Prix du mouton de l'Aïd en Tunisie, reflet d'un modèle d'élevage à bout de souffle    Meta freiné à 2 milliards $ : ce que le veto chinois change pour l'avenir de l'IA    Tunisie : ouverture des inscriptions en ligne pour la 1ère année primaire 2026-2027    Tunisair suspend ses vols vers Bamako    Arabie saoudite : sanctions strictes contre les pèlerins sans autorisation    Sans café pendant 14 jours : le corps se réinitialise-t-il vraiment ?    Le ministère de l'Intérieur frappe fort : démantèlement de réseaux de triche avant les examens    À voix basse de Leyla Bouzid : le cinéma tunisien bientôt à l'affiche en salles    Gabès Cinéma Fen 2026 : Hend Sabry ouvre le festival en présence de Dhafer L'Abidine et de nombreux invités de marque    Ligue 1 : une 27e journée sous haute tension les 29 et 30 avril 2026    Tunisie : 15% d'absentéisme et 2 millions de jours perdus    Votre marché est devenu illisible: Et si c'était votre meilleure opportunité?    Météo en Tunisie : pluies faibles et éparses sur les régions du nord et du centre    Rumeur démentie : la Syrie n'a imposé ni visa spécial ni "kafala" aux pays du Maghreb    Sadok Belaïd: commémoration du 40e jour de son décès (Album photos)    EST – CAB: à quelle heure et sur quelle chaîne voir le match ?    Recrutement à l'étranger : la Tunisie joue uniquement le rôle de médiation    Le journalisme tunisien en deuil : décès de Noureddine Tabka    La Tunisie brille au Meeting international de Rabat en para-athlétisme    Journée mondiale de la Terre 2026 : la Cité des Sciences à Tunis organise l'événement Génération Terre    Le Nigérian Michael Eneramo, ancien attaquant de l'Espérance sportive de Tunis, décédé    Météo en Tunisie : cellules orageuses avec des pluies dans les régions du ouest, centre et sud    Nasser Kamel : La Méditerranée nous unit. Ses politiques doivent être à la hauteur    Projet Qawafel: recommandations pour permettre aux entreprises tunisiennes de saisir des opportunités d'exportation estimées à 2,28 milliards de dollars sur le continent africain    Vient de paraître - «Dictionnaire des féministes: un siècle de féminisme en Tunisie»    Londres : la carte d'identité tunisienne disponible sur place !    Négociation de crise: Entre espoir et désillusion    Transport vers la Foire du livre de Tunis 2026 : la TRANSTU renforce ses navettes vers le Palais des expositions du Kram    Vivez par l'image la commémoration du 40ème du décès de Abderrazak Kéfi    Microsoft Defender suffit sous Windows 11, pas besoin d'installer un anti-virus payant, pourquoi?    Palais El Abdelliya organise la 4ème édition de l'initiative 'Un monument... et des enfants'    Zouhaïr Ben Amor: L'espèce humaine face à ses propres limites biologiques    Film Michael : Jaafar n'a pas imité, il est devenu le nouveau Michael Jackson dans l'opus hommage    Driss Guiga, l'ancien ministre et avocat tunisien est décédé    La menthe verte: Fraîcheur, traditions et art de vivre    La Cité des Sciences à Tunis accueille le Cosmonaute russe Kirill Peskov    Liverpool vs PSG et Atlético de Madrid vs FC Barcelone : ou regarder les demi-finales de Ligue des Champions UEFA    Recrutement de travailleurs tunisiens : la Tunisie et l'Italie signent un accord    Inauguration de Isharat Gallery à Sid Bou Saïd: une réhabilitation lumineuse de l'abstraction tunisienne    Général Mohamed Nafti - Trois Lettres Persanes    El Kazma et K-off : Sous le signe du rire, la résilience et la réflexion    9 avril : Musées et sites historiques gratuits en Tunisie    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Par Henda Haouala : Sexisme et misogynie dans les médias tunisiens
Publié dans Tunisie Numérique le 07 - 02 - 2021

Il est vrai que la liberté d'expression a permis aux médias d'aborder des sujets qui étaient tabous pendant des décennies tels que l'homophobie et le racisme, mais au nom de cette même liberté nous interceptons un rapport homme/ femme extrêmement controversé qui envahit le paysage politique et médiatique. Observant le secteur audiovisuel tunisien depuis des années, les chaines télévisuelles ont fortement contribué à installer et à banaliser un rapport dégradant d'un sexe par l'autre.
Des propos et des attitudes témoignant d'une forme de dénigrement, de rabaissement, d'un rapport de force et d'infériorisation font la une des réseaux sociaux au quotidien. Pas besoin d'être un connaisseur en audiovisuel pour comprendre la stratégie de production de la majorité des émissions télés.
Ces dernières années, le concept dominant de ces émissions aux heures de forte audience est le suivant : un animateur entouré de chroniqueurs et chroniqueuses discutent de divers sujets qui ont marqué la semaine dans une ambiance légère, divertissante et désopilante. Dès lors, des stéréotypes se sont installés et sont devenus des normes et des critères pour « la réussite » de ces émissions. Parmi eux, la représentation, ou la sous représentation de la femme sur ces plateaux. Cette présence féminine se résume à donner à voir des bimbos au corps sexualisé, prêtent à se faire insulter, à recevoir des gifles, à se rabaisser, à pleurer. Elles sont aussi rivales entre elles, le tout orchestré par un homme : l'animateur qui se permet, sous couvert de plaisanteries et de divertissement, des propos sexistes, misogynes sur le plateau.
Cette sous- représentation de la femme a malheureusement entrainé le diktat de nouveaux canons relatifs à son image, qui s'est d'ailleurs ancrée dans l'archétype masculin et féminin. Quelques émissions ont tenté de faire face à ce fléau mais elles ont disparu et le paysage télévisuel demeure profondément, disons le, sexiste. Les plateaux télé sont majoritairement masculins, un manque déplorable de femmes expertes, sans compter que certains sujets d'expertises sont considérés exclusivement masculins (l'exemple le plus récent, la loi 52). Au sein des chaines privées qui ont plus d'audience que la chaine publique, la parole est de moins en moins donnée aux femmes. De plus en plus de personnalités masculines font les débats et façonnent le contenu des émissions.
Cette même présence pratique, ce que l'on appelle le « manterrupting » ( man / interrupting) devenu monnaie courante sur les plateaux télés, où l'homme coupe systématiquement la parole à une femme, engendrant un rapport implicite de dominant / dominée.
Aujourd'hui, ces chaines télés semblent comprendre que ce modèle d'émissions ne peut pas perdurer longtemps, simplement parce que la principale caractéristique d'un téléspectateur est la lassitude. De ce fait, nous assistons à une transition, une étape charnière où les chaines télévisuelles cherchent de nouvelles manières de procéder, mais visiblement avec la même mentalité sexiste d'où le pataugement auquel nous assistons.
Cette transition médiatique prendra le temps qu'il faudra, cependant il faut garder en tête que ces émissions dont je parlais sont un récit informatif et divertissant destiné à une population d'hommes et de femmes, la qualité de ce récit définira le visage de cette population.
Henda Haouala – Maîtres de Conférences en techniques audiovisuelles et Cinéma.


Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.