La déclaration d'Emmanuel Macron, annonçant officiellement la reconnaissance de l'Etat de Palestine à la tribune de l'ONU, a suscité dans l'heure une onde de choc diplomatique mondiale. Entre applaudissements, crispations et mises en garde, les réactions internationales révèlent la profondeur des fractures autour du conflit israélo-palestinien. L'enthousiasme du monde arabe et palestinien L'Autorité palestinienne a salué une décision « historique et courageuse ». Mahmoud Abbas a remercié Paris et Emmanuel Macron pour ce geste qu'il considère comme un signal fort en faveur du dialogue, tout en condamnant fermement les attaques du Hamas et en appelant à son désarmement. Du côté arabe, l'Arabie saoudite a qualifié la reconnaissance française de « mesure historique », soulignant qu'elle pourrait relancer la solution à deux Etats et instaurer une paix globale au Moyen-Orient. Riyad a exhorté les autres pays à emboîter le pas. La Ligue arabe, par la voix de son secrétaire général Ahmed Aboul-Gheit, a parlé d'une « correction d'une erreur historique », voyant dans ce geste une réponse légitime aux aspirations palestiniennes. La colère d'Israël À Jérusalem, la réaction fut immédiate et cinglante. Benyamin Netanyahou, qui avait boycotté le discours de Macron, a dénoncé « une énorme récompense offerte au terrorisme ». Le Premier ministre a réaffirmé qu'« aucun Etat palestinien ne verra le jour à l'ouest du Jourdain », excluant toute indépendance entre la Méditerranée et le fleuve. En représailles, son gouvernement a brandi la menace d'une extension accrue des colonies, tandis que le ministre Itamar Ben Gvir a même proposé l'annexion pure et simple de la Cisjordanie. Washington en désaccord frontal Aux Etats-Unis, le président Donald Trump et son administration ont vivement désapprouvé l'initiative française. Le secrétaire d'Etat Marco Rubio l'a qualifiée de « décision irresponsable », affirmant qu'elle « sert la propagande du Hamas » et constitue « une gifle aux victimes du 7 octobre ». La Maison-Blanche a dénoncé une reconnaissance « qui ne change rien sur le terrain », promettant de s'exprimer à l'ONU pour réaffirmer son opposition à toute démarche unilatérale. L'Europe divisée En Europe, les lignes de fracture se sont révélées. Le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et le Portugal avaient déjà officialisé leur reconnaissance de l'Etat de Palestine la veille, espérant relancer la solution à deux Etats. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait « pas d'une récompense au Hamas ». Le Premier ministre canadien Mark Carney a, lui, pointé la responsabilité d'Israël dans l'aggravation de la crise humanitaire à Gaza. À l'inverse, l'Allemagne et l'Italie se montrent réticentes. Berlin rappelle que la reconnaissance doit être « l'aboutissement des négociations », tandis que Rome refuse pour l'instant de s'aligner sur Paris. Ces divergences traduisent l'incapacité de l'Union européenne à parler d'une seule voix. Les Nations unies et la société civile Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a salué la reconnaissance française, affirmant que la création d'un Etat palestinien est « un droit et non une faveur ». Il a averti que refuser ce droit revenait à « récompenser les extrémistes », tout en appelant à un cessez-le-feu immédiat et à un accès humanitaire sans entrave à Gaza. Du côté des ONG, Amnesty International, Human Rights Watch et Médecins sans frontières ont vu dans la décision française « un premier pas ». Mais elles exigent des actions concrètes : la levée du blocus, la fin des bombardements et la protection immédiate des civils. La presse mondiale entre espoir et inquiétude Dans l'heure qui a suivi, la presse internationale a largement relayé l'annonce française. Les médias arabes y ont vu « un jour historique », tandis qu'en Israël, plusieurs journaux dénonçaient une « erreur grave ». Les images des sièges vides de la délégation israélienne lors du discours de Macron ont fait le tour du monde, illustrant la fracture diplomatique. Dans les médias anglo-saxons, de nombreux analystes ont salué un geste qui brise un tabou, tout en s'interrogeant sur ses conséquences concrètes pour le processus de paix. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!