Ligue des champions d'Europe : résultats de la deuxième salve de la 7e journée    Huit pays arabes et islamiques acceptent de rejoindre le Conseil pour la paix à Gaza    Handball : Tous les matchs reportés ce week-end en Tunisie    Rêve(s) de Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi : lorsqu'une pièce théâtrale se transforme en leçon d'acting    Tunisian Women in Tech of the Year 2025 Honoring Excellence in STEM    Sinistres liés aux perturbations climatiques : les assurances tunisiennes assurent soutien, accompagnement et indemnisations    Honda entreprend un nouveau chapitre en formule 1 avec Aston Martin en vue de la saison 2026    Evolution du streaming : impact du FAST, des créateurs et des expériences en direct sur l'avenir de la TV    Tahar Bekri: Saule majeur    Comment lire votre test du diabète et comprendre chaque chiffre ?    Salon National des Arts Plastiques 2026 : rendez-vous pour une 2ème édition au Macam Tunis    TLScontact Tunisie : Information aux demandeurs de visa à la suite des perturbations météorologiques    Penser le futur par le passé: Carthage antique et le boomerang colonial dans la géopolitique du Groenland    UBCI: Produit net bancaire en hausse de 9.5% à fin 2025    Météo en Tunisie : Pluies éparses et temporairement orageuses à intenses sur l'extrême nord-ouest    Routes coupées à cause des pluies : la Garde nationale alerte tous les Tunisiens !    Nouveau calendrier officiel pour les examens de l'audit comptable 2026    Naufrage à Teboulba : quatre pêcheurs toujours portés disparus, appel urgent aux secours    Pluies et inondations : comment être indemnisé pour votre véhicule ?    Riadh Zghal: Digitaliser pour stimuler l'entrepreneuriat en Tunisie    Quand la terre change de souveraineté : histoire longue des ventes de territoires, de l'Empire romain au Groenland    Abdellaziz Ben-Jebria – Mes périples et maisons : lieux en souvenir    Tempête Harry en Méditerranée : quels impacts pour la Tunisie face à cet épisode météo extrême?    Tunisie Telecom remporte pour la 7e année consécutive le trophée nPerf de la meilleure performance Internet mobile en Tunisie    Perturbations météorologiques en Tunisie : plusieurs représentations diplomatiques ferment leurs portes    Bien plus que du soleil : Pourquoi les expatriés succombent au charme de la Tunisie    Sabri Lamouchi sort du silence : Être sélectionneur de la Tunisie est un honneur immense    Le grand couturier italien Valentino s'éteint à 93 ans, une légende de la mode disparaît    Professeur Amor Toumi: Père de la pharmacie et du médicament en Tunisie    Programme Ceinture Verte en Tunisie : reboisement pour lutter contre la dégradation des sols et la désertification    Joy Awards 2026 : Riyad célèbre le divertissement mondial dans une cérémonie digne des Oscars    CAN 2025 : Polémique après le refus du frère du Roi de remettre le trophée au Sénégal    Collision de trains en Espagne : dizaines de blessés et 39 morts    Saïfeddine Makhlouf maintenu en détention : cinq ans de prison confirmés    Match Maroc vs Sénégal : où regarder la finale de la CAN Maroc 2025 du 18 janvier ?    Khadija Taoufik Moalla: Mourad Wahba, le philosophe qui voulait réconcilier raison, foi et humanité    Taboubi met fin à la démission et renforce le mouvement syndical    Nouveau portail consulaire : Simplification des démarches pour les Tunisiens aux Emirats    Abdelaziz Kacem - De la culture générale (I): Le temps des alertes    Et si Bourguiba n'avait pas aboli les habous ?    Habib Touhami: Le développement à l'ombre de la démographie    America First 2026: Le Mémorandum qui redessine l'échiquier mondial    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    La Fédération tunisienne de football se sépare à l'amiable de l'ensemble du staff technique de la sélection nationale de football    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    Match Tunisie vs Mali : où regarder le match des huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 le 03 janvier?    Daily brief régional: Messages pour Gaza: Des bouteilles parties d'Algérie finissent sur le sable de Béja    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Par Henda Haouala : Interview avec la tunisienne Nour Belkhiria, une étoile montante dans le cinéma canadien
Publié dans Tunisie Numérique le 19 - 07 - 2021

Retenez bien son nom, elle s'appelle Nour Belkhiria, une jeune avocate et actrice tunisienne installée au Canada depuis 2014. Elle incarne « Ismène » dans le long métrage Antigone (2019) écrit et réalisé par Sophie Deraspe. Le film a été nommé meilleur film canadien du 44e prestigieux Festival international du film de Toronto (TIFF). Nour Belkhiria remporte également le prix Ecrans canadiens de la meilleure actrice dans un second rôle. Aujourd'hui, Nour et Patrice Robitaille sont les têtes d'affiche du premier long métrage de Catherine Therrien La révision sélectionné au festival du film francophone d'Angoulême pour la fin août 2021. Rencontre avec une actrice qui séduit désormais le cinéma canadien
Entre droit et cinéma ?
