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Les archives de l'ATCE: Avant MAM, un séjour du ministre français de la Défense “pris en charge” par Ben Ali aussi
Publié dans Tunisie Numérique le 30 - 05 - 2011

Après l'affaire MAM, un document officiel tunisien datant de 2006, que le site « Lesinrocks.com » s'est procuré, évoque un séjour de l'actuel ministre de la Défense Gérard Longuet et de son ami le journaliste Jean-Marc Sylvestre dans un hôtel de luxe du pays « pris en charge » par le régime de Ben Ali.
En février dernier, en plein feu des révolutions arabes, éclatait le scandale des vacances tunisiennes de Michèle Alliot-Marie. Notre ministre des Affaires étrangères avait bénéficié de l'avion gratuit d'un homme d'affaires, Aziz Miled, proche du régime de Ben Ali. Au nom de la « République irréprochable » exigée par Nicolas Sarkozy, la gauche demandait sa démission. Un homme avait volé au secours de la ministre:
Cet homme était le président du groupe UMP du Sénat, Gérard Longuet. Qui se trouve être aujourd'hui notre ministre de la Défense. Ce qu'on ignorait à l'époque, c'est que Gérard Longuet, lui non plus, n'avait pas tout raconté sur ses escapades privées en Tunisie.
Des documents que nous avons récupérés dans les archives de l'Agence Tunisienne de Communication Externe (ACTE), le bras armé de l'ex-pouvoir tunisien pour organiser des séjours agréables aux politiques et aux journalistes étrangers, nous permettent de reconstituer les conditions de l'escale tunisienne de Longuet en 2006.
Gérard Longuet est arrivé sur les côtes tunisiennes à bord d'un beau voilier de 17 mètres de long, le Silver Shadow. Notre ministre qui à l'époque était conseiller politique du patron de l'UMP, Nicolas Sarkozy, était accompagné pour cette croisière de Jean-Marc Sylvestre, chroniqueur renommé à l'époque de LCI et de TF1, avec lequel il part fréquemment en bateau. Leurs enfants les accompagnaient.
Ces vacanciers eurent la chance d'amarrer leur voilier dans le joli port de Sidi Bou Saïd et de séjourner deux jours dans le superbe palace cinq étoiles de Gammarth, The Residence. Selon le document de l'ATCE, le programme pour recevoir ces hôtes de marque comprenait une soirée au festival de Carthage et un dîner avec le ministre des Affaires étrangères de Ben Ali, Abdelwaheb Abdallah. Devenu ces dernières années l'homme fort de Carthage, ce dernier s'était rapproché de Leila Trabelsi, l'épouse de Ben Ali, et s'était fait connaître pour avoir été un as de la désinformation et du verrouillage des médias.
Au cours de cette croisière avec son ami Longuet, le journaliste Jean-Marc Sylvestre avait demandé une faveur aux autorités tunisiennes :
Or la surprise, la voici : selon le document officiel tunisien, le gouvernement de Ben Ali se met en quatre pour financer le séjour des Français. Dans un courrier daté du 27 juillet 2006, Oussama Romdhani, directeur Général de l'ATCE, demande aux responsables de l'Office National du Tourisme Tunisien de:
« Bien vouloir envisager la possibilité de prise en charge des frais du séjour à l'hôtel The Residence à Gammarth de monsieur et madame Longuet [madame, in fine, ne participera pas au voyage]. L'ATCE, prendra en charge, par contre, le séjour de M. Sylvestre. »
Dans un autre document, celui-ci en arabe, le directeur de l'ATCE demande à la direction du port de plaisance de Sidi Bou Saïd de réserver une place pour le voilier de Gérard Longuet et de Jean-Marc Sylvestre, “un ami de notre pays”, précise la note.
“Je ne me souviens pas d'avoir été invité”
Le site Inrock a joint au téléphone Gérard Longuet.
- “Avez-vous séjourné pendant vos vacances à l'hôtel The Residence?
- Oui, j'ai du y passer au maximum deux nuits. Nous avions laissé mes trois enfants ainsi que le fils de Jean-Marc dormir sur le bateau. A l'hôtel, nous avons même retrouvé mon ami Philippe Seguin au bord de la piscine.
- Seguin, un grand ami aussi du régime ?
- C'est possible...
- Par qui a été payée la note d'hôtel ?
- Je pense avoir réglé, mais je n'en n'ai plus la certitude... C'est peut-être mon copain Jean-Marc qui a réglé pour moi.
- Mais nous avons des documents qui précisent que c'est le régime tunisien qui a payé.
- Je serai bien incapable de vous le dire. Je ne me souviens pas d'avoir été invité, il est possible que cela se soit fait, je ne m'en suis pas personnellement occupé et ne me suis pas posé la question. Ce n'est pas moi qui leur ai demandé en tout cas. Mais si le gouvernement tunisien a le sentiment que je n'ai pas payé, je peux lui envoyer un chèque tout de suite, ça ne me pose pas de problème.”
