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La guerre des raffineries : l'Ukraine pousse la Russie vers l'importation d'essence
Publié dans Tunisie Numérique le 02 - 01 - 2026


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Anatomie (très concrète) d'une stratégie par drones qui griffe le cœur pétrolier russe
Depuis un an, Kyiv mène une campagne méthodique de frappes de drones longue portée contre les raffineries, terminaux et dépôts russes. Résultat : arrêts d'unités de raffinage, chutes temporaires de capacité, rationnements régionaux, et un Kremlin contraint de restreindre les exportations... voire d'importer de l'essence. Décodage, chiffres à l'appui.
1) Le mécanisme : toucher la "colonne vertébrale" logistique
Les drones ciblent des actifs critiques : unités de distillation primaire (CDU), craqueurs catalytiques (FCC), hydrocraqueurs, reforming, réservoirs et postes de chargement. Même une panne de quelques semaines suffit à désorganiser l'aval (moins d'essence et de diesel, files d'attente dans certaines régions) et à renchérir les coûts (assurance, détours des navires, logistique intérieure).
Exemples documentés : Tuapse (Rosneft) sur la mer Noire (≈ 350 km des frontières ukrainiennes), Volgograd (≈ 400 km), Syzran/Samara (≈ 850 km), Riazan (≈ 750 km), Bachkortostan (cluster autour d'Ufa / Salavat / Sterlitamak, ≈ 1 300 km), ou encore le terminal d'Ust-Luga (Novatek) au nord-ouest (≈ 900 km). Ces incidents ont réduit l'activité de plusieurs installations et perturbé les flux d'exportation pendant des périodes répétées en 2024–2025.
2) L'impact quantifié : de la capacité hors ligne aux interdictions d'exporter
Les estimations varient selon les fenêtres de temps et la définition de "hors ligne". Plusieurs analyses évoquent jusqu'à ~15–20% de capacité de raffinage indisponible sur certaines périodes, avec des pics plus élevés ponctuels ; d'autres parlent de jusqu'à 38% au plus fort des arrêts temporaires — un chiffre possible "sur le papier", mais à manier avec prudence tant les réparations et les redémarrages s'enchaînent. L'essentiel : l'effet cumulatif des frappes déstabilise l'offre intérieure et réduit les surplus exportables.
Conséquences politiques et commerciales directes en 2025 :
Interdictions / restrictions d'export : Moscou a prolongé l'interdiction d'exporter l'essence jusqu'à fin 2025 et instauré un ban partiel sur le diesel (ciblant notamment les revendeurs non producteurs) pour prioriser le marché domestique.
Baisse des exportations : les frappes ukrainiennes ont amputé des volumes de produits et poussé les primes du diesel à des niveaux élevés ; plusieurs ports clés ont vu leurs flux diminués.
3) Le signal prix & la pénurie : quand le marché intérieur craque
Sur le marché russe, la combinaison capacité réduite + contraintes logistiques + demande saisonnière a déclenché :
* Pénuries régionales (Crimée, Extrême-Orient, région de Nijni Novgorod, etc.), rationnement, gel de prix temporaires ;
* Une hausse marquée des prix de l'essence et du diesel au détail en 2025 ;
* Des autorités obligées de puiser dans les stocks et de cliver les flux entre régions.
4) Le signe qui ne trompe pas : la Russie... importe de l'essence
Pour un géant pétrolier, c'est un aveu de vulnérabilité : Moscou a augmenté ses importations de carburants, d'abord depuis la Biélorussie (par rail, essence et diesel), et explore des arrivages d'Asie pour boucher les trous. Ces mouvements restent modestes au regard de la taille du marché, mais politiquement parlants.
5) Effets systémiques : finance publique, logistique et crédibilité
* Recettes sous pression : même si les exportations de brut continuent, raffiner moins réduit la valeur ajoutée captée sur les produits (diesel, essence), très rémunérateurs. Des rabais supplémentaires (risque de "flotte fantôme", assurances) rogne la rentabilité.
* Coûts cachés : réparations récurrentes, arrêts non planifiés, primes d'assurance et allongement des routes logistiques (contournements) renchérissent le système.
* Crédibilité & dissuasion : montrer que l'arrière russe n'est pas intouchable pèse sur les anticipations des opérateurs (banques, assureurs, négociants) et durcit l'environnement de conformité — chaque baril et chaque cargaison deviennent plus risqués.
6) Une stratégie ukrainienne "coût-efficacité"
Du point de vue de Kyiv, frapper l'aval pétrolier russe coche trois cases :
1. Effet économique (moins de produits, plus de coûts, exportations bridées) ;
2. Effet logistique (débordements de maintenance, redémarrages fragiles) ;
3. Effet politique (contrainte de décisions impopulaires : rationnements, gels de prix, bans d'export). Le président Zelensky résume souvent l'idée : "les frappes qui touchent l'énergie sont les sanctions les plus efficaces" dans la durée.
7) Les limites et contre-mesures russes (et pourquoi l'aiguille reste dans le rouge)
* Résilience industrielle : beaucoup d'usines redémarrent rapidement des unités non touchées et réparent en quelques semaines — d'où la volatilité des chiffres de capacité hors ligne.
* Réallocation du brut : quand le raffinage cale, Moscou peut écouler plus de brut (mer ou oléoducs) et réduire temporairement l'extraction si nécessaire. Mais cela ne compense pas la perte de valeur ajoutée produits.
* Importations de proximité : Biélorussie et autres fournisseurs régionaux atténuent les trous d'offre... sans les effacer.
Bilan d'étape : malgré des réparations souvent rapides, la répétition des frappes et leur dispersion géographique entretiennent une incertitude permanente, qui renchérit et désorganise l'aval russe. C'est précisément l'objectif.
5 points à retenir :
1. Les drones ukrainiens dégradent par à-coups la capacité de raffinage russe, créant des pénuries locales et des pics de prix.
2. Le Kremlin a dû prolonger l'interdiction d'exporter l'essence et restreindre une partie des exportations de diesel.
3. La Russie importe désormais de l'essence (notamment de Biélorussie, et cherche en Asie), signe tangible de stress domestique.
4. Les coûts logistiques, des assurances et de conformité grimpent, rognant la rente pétrolière et l'effort de guerre.
5. Même si Moscou répare vite et mitige via les stocks et le commerce, la pression cumulative persiste : c'est une guerre d'attrition énergétique que Kyiv a su porter dans la profondeur du territoire russe.
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