tunis : Le Tunindex confirme son trend haussier    Tunisie – Reprise des négociations sociales pour d'éventuelles majorations salariales    Tabarka : Un centre d'accueil pour les victimes de l'incendie    WTA Cincinnati 2022 : une journée couronnée de succès pour Ons Jabeur    Ons Jabeur qualifiée aux huitièmes de finale du Tournoi de Cincinnati    Saïda Garrach : des magistrats convoqués par téléphone pour les poursuites judiciaires    Steg : la vague de chaleur cause des coupures d'électricité    Monde-Daily brief du 17 août 2022: Ukraine : Erdogan et Guterres rencontrent Zelensky demain    Samir Saïed : l'économie tunisienne traverse une situation très critique    Nomination d'un nouveau Chef de cabinet du conseil de l'ISIE    Championnat arabe E-Sports (Valorant) : la Tunisie termine 1ère de sa poule    Tunisie: Une maladie hémorragique détectée chez les bovins    Coronavirus-Bilan du 15 août 2022: 2 décès et 199 nouvelles contaminations    Tunisie : 6 décès et 353 blessés en 24h    Construction de l'hôpital du Roi Salmane à Kairouan : le ministère de la Santé explique    Tunisie: Vers le lancement du Startup Act 2.0    Lotfi Abdelli : je ferme ma gueule, je vends mes affaires et je pars !    Agence de notation japonaise «Rating and Investment» : La note souveraine tunisienne passe à «B» avec perspectives négatives    Une députée a été interdite de renouveler son passeport selon le Courant démocrate    Le braconnage : Un crime organisé ?    Express    «Club de chant» de Cyrine Gannoun au Festival International de Hammamet : Une œuvre attachante    Programme TV du mercredi 17 août    DECES : Salem BEN KHALIFA    Le tout dernier téléphone de Huawei marqué par la plus longue durée de vie de la batterie – HUAWEI nova Y70 maintenant disponible en Tunisie    MEMOIRE : Feu Slim Mehdoui    Amical international : ce sera Algérie-Brésil en septembre !    Voici les 10 chansons les plus "likées" sur TikTok    Météo en Tunisie : Forte vague de chaleur, l'INM lance un appel à vigilance    L'USBG se prépare pour la demi-finale : La grande mobilisation    ESS | Annoncé sur le départ ces derniers jours : Zied Boughattas reste à Sousse !    Tourisme en Tunisie : Le nombre des touriste visitant Nabeul augmente de 60% en juillet    Néjib Belhedi se prépare pour une traversée dans l'océan parmi les requins    Tentative de meurtre Salman Rushdie: La lecture de Gilles Kepel    Lotfi Abdelli annonce l'annulation de tous ses spectacles    Monde-daily brief du 16 août 2022: Vladimir Poutine accuse les Etats-Unis de faire traîner le conflit en Ukraine    La Tunisie, championne d'Afrique en termes d'espérance de vie    La Fondation Arts & Culture by UIB rend hommage à M. Mohamed Ennaceur    Média Canadien : ''Le Québec doit boycotter le Sommet de la Francophonie en Tunisie''    Chiffre du jour : 657 migrants clandestins secourus en un seul week-end    Goethe-Institut Tunis & Central Tunis accueilleront l'exposition The Event of a Thread    Festival de Siliana "Zama Nights" revient pour une 45ème édition (programme)    Le ministère de l'Intérieur annonce des sanctions contre des syndicalistes sécuritaires    Sfax: 42 migrants égyptiens évacués par l'armée de mer    Gaza : Une guerre politique qui arrache des larmes au musicien Roger Waters    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le baril de pétrole au plus bas sur le marché : Une aubaine pour la Tunisie pour réduire sa facture énergétique
Publié dans L'expert le 12 - 05 - 2020

– A quelque chose, parfois, malheur est bon. La Tunisie qui fait face à un déficit énergétique chronique qui grève ses moyens financiers se trouve, actuellement, face à une issue heureuse, avec la baisse du prix du baril de pétrole. Quelques conséquences positives émergent tout de même de ce sombre tableau. Outre le fait qu'on respire un air plus sain en raison notamment du ralentissement des activités dans les secteurs de l'industrie et du transport, les Tunisiens ont savouré début mai, une deuxième baisse des prix des carburants à la pompe. En parallèle, la Caisse nationale de compensation se porte un peu mieux.

La nouvelle réduction attendue des prix des produits pétroliers en Tunisie est motivée par la baisse des prix du brut sur le marché international. Les prix de l'or noir ont reculé, après une petite hausse, alors que les tensions géopolitiques et commerciales entre les Etats-Unis et la Chine ont tempéré l'optimisme suscité par l'assouplissement des mesures de confinement liées à la pandémie du Covid-19.