N.B : Pour le moment je suis en stage de six mois au barreau du Québec. Je travaille dans une entreprise en tant avocate spécialiste dans le droit corporatif. En parallèle je suis sur un tournage d'une série TV canadienne qui sortira l'automne prochain. Ce stage est un premier pas dans la concrétisation de mon parcours estudiantin en droit. Etre avocate représente pour moi l'aspect rationnel de ma personnalité alors que jouer au cinéma c'est mettre en avant toute ma charge émotionnelle. Quelque part ces deux métiers se croisent, en tant qu'avocate je me dois de convaincre le juge, dans le cinéma c'est le public qui doit être convaincu par mon jeu. Ces deux métiers demandent beaucoup de crédibilité et un grand investissement.
Comment juges-tu tes débuts dans le cinéma canadien ?
N.B : J'ai eu la chance d'entrer dans le cinéma par la grande porte (en rigolant je pense que les étoiles se sont alignées pour moi). J'ai commencé à faire du théâtre au lycée quand j'ai été à Tunis et j'ai gardé cette passion quand je me suis installée au Canada. C'est comme ça que j'ai été repérée. Après coup et le succès de Antigone j'ai réalisé à quel point c'est difficile de démarrer une carrière d'emblée dans un long métrage alors que le grand public ne me connaissait pas. Beaucoup d'acteurs et actrices commencent dans des courts métrages, passent des dizaines de castings pour décrocher un premier petit rôle dans le cinéma. Antigone était une grande opportunité pour moi et j'en suis très reconnaissante.
Comment gères-tu tes castings ?
N.B : Aujourd'hui j'ai un agent qui se charge de me soumettre des scénarios, si le rôle me plait je passe les auditions. J'ai refusé quelques rôles qui sont pour moi de simples clichés de la fille maghrébine arabe. Je n'ai aucun problème à jouer ces rôles vu que je suis arabe ayant un physique typé mais le personnage que je veux incarner doit porter une profondeur qui me parle personnellement et qui représente ma communauté pour que je puisse apporter mon grain de sel et présenter au spectateur une composition étoffée. Dans mon dernier film La révision je joue le rôle de Nassira, une fille voilée par choix, un personnage très nuancé qui sort des clichés car le film est construit sur une joute verbale singulière entre Nassira et un professeur de philosophie.
La pire déception que tu peux craindre dans le cinéma ?
N.B : Accepter ce métier, c'est accepter la déception. Les auditions c'est un peu comme des entretiens d'embauche, il y a beaucoup de stress. Et lorsqu'on est prit, il y a le stress du tournage, de la sortie du film, sa réception par les spectateurs. Un acteur peut se donner à fond dans son rôle et le film peut ne pas marcher après. Pour moi le plus important c'est d'être fière de moi et de mon travail et avoir la possibilité de m'exprimer comme je me dois de le faire quand j'incarne un personnage. Faillir à cela serait sûrement ma déception.
Le premier rôle dont tu rêves ?
N.B : dans La révision j'ai le premier rôle féminin. Comme je l'ai dit tout à l'heure, mon rêve c'est d'incarner des rôles de femmes inspirantes, c'est d'émouvoir les gens tout en me remettant moi-même en question et de me toucher émotionnellement et humainement. Nassira est un personnage proche de moi. D'ailleurs lorsque je fais un effort pour un personnage, ça ne marche pas, je ne suis pas prise.
Avec quel réalisateur tunisien aimerais- tu travailler ?
N.B : Les deux longs métrages dans lesquels j'ai joué sont réalisés par des femmes, c'est peut être un hasard mais j'aimerais bien être dirigée par Kaouther Ben Hania, j'aime cette liberté qu'elle incarne dans ses films et dans la construction de ses personnages. Elle a beaucoup de mérite, aujourd'hui elle fait partie de la cour des grands, j'imagine tous ses sacrifices et surtout sa persévérance et je trouve ça génial. Leyla Bouzid, elle aussi trace son chemin surement, d'ailleurs son dernier film Une histoire d'amour et de désir sera en compétition aussi au festival francophone d'Angoulême avec La révision.
Concernant ton expérience à la télé tunisienne, que retiens – tu ?
N.B : J'ai beaucoup appris de cette expérience, surtout la rapidité (en souriant). Le tournage télé est très différent de celui du cinéma. Ouled El Ghoul était une expérience enrichissante à tous les niveaux.
Des reproches ?
N.B : C'est dommage que les acteurs en Tunisie ne soient pas présentés par des agents qui négocient leurs contrats, leurs cachets etc. Il faudrait réformer ce corps de métier avec des lois qui les régissent, ce qui permettra aux acteurs et actrices de se concentrer sur leur rôle, gérer tout ça seul cela impacte le travail de l'acteur.
La Tunisie aujourd'hui ?
N.B : Aujourd'hui je regarde mon pays avec des yeux d'adulte et je vois à quel point les jeunes tunisiens sont bourrés de talents et d'ambitions, il y a des yeux qui brillent et ont besoin d'un coup de main. Moi-même j'ai été comme eux, c'est vrai j'ai eu la chance d'aller dans un autre pays. Il faut que la Tunisie soutienne ces jeunes, toutes ces personnes qui veulent s'exprimer. Cela peut paraitre bateau comme phrase, mais il faut croire en ses rêves et tout faire pour les concrétiser, cela demande beaucoup de sacrifices. Je dis à tous ces jeunes de ne pas baisser les bras, et de verbaliser vos ambitions. Malheureusement en Tunisie, nous avons la culture du silence, on n'ose pas parler des choses dont on rêve de peur d'être étiqueter et catégoriser. Il faut élargir son réseau de contact par la parole et exprimer haut et fort son ambition.
Henda Haouala
Maitre de conférences en techniques audiovisuelles et cinéma
Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.