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Tunisie:
Quelle feuille de route économique pour Mehdi Jomaa?
Publié dans WMC actualités le 15 - 03 - 2014

«N'écoutez pas ce qu'ils disent ; mais regardez ce qu'ils font!» (Yankélevitch)
Qui parmi nous ne veut pas que Mehdi Jomâa réussisse dans la lourde tâche qui lui a été assignée par les représentants du peuple? Il a beau l'appui de la plupart des Tunisiens, et même la bénédiction du ciel, vu l'abondance de pluie qui a accueilli son arrivée au pouvoir; il a beau avoir beaucoup d'atouts et de préjugés favorables, Mehdi Jomâa ne pourra pas, logiquement, venir à bout des chantiers qu'il s'était fixés, ni résoudre tous les problèmes urgents du pays…
Sans prétention aucune, je voudrais attirer l'attention de Monsieur Jomâa sur certains dossiers prioritaires et sur ce que je considère comme des erreurs à ne pas commettre d'emblée.
Tout d'abord, Mehdi Jomâa devrait licencier ou mettre à la retraite tous les hauts fonctionnaires taxés de “complaisants“ ou “partisans“ de la Troïka. Il est connu que, après le 23 octobre 2011, l'administration a été remplie rapidement par des incompétents ignorant tous les mécanismes élémentaires de l'Etat. 25.000 nouveaux fonctionnaires ont été recrutés dans une administration déjà trop chargée, et ont, de surcroît, été placés au sommet de la hiérarchie pour, soi-disant, les dédommager des préjudices subis sous les régimes qui avaient précédé.
Hélas, pour remettre l'administration au travail, le «nettoyage» ne doit en aucun cas se limiter à quelques gouverneurs, il doit toucher tous les niveaux de l'administration minée par les nominations «abusives».
Ensuite, le gouvernement de M. Jomaa aura pour mission de mettre en place un plan de développement en mesure de réviser le taux de croissance économique du pays, en visant au moins les 5% par an enregistrés en moyenne en Tunisie depuis quelques années. Ce nouveau plan devrait être défendu, sérieusement, auprès des instances internationales et des pays frères et amis, pour qu'il mobilise de ressources et surtout d'investissements directs.
Dans ce même cadre, nous sommes en droit de demander aux pays amis du «printemps tunisien» de suivre le pas à l'Allemagne pour transformer leurs anciens crédits à des investissements en infrastructure en faveur de nos régions défavorisées.
Avec un plan économique bien étudié et collant à la réalité tunisienne, je suis certain que la France, les USA, le Japon et la Turquie, pour être en harmonie avec leurs déclarations récentes, nous soutiendront davantage à remettre notre économie sur pieds.
Par ailleurs, il faudrait que le gouvernement aussi technocrate soit-il- implique la société civile et les centres d'études stratégiques locaux (think tanks) pour pouvoir dresser un tableau précis de la situation économique, financière et monétaire réelle du pays. Leur patriotisme leur commanderait de ne pas refuser cette charge.
Idem, la participation de l'UTICA et de l'UGTT et des différents représentants des corporations professionnelles est essentielle, voire vitale. Ces équipes consultatives et volontaires aideront ainsi l'administration à disposer d'un plan de développement comportant des mesures immédiates et d'autres à moyen terme dont certaines seront réalisées, bien évidemment, par le gouvernement issu des prochaines élections.
Ce faisant, l'effort d'entreprendre doit être reconnu et encouragé. La valeur du travail doit être soutenue, encouragée et défendue. Mieux encore, la croissance qui en sera obtenue doit se faire en faveur de tous et de toutes les régions grâce à une fiscalité beaucoup moins injuste qui frappe surtout les assujettis soumis à la retenue à la source. Aussi, parmi les mesures économiques urgentes à entreprendre, devrait figurer la révision immédiate du régime forfaitaire qui touche aléatoirement 380.000 Tunisiens dans le cadre d'une réforme fiscale juste et transparente. Bref, une justice fiscale est plus que jamais de mise.
Repenser notre modèle socio-économique !
Depuis une décennie, l'on constate que certains groupes privés ont été tentés de suivre l'Etat en cédant leurs industries florissantes à des multinationales, pour se convertir dans la grande distribution avec des enseignes européennes prestigieuses, commercialisant aussi bien les produits nationaux que les produits de consommation importés (dont certains étaient inexistants sur le marché tunisien).
Les accords de libre-échange avec l'Europe prévoient davantage de démantèlement tarifaire; ce qui va favoriser de plus en plus:
a) inondation du marché par des produits de dumping,
b) fermeture de certaines PMI opérant sur le marché local,
c) suppression d'emplois dans l'industrie,
d) accentuation de l'inflation et aggravation du chômage.
Par ailleurs, l'absence de diversification et de valorisation des produits touristiques a contribué à l'affaissement de l'activité de ce secteur vital et à la dégradation de sa viabilité économique.
