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Tunisie: Attention au risque d'errance démocratique, avertit Chedly Ayari
Publié dans WMC actualités le 10 - 05 - 2011

La transition politique a un épicentre, à savoir la transition économique. L'on s'en doutait mais confirmation a été apportée lors du Forum international de notre confrère l'Economiste maghrébin qui s'est déroulé jeudi 5 mai à Tunis.
Selon la volonté de son initiateur, Hédi Mechri, ce rendez-vous annuel est resté un «nice gathering» entre chercheurs, responsables politiques et chefs d'entreprise qui se donnent ainsi une parenthèse d'exploration conjointe du champ de l'économie pratique.
Ce brain storming, qui intervient toujours à mi-saison, amène un air de printemps de la pensée économique. L'édition de cette année a été consacrée, comme l'on s'y attendait, aux «défis post-révolution de l'économie tunisienne, et principalement aux problèmes du financement de la transition démocratique et de la croissance».
Malgré la diversité et la richesse des tonalités qui se sont exprimées à cette occasion, le séminaire a retrouvé un fil directeur et un esprit de cohérence. Le «strike» est venu de Abdeljelil Bédoui, grande figure du travaillisme dans notre pays, et chercheur émérite, qui a souhaité tout de go ‘'plancher'' sur le nouveau modèle économique sur lequel devra ou devrait- déboucher la transition. Comment donc reconfigurer la physionomie de notre économie? Et quel sera le temps nécessaire à cette maîtrise de l'ouvrage?
Combien durera le temps de latence?
La méthodologie reste la colonne vertébrale de toute entreprise humaine et surtout quand celle-ci est initiée par des mains expertes. L'économie tunisienne a besoin d'un travail de refondation. Progressivement, on verra se profiler un programme économique de la Tunisie du futur avec un timing de réalisation. Les temps sont durs, dira en substance Pr Chedly Ayari, pour qui le risque d'errance démocratique -et d'éparpillement économique- est une hypothèse dont il faut savoir se préserver. Le pilotage de la transition doit être fait avec minutie si l'on veut prévenir tout égarement. Cela est d'autant plus vrai, dira Ezzeddine Saïdane, ancien banquier et consultant, que les données statistiques sont manipulées. En dehors du chiffre de la dette publique, tout le reste est falsifié. C'était la contrainte de l'effet vitrine qui voulait arranger une vision de réussite économique. Et il faudra être patient pour remonter la pente. Cela prendra 2 à 3 semestres, dira Jean Paul Betbèze, économiste de la Banque LCL. Il faudra accepter le fait que l'on connaîtra un recul de croissance avec un taux négatif en 2011. Le tour de force serait de remonter en 2012 avec un jump à +2 à +3%. On sera alors dans un scénario favorable à la «transformation» souhaitée et indispensable à notre économie. Mais quelle allure aura cette dernière?
Préserver le crédit du pays à l'international
L'Etat doit revenir dans la partie, diront tous les chefs d'entreprise, de Mohamed Frikha à Férid Abbas. Et la vigueur de l'intensité de l'intervention publique sera le test de vérité de la santé du pays qui est appelé à reconfirmer son crédit international. C'est une opération très délicate.
Mohamed Frikha, CEO de Telnet, reconnaît avoir forcé le destin en introduisant sa holding en Bourse par un temps d'effervescence par devoir national pour ne pas faillir à son engagement devant ses actionnaires étrangers. Il aurait différé l'opération que les partenaires en question auraient conclue au manque de confiance.
Pareil pour Férid Abbas, l'Etat doit monter au filet et doit être soutenu par la communauté d'affaires, nous sommes tous sur le même bateau, dirons-nous, et autant que ce soit le radeau de la méduse que ces odieux boat people qui ont acheminé 25.000 «harragas» vers Lampedusa, spectacle insupportable de nos jeunes fuyant la révolution qu'ils ont pourtant menée de bout en bout. Fuyaient-ils le pays qu'ils venaient de reconquérir ou manquent-ils de confiance dans la transition économique?, interrogera Hédi Mechri.
Les nouveaux paradigmes de la croissance de demain
Il faudra nécessairement en arriver à reconquérir nos régions, exclues de la dynamique de croissance entièrement accaparée par le littoral, lequel leur servait de l'assistance dont ils n'en veulent plus. Ils veulent payer leur part d'effort et recevoir de la prospérité en retour. Il y a un appel impérieux de gouvernance dans les régions. Il faut leur restituer de l'autonomie politique pour la représentativité dans leurs conseils. De décentralisation, c'est-à-dire une véritable coordination entre les représentations des divers départements supprimant le cloisonnement entre Equipement, Transport, Développement, Santé publique et tout le reste, enfin de quoi susciter un effort global d'intégration économique, dira Abderrazak Zouari, ministre du Développement régional.
Il nous faut surfer sur le concept de la nouvelle frontière. Comment demander aux investisseurs internationaux de se délocaliser chez nous et ne pas l'exiger des opérateurs locaux. En 2050, il y aura une forte probabilité que l'activité économique de même que la population soient concentrées à 80% sur le littoral. Le dépeuplement de nos régions nous saignera économiquement. L'heure est à la recomposition économique de nos régions qui connaissent, hélas, un découpage administratif et sécuritaire qui ne tient pas compte des constituants économiques de cohérence régionale.
En échos à cette assertion, Abdelaziz Rassaâ, ministre de l'Industrie et de la Technologie, appellera les entreprises locales à «monter au filet». C'est l'opportunité d'entre toutes qui doit lancer un maillage national de notre tissu économique. Mais pour dynamiser les régions et par delà l'ensemble du pays, il faudra que le budget public soit sollicité. Il existe bien une réponse à cela, dira Jalloul Ayed, ministre des Finances, qui a ébauché la nouvelle reconfiguration du système financier national avec le projet de création de la caisse des dépôts et consignation. Elle rajoutera un troisième poumon à nos finances publiques. Par sa capacité de mobilisation des émissions de l'Etat, elle donnera le tempo dynamique à la dette de l'Etat à la manière de ce que font les pays émergents avancés et même les stars du G20.
Quel nouveau rapport avec l'EU à l'avenir?
La transition économique évoluerait à une vitesse salutaire si l'UE acceptait de s'impliquer aux côtés de la révolution de la dignité, et relèverait notre niveau de partenariat au stade de membre sans l'adhésion. Cette proposition a émané du ministre du Développement. Les 25.000 harragas montrent bien que notre partenariat touche à ses limites et se sature sur ses bords. Accéder au grade de membre nous permettrait de puiser sur les fonds structurels que la Communauté européenne met au service des régions. Et dans cette perspective, l'intégration régionale ira crescendo, à la manière de ce qu'a vécu la Pologne.
Oui, l'inclusion à ces conditions sera à portée de mains. Du côté tunisien, la démarche paraît parfaitement recevable. Elle est lucide et pertinente. En tous cas, elle structure tout le travail de renouveau économique. A plaider absolument.


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