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Covid-19, le prix d'une évidence négligée
Publié dans Business News le 22 - 10 - 2020

Pharmacien-Clinicien, Pharmacoéconomiste, MD en Droit, Membre du Laboratoire de Recherche « Gouvernance », Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis 1. Université de Carthage. Membre du Conseil de l'Inlucc.
La question quant à la survenue d'une épidémie n'aurait pas dû être « est-ce qu'il y aura une épidémie ? » mais « quand cette épidémie frapperait?». En ces dix-huit dernières années nous avons eu trois épidémies de coronavirus SRAS-Cov-1 (2002/2003), MERS (2012/2104) et SRAS-CoV-2 (2019/…); soit un nouveau coronavirus tous les six ans. Cette évidence a était négligée.
Le SRAS-CoV-2 déclenche la maladie de la Covid-19. La question de la disproportionnalité entre la mortalité induite par la Covid-19 (0.2%) et les pertes économiques et sociales demeure saillante. Elle peut être expliquée par l'inadéquation des politiques publiques mises en œuvre qui n'avaient pas intégré l'éventualité d'une telle épidémie, en raison de l'absence de pandémie depuis 1918 et de la faible répercussion de l'épidémie de H1N1 (2007-2009) qui serait due à une rémanence de l'immunité anti-H1N1 chez les personnes âgées, encore en vie à l'époque.
Les petites et brèves épidémies du SRAS-CoV-1 (2002/2003) et Mers (2012/2014) ont permis aux Dragons du Sud-Est Asiatique de se préparer à une telle éventualité et de conditionner le comportement individuel de leurs citoyens quant à l'obligation de port du masque et aux mesures d'hygiène.
Le SRAS-CoV-2 est comparable à une « bombe à double fragmentation ». Sa première particularité consiste en son double mode de transmission : une transmission aérienne et une transmission orofécale. Ce qui rend encore plus difficile son contrôle. Sa seconde particularité est son polymorphisme clinique.
Dès son apparition, la Covid-19 a constitué un problème de santé publique à composante essentiellement économique, organisationnelle et ergonomique (l'ergonomie est l'adaptation de l'environnement à l'utilisateur ou l'usager). C'est une pathologie systémique qui atteint et menace la santé humaine, le système de gouvernance et la société. Elle devient aussitôt, une « nuisance quotidienne » de par les ruptures sociales (distanciation sociale) engendrées et imposées, les annonces journalières de nouveaux cas, de décès Covid-induits, de faillites, de pertes d'emploi et de rupture de confiance en les décideurs politiques qui endossent les défaillances précédant leurs mandats.
Pour le cas de la Tunisie, l'une des décisions qui a sauvé le pays, durant la première phase de la pandémie de la Covid-19, a été la fermeture des frontières quand on avait douze cas autochtones, rigoureusement contrôlés. La France avait fermé ses frontières à sept mille cas autochtones et l'Italie l'avait fait quand elle a franchi les dix mille cas internes.
Cependant, la fermeture des frontières ne peut pas être l'unique solution. Ceci évoque de fait, la notion de cycles de couvre-feu et de l'alternance du cycle de fermeture et d'ouverture de la vie sociale.
Le confinement, en dépit du coût économique énorme, à court terme, a permis de sauver un grand nombre de vies humaines et de familles. Bien que nécessaire, il impacte de manière très négative à la fois les plus vulnérables (économiquement) et affaiblit les décisions politiques qui généreront des sanctions démocratiques aux prochaines élections.
Nombreux sont ceux qui pensent qu'on aurait dû limiter le confinement aux seules catégories de personnes à risques (les obèses, les personnes âgées de plus de 65 ans, et les porteurs de comorbidités). Ce qui aurait requis un comportement exemplaire de la part des autres catégories sociales et de leurs entourages quel que soit l'âge. Ceci s'avère irréaliste eu égard à nos comportements sociaux et aux conditions de vie des plus démunis.
Durant cette première phase, deux objectifs étaient ciblés : sauver les structures hospitalières en évitant leur saturation et aplatir la courbe de contamination. Le bref répit n'a pas été bien exploité pour consolider le système et contrôler la circulation du virus, en raison des problèmes de transition politique. Ce qui s'est traduit sur terrain par un relâchement généralisé ayant généré la situation actuelle où l'objectif principal serait de sauver le maximum possible de personnes, et en particulier nos aînés.
Au niveau international, la réponse à la Covid-19 est faite sur une base de faible évidence scientifique voire une absence d'évidence scientifique car une part de 40% des infections respiratoires reste non identifiée, et une part de 17% de ces infections est causée par plusieurs germes. Les hypothèses de saisonnalité, de température, de latitude s'écroulent l'une après l'autre.
L'architecture et l'ergonomie des systèmes de production de richesses, d'éducation, de transport et de vie sociale (cafés, restaurants, boîtes de nuit, cinémas, centres de loisirs) s'avèrent trop rigides et incapables d'assurer une quelconque résilience face à la syndémie causée par la Covid, sans coût économique et social immédiat.
Les solutions stratégiques devraient cibler le long terme en réduisant les bouleversements pour la majorité de la société. Or, les décisions politiques et gouvernementales actuelles sont prises à l'encontre de cette approche stratégique. J'entends par là, que l'on n'a pas fini de tergiverser sur quelques centaines de millions de dinars nécessaires au financement du secteur de la santé (pour régler les dettes publiques de la Cnam et de la PCT) alors que le risque de pertes macroéconomiques du pays s'annonce à des milliards de dinars.
La réforme du système sanitaire passe obligatoirement par celle du secteur pharmaceutique qui en est le cœur. Les réformes de ce secteur, telles qu'elles sont actuellement proposées, ne s'annoncent pas dans la bonne direction (celui de servir l'intérêt général), mais s'annoncent dans celui des intérêts commerciaux des opérateurs économiques, à l'instar de la future Agence qui devra gérer le secteur pharmaceutique, dont il faut revoir les orientations. Cet exemple nous rappelle l'affaire des masques et l'affaire des sacs d'emballage de ciment en plastique. J'espère qu'il ne fera pas le même aboutissement.
Cette pandémie, malgré ses aspects négatifs (décès, maladies chroniques, déficit économique et éducationnel, chômage, dépression, etc.) pourrait constituer un point disruptif pour réformer et améliorer notre gouvernance, notre économie, notre système de santé, notre administration, tous victimes de politiques publiques anachroniques, erronées et antérogrades. Hélas, les efforts ne sont pas orientés pour trouver les meilleures solutions pour la nation. Ils sont plutôt, déployés pour mener des guerres individuelles et groupales de positionnement et de prédation au nom du peuple tunisien mais qui ne serviront jamais ses intérêts. Pire lorsqu'on fait la guerre pour ce Peuple, sans armes et sans s'appuyer sur les patriotes, je vous laisse imaginer son issue. Mon souhait est que la direction du pays garde le contrôle de l'épidémie et agisse pour un meilleur avenir pour ce peuple qui commence à désespérer.
*Dr Lassaâd M'Sahli est membre du conseil de l'Inlucc


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