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S'habiller fripe, s'habiller chic
Publié dans WMC actualités le 26 - 06 - 2006

Au début la Hafsia, temple de la friperie, était fréquentée surtout par les pauvres. Aujourd'hui les riches l'envahissent à la recherche des griffes.

De plus en plus de femmes riches qui pourraient se vêtir dans des boutiques de luxe choisissent aujourd'hui la fripe pour s'habiller. Une tendance qui est apparue il y a quelques années et qui s'affirme maintenant comme un véritable phénomène de société. Pourquoi s'habiller fripe quand on peut s'habiller chic ?

Rencontre avec quelques vendeurs et quelques femmes pour tenter de comprendre.
"Le profil de la clientèle a changé. On voit de plus en plus de femmes tirées à quatre épingles"
" Hé, femme, venez voir, tout est signé, trois dinars le body, trois dinars le pantalon ! "
"Les cinq à un dinar, occasion à ne pas rater !! " Avant même de pénétrer sur la place d'el Hafsia, on les entend déjà, les vendeurs de fripe. Installés au milieu de la vaste place, ils tiennent chacun un " stand " en fait une simple table sur laquelle s'entassent pêle- mêle sacs à dos, sacs à mains, pantalons, lingerie, chaussures, vêtements d'enfants, chemises, vestes ... Bref, tout ce qui se porte se vend ici.
El Hafsia est l'une des fripes les plus fréquentées de Tunis, et s'il y a quelques temps la clientèle était plutôt désargentée, on y aperçoit aujourd'hui de plus en plus des femmes aisées. D'autres fripes, dans plusieurs quartiers de la capitale, sont également de plus en plus visitées par cette classe huppée.
Quelques hommes mais surtout beaucoup de femmes fouillent les stands dans l'espoir de dénicher la perle rare, l'habit qui sied. Autour de la place, une vingtaine de boutiques plus chic sont installées, elles aussi vendent des vêtements bon marché. Aux plafonds sont accrochés des pantalons, des vestes et des chemises qui paraissent propres et soigneusement repassés. "Moi j'ai même une cabine d'essayage aux normes de sécurité", dit fièrement Moncef Talbi, l'un des propriétaires des lieux, qui constate : "Le profil de la clientèle a changé. On voit de plus en plus de femmes tirées à quatre épingles et c'est chez moi qu'elles viennent le plus facilement à cause du confort de la cabine d'essayage!". Mohamed, un jeune vendeur de chaussures, qui possède une grande "nasba", autrement dit un "tas" de chaussures confirme: " Des BMW et des Mercedes se garent juste à côté, dans les ruelles d'El Hafsia, surtout le dimanche, lors de l'ouverture des nouvelles balles. Des femmes habillées de vêtements de marque et des bijoux de valeur font de plus en plus partie de ma clientèle... Et elles ne sont pas faciles ! Elles marchandent inlassablement", ajoute-t-il en souriant.
"Je m'habille tout en fripe"
Une jeune femme blonde, habillée en jean et veste de cuir, les yeux cachés derrière ses lunettes de soleil s'approche pour regarder une paire de chaussures. "Je fréquente le coin, mais ça ne regarde que moi", admet-elle du bout des lèvres. Presque honteuse, comme si on la prenait en faute, elle s'éloigne d'un pas rapide.
Une autre femme, pantalon marron sur mesure, pull et gilet vert pistache, elle, vient ici par plaisir. Elle se dirige vers un tas de chemisiers au centre de la place. Elle en prend un, l'examine minutieusement comme si elle voulait s'assurer qu'il n'y a pas le moindre défaut : "je m'habille tout en fripe", affirme-t-elle en montrant ses chaussures, son pantalon, son pull, son gilet et même le foulard qu'elle porte noué autour du cou : " je travaille dans le coin et je n'ai qu'une demi-heure de pause, mais j'en profite pour venir ici. Même si je n'achète pas quelque chose tous les jours ça me délasse".
"Ce que je cherche c'est la qualité du produit... et les grandes marques"
Il est 13 heures. Une jeune fille gare sa Peugeot 206 et se dirige directement vers "la nasba" de lingerie. Elle porte un body et une jupe gitane, une veste cuir courte et des bottes, elle est chic elle aussi. La demoiselle salue le vendeur qui semble bien la connaître et commence à fouiller comme une habituée, rapidement, sans pour autant négliger de jeter un coup d'oeil sur l'étiquette : "Ce que je cherche ici, avoue-t-elle, c'est la qualité du produit. Ce sont de grandes marques : ETAM, SLOOGI.. on les trouve à quatre dinars. Ailleurs ce n'est pas possible", précise la jeune fille sans interrompre son tri, comme si elle ne voulait pas perdre une seule minute. "En plus, lorsque je porte un pull ou des chaussures que j'achète d'ici, je suis presque sûre que je ne verrais personne d'autre porter les mêmes!"
Elle se dirige vers un tas de pantalons en jean et continue à examiner méticuleusement chaque pièce:"Ca n'a jamais été une question de prix, en ce qui me concerne et ça ne me dérange pas de dire que je suis une mordue de la fripe parce que je croise souvent des amies qui traînent ici comme moi !", ajoute-t-elle en souriant.
Il est 13 heures 30, place d'El Hafsia."Trois dinars le body, trois dinars le pantalon !
Les voix des vendeurs n'ont pas cessé de vanter les produits. Depuis quelques temps, ils sont de plus en plus nombreux à venir s'installer sur la place. Et à faire de bonnes affaires. Tout comme leurs riches clientes.
Aîcha Ferjani (L'Atelier n°2)
CAPJC


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