InRock a contacté son ami Jean-Marc Sylvestre.
- “Qui a payé vos nuit à l'hôtel ?
- Je pense que nous avons payé.
- Mais vous n'en êtes pas sûr…
- Je n'ai pas de souvenir précis. Mais je pense qu'on a payé.”
Le site Inrocks.com a pu parler au téléphone à un fonctionnaire de l'Office National du Tourisme Tunisien (ONTT). L'homme a fournis des renseignements auprès de l'hôtel The Residence.
Voici la réponse qu'il en a obtenu:
Quant à Jean-Marc Sylvestre, à l'image de beaucoup de patrons de rédactions et de chroniqueurs illustres, il est un aficionado des voyages organisés vers ce paradis du Jasmin (et de la torture) qu'était la Tunisie de Ben Ali.
Six mois avant sa croisière en voilier, le chroniqueur économique passait ses vacances de Noël dans le Sud tunisien, du 19 au 25 décembre 2005, en compagnie de ses deux enfants. «C'était un voyage studieux », nous explique-t-il.
Le voyage était, là encore, entièrement organisé et financé par l'ATCE, comme le montre une autre note, signée par un cadre de l'Agence, « Bochra Malki ». Jusqu'au choix du chauffeur ou les réservations « en pension complète » dans les meilleurs établissements, Yadis Djerba ou le Palm Beach Tozeur, rien n'était laissé au hasard. A l'arrivée, à l'aéroport, une voiture accueillait la famille.
- Apparemment, votre voyage studieux ressemblait davantage à un voyage touristique, et d'après nos documents il était organisé et financé par le régime.
- Possible, je n'ai pas de souvenir, il faudra que je regarde mes calepins.
« Jacques Séguela, fils de pub, fils du Sud »
A la décharge de Longuet et de Sylvestre, ils ne sont pas les seuls, au sein de l'élite médiatique et politique française, à avoir profité des largesses du régime tunisien. MAM, avec son voyage de vingt minutes à bord de l'avion de son ami Aziz Miled, fit dans ce dossier figure de victime expiatoire.
Dans le petit livre que Nicolas Beau et Arnaud Muller viennent de publier, « Tunis et Paris, les liaisons dangereuses », ils racontent comment Philippe Seguin, le compagnon de piscine de Longuet, qui qualifiait le président Ben Ali « d'homme politique moderne, qui défend jusqu'au bout les notions d'humanisme et de liberté », s'était fait offrir en 1997 l'appartement en pleine médina de Tunis où il avait passé son enfance.
Disons que le propriétaire légitime de cet appartement, Mhadheb El Jed, un petit patron franco-tunisien membre de l'UMP, avait mal vécu la saisie par le régime de son bien sans contrepartie financière.
Après une négociation serrée entre Seguin et le Franco-Tunisien, le propriétaire légitime retrouvait son bien en 2003.
Le goût des plages de sable fin et des luxueux palaces n'explique pas, à lui seul, l'aveuglement de la France sur ce qui se passait en Tunisie. 1 200 entreprises françaises sont aujourd'hui présentes en Tunisie. L'image d'un pays prospère et paisible, « rempart » contre l'intégrisme musulman, leur a été vendue par des communicants talentueux.
C'est ainsi qu'en janvier 2011, et alors que la révolte démarre dans l'intérieur du pays, le magazine Tunisie Plus du très hospitalier Hosni Fjemalli, cet hôtelier tunisien qui reçut tant de journalistes français, consacre sa Une à « Jacques Séguela, fils de pub, fils du Sud ».
« La Tunisie, explique le grand publicitaire jadis Mitterrandolâtre aujourd'hui bon ami de Sarkozy, a mené un chemin comme aucune autre nation africaine. »
N'en jetez plus ! C'est ce qu'on appelle un beau retour sur investissement pour le régime de Ben Ali, qui quelques mois plus tôt, avait favorisé l'installation en Tunisie d'Havas, la boîte de Séguéla.
En mai 2010, Ghazoua Ben Ali, une des cinq filles de Ben Ali, devenait en effet la coactionnaire de cette nouvelle société et son mari, Slim Zarrouk, son patron. Deux mois plus tard, Havas-Tunisie se voyait confier l'un des marchés publicitaires les plus juteux du pays: celui de la campagne publicitaire pour l'opérateur téléphonique numéro un, Tunisie Télécom.
On en apprend beaucoup, aujourd'hui, sur la France, quand on fait le voyage à Tunis. Les verrous du business franco-tunisien sautent comme s'ils n'avaient plus de gardiens. On a pu vérifier, par exemple, que par chance les archives de l'ATCE n'ont jamais été détruites, comme cela avait été dit sur des blogs tunisiens.
Les semaines à venir pourraient donc offrir quelques surprises sur d'autres bénéficiaires français des gâteries du régime.
Source: www.lesinrocks.com / Nicolas Beau et Arnaud Muller


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