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Tunisie [Vidéo] : Face à l'enfer des hôpitaux, les cancéreux tunisiens n'ont plus de salut qu'auprès des associations ?
Publié dans Tunisie Numérique le 19 - 02 - 2018

Le cancer est considéré comme la maladie du siècle. D'abord à cause de sa prolifération, ensuite parce qu'il n'est lié ni à un sexe ni à une tranche d'âge spécifiques. Il est souvent décrit comme malin pour sa dangerosité et la vitesse à laquelle il s'étend au corps humain, particulièrement quand on ne s'en aperçoit qu'à un stade avancé.
Un taux de prévalence et soutien psychologique
Ces dernières années, l'extension du cancer s'est faite rapidement dans divers pays du monde, y compris en Tunisie, où, selon le rapport de l'Institut national de Santé publique, duquel Tunisienumérique a obtenu un récapitulatif, le cancer a frappé 149.2 hommes sur 100.000 et 112.3 femmes sur 100.000 entre 2007 et 2017.
Malgré la progression fulgurante de cette maladie, force est de constater que les centres et les hôpitaux publics qui les prennent en charge en Tunisie restent rares ou peu habilités. C'est pourquoi beaucoup de patients se plaignent de la lenteur des prises de rendez-vous et de l'attitude du corps médical qui ne prend pas en compte l'état psychologique du patient.
Ces divers problèmes ont fait que la société civile soit intervenue fréquemment pour aider les patients atteints de cancer, en particulier les associations qui ont cherché à mettre en lumière la somme des difficultés rencontrées par les patients atteints par des tumeurs malignes dans les hôpitaux publics. Elles ont ainsi essayé d'attirer l'attention sur certains abus commis par les médecins dans la façon de traiter les patients.
Mme Raoudha Zarrouk, Présidente de l'Association des malades du cancer a parlé à Tunisienumérique de quelques-unes de ces épreuves. Mme Zarrouk a été précédemment infectée par une tumeur malveillante. Elle a été confrontée aux difficultés que rencontre le patient atteint de cancer dans les hôpitaux publics, bien qu'elle n'y ait pas été exposée personnellement. Elle a voulu attirer notre attention sur l'absence de prise en charge psychologique du patient parallèlement aux soins médicaux.
Pour elle, le succès du traitement dépend souvent du confort psychologique. Notre interlocutrice ajoute que parmi les détails auxquels on n'accorde pas d'importance, est la manière d'informer le patient de sa maladie par son médecin traitant qui devrait être accompagné d'un psychologue.
Madame Zarrouk part de son expérience personnelle comme directrice d'une association en contact constant et direct avec un nombre considérable de malades : «Difficile de faire face au spectre de la mort, devenu une menace à votre vie depuis que vous recevez la nouvelle de votre maladie... Cette douleur intense dans les différentes parties de votre corps! Vous perdez des parties de vous-mêmes, pouvant inclure parfois des aspects esthétiques comme la perte des cheveux pour les femmes. » C'est ainsi que décrit la présidente de l'Association des malades du cancer la situation pénible du malade et qui est influencée dans une grande part par le facteur psychologique.
Selon notre interlocutrice, non seulement l'aspect psychologique dans le traitement des patients n'est pas considéré à sa juste valeur, mais les malades sont parfois traités de manière inconvenante dans les hôpitaux tunisiens.
Perte de dossiers et rôle des associations
Les difficultés auxquels font face les cancéreux dans notre pays ne s'arrêtent pas à l'aspect psychologique, mais s'étendent à énormément d'autres obstacles comme le grave problème de la perte récurrente des dossiers dans nos hôpitaux …
Sur ce sujet en particulier, Madame Zarrouk a indiqué que l'Association a fourni 20 ordinateurs à l'Institut Salah Azaïez afin d'éviter la disparition des dossiers des patients, mais le phénomène perdure, dans l'insouciance des parties concernées par rapport à leurs lourdes responsabilités.