Ralentissement de la demande
Les marchés pétroliers avaient pâti ces dernières semaines de la diminution de la demande en raison de l'arrêt de nombreuses activités et de restrictions de voyage dans le monde.
Pour rappel, le budget de l'Etat pour l'exercice 2020 a été établi sur la base d'une hypothèse du prix du baril de pétrole brut à 65 dollars.
Selon les prévisions figurant dans le budget de l'Etat 2020, les subventions consacrées aux hydrocarbures devaient s'élever à 1880 millions de dinars, ce qui représente environ 14,8% des dépenses de gestion, 8,9% du total du budget de l'Etat et 3,3% du PIB du pays.
La chute du prix du baril de Brent à l'international aura des répercussions positives sur l'économie tunisienne, dans la mesure où il permettra, d'une part, d'alléger la facture commerciale, et partant la balance courante, et d'autre part, de diminuer la subvention directe et indirecte, a indiqué Fathi Nouri, expert et spécialiste en énergie, dans un entretien avec l'agence TAP.
En fait, cette baisse des prix permettra de réduire le déficit commercial, dans la mesure où plus de 50% de notre facture commerciale est purement énergétique. A la fin du premier trimestre 2020, le déficit de la balance commerciale s'est établi à 3,506 milliards de dinars, dont le déficit de la balance énergétique, représente 1,757 milliard de dinars.
L'économiste a souligné qu' »une fois le déficit commercial, maîtrisé, cela donnera un bouffée d'oxygène à notre balance courante, ce qui se traduira par l'amélioration de nos réserves en devises », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, la baisse des prix du pétrole allégera l'enveloppe réservée à la subvention directe des produits pétroliers et du gaz (destinés à la consommation), et la subvention indirecte, puisque la trésorerie de la STEG et celle de la STIR seront soulagées par la chute du prix du pétrole à l'importation. La Loi de Finances 2020 prévoit une enveloppe à hauteur de près de 1,9 milliard de dinars qui sera allouée à la subvention des hydrocarbures et de l'électricité.
Des répercussions négatives, aussi
Toutefois, Nouri a fait savoir que cette situation aura aussi des répercussions négatives, dont essentiellement, la baisse des recettes fiscales provenant des compagnies pétrolières exerçant en Tunisie, en raison de la chute de leurs ventes. Ces recettes représentent 2 points de la pression fiscale, estimée en Tunisie,
Par ailleurs, si le prix du baril persiste à un niveau inférieur à 30 dollars, certains gisements en Tunisie ne seront plus rentables », a-t-il encore noté. Une baisse causée par la chute de la demande, face à une offre abondante et un problème de stockage
Revenant sur les causes de cette baisse drastique des prix du pétrole à l'international, dont le Brent qui est passé de 55 dollars, durant les deux premiers mois de l'année, à 27 dollars actuellement, Nouri a fait savoir que ceci est due à « la baisse de la demande mondiale d'environ 30 millions de barils, suite à la suspension de l'activité économique dans les différents pays, en raison de la propagation de la pandémie.
Pour ce qui est des opportunités à saisir par la Tunisie, durant cette période de baisse des prix du pétrole, « nous ne pouvons pas prévoir les bénéfices de cette crise, du point de vue quantitatif, sur les finances publiques, bien que les premières prévisions évaluent les gains potentiels de cette chute, à 600, voire 700 millions de dinars (MD) », a-t-il ajouté.
Le spécialiste a recommandé d'éviter le hedging (la couverture du risque contre les fluctuations des prix), estimant que nous ne devons pas nous aventurer sur un marché que nous ne connaissons pas bien. Il a rappelé, aussi, que nos importations en énergie baisseront significativement, à partir de l'année prochaine, avec l'exploitation du champ Nawara au sud du pays.
Un secteur mal géré
D'après lui, il est aussi, impossible d'acquérir de grandes quantités de pétrole, étant donné que nos capacités de stockage sont très limitées. Dans ce cadre, il a préconisé d'augmenter notre capacité de stockage de pétrole, estimant qu'au cas où nous n'avons pas besoin de stockage, ces entrepôts peuvent être loués à des clients étrangers. « Nous devons cesser de gérer ce secteur, en tant que simple producteur ou consommateur, nous devons avoir la réflexion d'un commerçant, afin de pouvoir tirer profit des situations similaires ».
« Il faut penser sérieusement, à lancer une nouvelle stratégie dans ce domaine. Malheureusement le secteur de l'énergie en Tunisie est celui des occasions ratées par excellence, dans la mesure où il a été toujours mal géré. Ce secteur nécessite la conjugaison des efforts de toutes les parties prenantes, et de l'ensemble des compétences économiques, techniques, et commerciales, il ne peut pas être géré par des simples fonctionnaires de l'Etat », a-t-il dit.
Au plan mondial, « parallèlement à la chute de la demande, l'offre de ce produit est toujours abondante, face à une capacité de stockage à l'internationale saturée ». Le problème aujourd'hui, c'est que personne ne peut prévoir jusqu'à quand cette situation persistera, et si le prix régressera encore, bien que certaines mesures aient été prises, afin de maîtriser cette crise. En effet, l'OPEP, a demandé le 11 avril courant, aux producteurs de pétrole, de réduire leur production de 10 millions de barils, ce qui est en mesure d'alléger un peu la saturation du marché, et par conséquence le prix augmentera de nouveau ».
« Toutes les prévisions actuelles, même celles faites par des experts du domaine, sont basées sur des hypothèses qui se fragilisent de jour en jour, vu les conditions économiques, les événements géopolitiques et aussi les spéculateurs qui sont entrés en jeu ces dernières semaines », a expliqué Nouri.

Légende :
* La chute du prix du pétrole, une arme à double-tranchant


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.