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M.Mehdi Houas : L'Europe risque de ne pas être dans le radar de la Tunisie
Publié dans Tuniscope le 29 - 04 - 2011

Lors d'une interview accordée le 28 avril au journal français Les Echos, le 28 avril 2011, le Ministre de ministre tunisien du Commerce et du Tourisme a évoqué plusieurs points intéressants dont la prochaine campagne touristique, le tourisme en Tunisie, l'investissement étranger, les revendications sociales et autres …
Vous disiez en mars : l'année touristique sera « désastreuse ». Qu'attendez-vous de votre prochaine campagne ?

Sur le premier trimestre, les entrées et les nuitées sur la Tunisie sont en recul de 45 % par rapport à l'année dernière. Du point de vue du chef d'entreprise que j'étais il y a quelques mois, c'est un désastre. Mais, en tant que ministre, je vois les choses autrement : notre objectif est de faire 60 % du résultat de 2010. Nous lançons une campagne début mai dans toute l'Europe pour reconquérir les touristes.

Allez-vous revoir le modèle du tourisme de masse ?

On ne va pas changer le produit touristique de fond en comble cette année, mais on peut l'améliorer. Au niveau de la formation, d'abord -une convention va être signée avec la France en ce sens. Au niveau de son contenu, ensuite -nous allons mettre en valeur le patrimoine culturel et archéologique du centre du pays qui, hier, était caché. On veut que le touriste aille à la rencontre du pays et qu'il ne soit plus parqué dans un hôtel et coupé du peuple. En Tunisie, le touriste dépense en moyenne 386 euros contre 950 euros au Maroc car, au Maroc, le touriste va à la rencontre du pays.

Votre Premier ministre Béji Caïd Essebsi dénonce des manifestations trop fréquentes qui « entravent » le travail du gouvernement. Est-ce cela qui freine les investisseurs étrangers ?

C'est un message du Premier ministre aux Tunisiens. Nous avons fait une révolution, elle est gagnée, et pour reconstruire le pays, nous avons besoin des investissements étrangers. Les revendications sociales sont légitimes -parce qu'elles sont aussi la source de cette révolution -, nous devons les résoudre dans le temps mais il faut d'abord remettre l'appareil économique en marche. Le Premier ministre fera une annonce en ce sens le 1er mai.

Où en est la grande négociation sociale sur les salaires qui était attendue pour mars puis pour avril ?

Ce n'est pas une négociation, mais un dialogue. Avant de négocier, il faut faire la liste de ce sur quoi on veut négocier. En France, lorsqu'un syndicat rencontre un patronat, fatalement c'est pour négocier. Le dialogue est nouveau. En Tunisie, c'est nouveau. Alors, on peut augmenter les salaires mais si toutes les revendications sont appliquées, dans deux mois le pays coule. On peut aussi dire aux syndicats : pensez-vous qu'il soit raisonnable, après une telle révolution, de penser aux augmentations alors que le vrai problème est de trouver un emploi à 700 000 chômeurs ? Si on inscrit dans un calendrier le dialogue social à l'échelle nationale, ce sera déjà une révolution. D'autant que le gouvernement provisoire actuel n'a aucune légitimité. Son rôle ne consiste qu'à gérer les affaires courantes.

Qu'attendez-vous des investisseurs français ?

Qu'ils nous fassent confiance. Je ne comprendrai pas qu'un investisseur français qui a investi sous Ben Ali -à une époque où régnaient l'arbitraire, le non-droit et l'absence de liberté -ne sur-investisse pas maintenant. Les investisseurs considéraient hier que la Tunisie était un très bon pays pour fabriquer moins cher. Aujourd'hui, c'est aussi un pays où on peut créer de la valeur. Le relais de croissance des grandes entreprises de demain, c'est l'Afrique. D'où l'intérêt, pour elles, de construire des relais de compétences en Tunisie et, à partir de là, s'attaquer par exemple au marché africain avec des compétences à coût africain, et non européen. C'est là la vraie force de la Tunisie.

Où en êtes vous du projet de statut avancé avec l'Union européenne ?

Nous attendons. Nous sommes déçus de l'attitude de l'Union européenne parce que, franchement, nous méritons ce statut avancé. Or, lorsque Catherine Ashton (la chef de la diplomatie européenne, ndlr) est venue à Tunis, elle a précisé que les négociations qui avaient commencé en 2009 allaient se poursuivre. Sur la base de discussions ouvertes sous Ben Ali ? ! On a fait une révolution en un temps record, qui chamboule tout, cela mérite un peu plus d'allant. On a aussi été déçus des 17 petits millions d'euros d'aide annoncés... C'est dommage de se dire que l'Europe risque de ne pas dans le radar de la Tunisie...

L'Egypte négocie actuellement 6 milliards de dollars de prêts auprès de la Banque mondiale et du FMI. De qui attendez-vous des aides ou des prêts ?

Nous avons fait la révolution tout seuls, nous n'attendons d'aide de personne. Nous sommes capables de nous prendre en charge. Nous n'attendons aucune aide pour nous redresser. Maintenant, que ceux qui veulent venir nous soutenir, investir en Tunisie, participer à la relance économique sont les bienvenus. Les plus intéressés sont les investisseurs traditionnels -français, italiens, espagnols, allemands -mais il y a aussi des Chinois et des Américains.

Comment percevez-vous l'attitude de la France et de l'Italie qui veulent revoir les accords de Schengen ?

L'immigration clandestine -que nous condamnons -est conjoncturelle, il faut donc une réponse conjoncturelle. Avoir des frontières poreuses pendant trois mois d'instabilité, c'est normal et classique. Par ailleurs, malgré une révolution réussie, la Tunisie reste un pays d'Afrique et un pays du Sud, avec une fracture sociale qu'il faudra résorber. Mais remettre en cause les accords de Schengen pourrait handicaper nos relations commerciales avec l'Europe. Un Tunisien qui part en voyage d'affaires et va à Rome, Marseille, Paris, Madrid, Berlin ou Bruxelles n'a qu'un visa à faire aujourd'hui. Demain, si Schengen devait être remis en cause, il lui en faudrait cinq et cela handicaperait sa réactivité. Ce problème d'immigration doit se traiter de concert entre le Nord et le Sud. Pour notre part, nous assumerons nos responsabilités en remettant l'appareil économique tunisien en marche pour donner de vrais espoirs aux Tunisiens. En leur disant : votre pays a besoin de vous et vous aurez beaucoup plus de possibilités de vous exprimer en Tunisie plutôt que d'aller chercher un eldorado difficile à trouver au Nord.

Propos receuillis par : MARIE-CHRISTINE CORBIER


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