The liveblog has ended. No liveblog updates yet. La Commission de l'éducation et de la formation professionnelle a tenu, vendredi 14 novembre 2025, une séance conjointe avec la Commission des services et du développement social du Conseil national des régions et des districts pour examiner la mission « Enseignement supérieur et recherche scientifique » du budget 2026. La réunion, présidée par Kael Farrah et Haythem Trabelsi, s'est déroulée en présence du ministre de l'Enseignement supérieur Mondher Belaid, de plusieurs députés dont Nejib Akermi, Fakhreddine Fadhloune, Naceur Channoufi, Mounir Kammouni, Walid Hajji, ainsi que du vice-président du Parlement Anouar Marzouki. Le ministre a présenté une vision stratégique articulée autour de la modernisation du système universitaire, de l'adaptation de l'offre de formation au marché de l'emploi et du renforcement de la recherche scientifique. La Tunisie compte aujourd'hui 13 universités, 209 établissements publics d'enseignement supérieur et de recherche, 90 établissements privés, 175 foyers universitaires et 84 restaurants universitaires. Pour l'année universitaire 2024-2025, le pays recense 324 000 étudiants, encadrés par 22 297 enseignants et chercheurs, ainsi que 7 814 agents administratifs et techniques. Budget 2026 : une hausse et 144 projets d'infrastructure Le budget du ministère poursuivra sa progression, passant de 2 293,393 millions de dinars en 2025 à 2 379,180 millions de dinars en 2026. La stratégie budgétaire vise trois priorités : améliorer la qualité du parcours universitaire, renforcer l'adéquation formation-emploi et moderniser le système de recherche. Le ministère supervise actuellement 144 projets d'infrastructure, dont 74 projets de rénovation et 70 projets de construction ou d'extension d'établissements universitaires. Dans le domaine de la recherche scientifique, la Tunisie compte 544 structures de recherche, 40 centres de recherche et 42 écoles doctorales, avec 11 593 publications scientifiques en 2024, un chiffre en hausse. Services universitaires : 14 millions de repas par an, 64 000 lits et de nouveaux foyers Les services universitaires demeurent un pilier de la politique sociale du ministère : * 14 millions de repas distribués annuellement dans les restaurants universitaires. * 64 122 étudiants logés dans les foyers. * 142 657 étudiants bénéficiaires de bourses ou aides sociales, pour un budget de 227 millions de dinars consacré aux bourses et prêts universitaires. Le ministère prévoit d'augmenter la capacité des foyers de 7 000 lits dans les projets en cours et de 1 200 lits supplémentaires dans les nouveaux projets. Deux nouveaux foyers – à Sidi Thabet et à Bizerte – seront réceptionnés avant la prochaine rentrée, tandis que six complexes sportifs universitaires sont en voie d'achèvement. Les députés alertent sur le chômage des diplômés et la fuite des cerveaux Les élus ont souligné les difficultés structurelles que connaît l'enseignement supérieur, notamment : * le chômage massif des diplômés, particulièrement les titulaires de doctorat ; * la poursuite de la fuite des compétences vers l'étranger ; * l'absence de conditions permettant aux docteurs non-insérés de poursuivre leurs travaux de recherche. Plusieurs propositions ont été formulées, notamment : * la création d'une unité de recherche dans chaque ministère, pour absorber les docteurs selon les spécialités ; * la mise en place d'un fonds de financement dédié aux projets entrepreneuriaux portés par les docteurs ; * une meilleure valorisation matérielle et morale des enseignants universitaires afin de limiter l'exode académique. Des questions ont aussi porté sur : * la plateforme nationale des docteurs au chômage ; * les préparatifs pour la mise en route du Conseil supérieur de l'éducation ; * la situation et l'avenir de la Dar Al-Mouallimin Al-Oulya (Ecole normale supérieure). Les députés ont également dénoncé l'état de certains foyers universitaires, la qualité insuffisante de la restauration et les critères jugés trop restrictifs d'attribution des bourses. Le ministère répond : aligner les formations sur le marché du travail et renforcer la gouvernance Mondher Belaid a affirmé que la réforme universitaire vise à rapprocher l'offre de formation des besoins économiques, via la révision de l'ensemble du système LMD. La campagne de réaccréditation et d'adaptation des formations est en cours, en collaboration avec les acteurs économiques. Un référentiel national basé sur l'ingénierie de formation a été finalisé, et 700 enseignants sont en formation pour concevoir de nouvelles filières. Concernant les secteurs prioritaires, la Tunisie renforcera la formation dans : * la santé, * la technologie, * l'agriculture, * l'environnement. Le gel des formations paramédicales a été levé et trois nouveaux établissements seront créés dans ce domaine, en coordination avec le ministère de la Santé. Le ministre a également confirmé : * la révision de la composition des commissions de recrutement et de promotion, * la finalisation du statut de Dar Al-Mouallimin Al-Oulya, * la future réforme de la carte de la recherche selon les priorités nationales. Une réforme ambitieuse, mais des attentes fortes Si les orientations globales et l'augmentation du budget sont saluées, les défis demeurent immenses : insertion professionnelle, fuite des compétences, qualité de vie étudiante, gouvernance et financement de la recherche. Le budget 2026 de l'enseignement supérieur propose une montée en puissance de l'investissement matériel et humain, mais la réussite de la réforme dépendra surtout de la capacité du ministère à relier davantage l'université tunisienne à l'économie réelle, tout en améliorant les conditions d'étude et de recherche. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!