La mise en difficulté financière des unités hôtelières a accentué leur surendettement vis-à-vis des banques et a compromis les chances de remboursement des crédits, allant jusqu'à causer la fermeture de plusieurs unités hôtelières.
La genèse de la création -d'El-Fouledh, de la STIR, de l'AMS, de l'ETAP, de la STIA, CMT, IMM, du Groupe Chimique-, des premières Ecoles d'ingénieurs (ENIT, ENIS, ENIG, SUP'COM...), des pôles technologiques, mis en veilleuse par manque de ressources- nous révèle de précieux enseignements pour évaluer les limites des partenariats techniques et financiers apportés par les principaux pays “amis“ en relation économique avec la Tunisie.
Hélas, nos partenaires historiques continuent à limiter leur assistance aux domaines classiques à faible valeur ajoutée, et veillent à la conservation du modèle économique en vigueur, axé essentiellement sur: 1) le statuquo agricole, 2) la sous-traitance industrielle, 3) le tourisme de masse, et 4) le service bas de gamme.
D'ailleurs, ils affectent leurs aides financières: à l'importation des biens de consommation, au financement du déficit budgétaire, au règlement des échéances exigibles de la dette.
En revanche, ils n'ont rien fait pour la promotion de R & D dans les créneaux d'avenir (énergies nouvelles, dessalement d'eau, autonomie en semences…). Hélas, nos partenaires déclinent de plus en plus nos requêtes de financement en faveur des projets technologiques à grande valeur ajoutée.
Par la correction de son modèle économique en vigueur depuis plus de 50 ans, la Tunisie tirerait un plus grand profit de sa richesse en ressources naturelles: hydrocarbures, mines, carrières, solaire, éolienne, végétales, hydrauliques, archéologiques...
Quelques axes de ce modèle de développement socioéconomique:
1) Intensification de l'infrastructure et de la logistique avec les régions déshéritées.
2) Valorisation des richesses naturelles nationales en se basant sur la recherche & développement (université, technopole…).
3) Développement des activités exportatrices à grande valeur ajoutée (IEE, TIC, Agro-alimentaire…)
4) Réviser la structure et le potentiel des terres domaniales.
5) Privilégier la transformation des matières premières locales sur leur exportation en brut.
6) Rechercher des partenaires pour la réalisation des centrales photo-thermiques (propriétés tunisiennes), destinées à produire de l'électricité solaire pour couvrir les besoins croissants (40.000 GWh en 2030 contre seulement 15.000 GWh en 2013).
Des études géologiques, vieilles de plus trente ans, révèlent que le sous-sol tunisien regorge de richesses minérales, hydrauliques, fossiles, et en substances utiles extraordinaires. Pour reconfirmer cela, la télédétection est de nos jours une technique très développée entre autres dans le secteur de la recherche minière.
En outre, une stratégie nationale des énergies renouvelables devrait être mise en œuvre pour définir le cadre réglementaire de la production de l'électricité verte, principalement celui destiné à l'exportation.
Concernant la photo-thermie à l'export, il faudrait définir les meilleures conditions de rémunération de l'Etat tunisien.
La Recherche et Développement combinée aux TIC constitue aujourd'hui une bonne alternative à l'investissement industriel. C'est sur cet axe que s'est déployé le développement économique de plusieurs pays sud-est asiatiques (Singapour, partant de zéro depuis les années 60).
Un tel plan permettrait de projeter la Tunisie dans la modernité, de réduire sa dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, de fédérer les forces vives de la nation autour de projets économiques d'avenir et de recueillir le soutien des grands bailleurs de fonds internationaux.
Voilà ce que pourrait être une sortie consensuelle et par le haut du problème économique national complexe et majeur.
Pour terminer, je ne peux souhaiter que plein succès au gouvernement de M. Jomâa. La meilleure façon de concrétiser notre appui collectif à son gouvernement est de travailler plus et d'améliorer notre productivité. Bien entendu, c'est sur l'UGTT que pèse le lourd sacrifice de contenir les revendications et tout ce qui pourrait entraver la continuité du travail durant cette courte période de transition. L'UGTT pourrait suspendre, momentanément, le recours aux grèves comportant des arrêts de travail et les remplacer par le port de brassards rouges, à la manière japonaise.
Les médias devraient certes continuer, en vertu des acquis de notre révolution, à informer librement le public, toutefois en mesurant les conséquences attachées à la diffusion de faits inexacts ou à des analyses et autres interprétations qui ne visent en fait qu'à entraver l'action de ce gouvernement.
Retenons provisoirement nos plumes si l'intérêt du pays l'exige! Notre pays a besoin de nous tous. Soyons tous alors au rendez-vous avec l'histoire!
H.Ch
Président de l'Association pour le développement de la recherche et de l'innovation ADRI


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