Bien que cette maladie exige une intervention médicale urgente au niveau de l'accélération des examens et de la prise de mesures nécessaires pour remporter la bataille contre le mélanome, le renvoi des rendez-vous médicaux à des dates lointaines s'avère parfois fatal, à cause de la surcharge des hôpitaux publics. De plus, le manque de structures régionales représente un handicap supplémentaire pour les personnes affligées de cette maladie.
Il est important de signaler que le cancer est la deuxième cause de décès en Tunisie après les atteintes cardio-vasculaires, selon l'Institut national de la Santé. Ce fléau a été responsable de 16.8 % des morts en 2013 et la plupart des hôpitaux qui traitent ce mal sont concentrés dans la capitale.
Au milieu de tous ces écueils, le recours aux associations concernées représente un havre de paix vers lequel se tourne le patient. L'Association des malades du cancer à titre d'exemple, profite de la proximité de son site avec les hôpitaux, pour fournir le logement aux patients en cours de traitement, comme elle contribue aux tests et analyses à des tarifs réduits dans quelques cliniques privées, dans le but de gagner du temps. Elle défend aussi le droit du malade aux soins et fait appel à tous les médecins, personnels et cadres médicaux des hôpitaux publics à faire preuve de compassion vis-à-vis du patient et surtout à tenir compte de son état psychologique.
De sa tribune de directrice de l'Association, Mme Zarrouk a lancé un appel au Ministère de la Santé pour déterminer avec précision le nombre de patients atteints de cancer dans notre pays. Nous savons que le cancer du sein est classé premier, suivi par le cancer du col de l'utérus pour des femmes, tandis que le cancer du poumon est classé premier pour des hommes devant le cancer du côlon ou du gros intestin, mais le nombre de personnes infectées chaque année, continue généralement à osciller entre ceux qui disent qu'il s'agit de15.000 cas et ceux qui confirment qu'il a excédé les 20.000 personnes.
Au cours de notre visite à l'Association des malades du cancer, nous avons pu recueillir les déclarations de certaines patientes atteintes d'une tumeur maligne et les témoignages diffèrent. Entre celle qui a reçu un bon accueil par le corps médical et par son médecin traitant ainsi que de la part de l'Association qui a assuré son hébergement et celle qui a été confrontée aux diverses difficultés dont nous avons parlé au début de notre investigation journalistique.
Nous avons pu mettre en évidence un problème majeur : le diagnostic tardif de la maladie ainsi que les rendez-vous espacés et parfois le non-respect des dates de la chimiothérapie, ce qui a mené à la propagation de métastases dans plusieurs partie de l'organisme d'une patiente, que nous avons interrogée.
Une des femmes rencontrée a été atteinte par cette maladie devenue incurable car elle avait métastasé. Elle a décrit les détails de sa souffrance. On lui avait dit au départ qu'elle souffrait d'un rhumatisme articulaire...
De l'attitude du personnel médical
A propos de l'attitude du corps médical elle a déclaré : « Il y a de bonnes âmes et il y a des soignants qui vous parlent comme si vous étiez un chien qui aboie au passage d'une caravane. Ils ne vous écoutent pas et ne répondent pas à vos suppliques. C'est ainsi que je résume ce que j'ai vécu ». Malgré la force de sa foi et sa résilience à la volonté divine, cette femme, a confirmé que la lenteur des prises de rendez-vous, la complexité ou le report des examens médicaux, ont causé la perte de deux années complètes pendant lesquelles la maladie s'est propagée alors qu'il était possible de l'éliminer avant que ce ne soit trop tard.
Bien que le cancer, comme indiqué plus haut, soit un des fléaux du siècle et un monstre terrifiant qui a fauché la vie de millions de personnes dans le monde, l'état tunisien et le Ministère de la Santé doivent assumer leurs responsabilités dans la fourniture de tous les moyens pour lui faire face. Il faut surtout œuvrer à multiplier les campagnes de sensibilisation et d'information.


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