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Les fugitifs d'Al Karama…
Publié dans Business News le 17 - 08 - 2021

Pas moins de trois députés d'Al Karama sont actuellement en fuite, recherchés par les autorités et fortement dénigrés par la population. Jusqu'à il y a trois semaines, ils croyaient pourtant être les meilleurs représentants du peuple et criaient sur tous les toits qu'ils sont les plus intègres et les plus sincères de toute la classe politique tunisienne.
Un mandat d'amener a été diffusé hier soir par le juge d'instruction près du Tribunal militaire de Tunis à l'encontre des députés d'Al Karama Abdellatif Aloui et Mohamed Affes. Un autre député de ce parti islamiste radical a fait l'objet du même mandat, Nidhal Saoudi. A ces trois là, s'ajoute Rached Khiari, élu de la circonscription de Manouba sur les listes du même parti, qu'il a quitté quelques mois après les élections. A ce quatuor devraient s'ajouter la semaine prochaine les noms de Seïf Eddine Makhlouf, président du parti et Maher Zid.
A l'exception de Rached Khiari, le plus radical de tous, les quatre islamistes sont impliqués dans l'affaire de l'aéroport. En mars dernier, ils sont allés à l'aéroport Tunis-Carthage tentant de forcer la police des frontières à autoriser une passagère à voyager. Celle-ci est fichée S17, c'est-à-dire interdite de voyager par la police, pour suspicion dans une affaire terroriste. Les députés d'Al Karama estiment que le fichage S17 est illégal tant que l'interdiction de voyage n'a pas été décidée par un juge et, se basant sur cette lecture de la loi, ils ont décidé d'aller intimider les agents de la police des frontières. Mal leur en a pris, car ces derniers se sont levés comme un seul homme et ne se sont pas laissés impressionner par le banditisme des députés islamistes. Seïf Eddine Makhlouf a beau jurer, devant une caméra, qu'il ne quittera pas les lieux avant que la dame voyage, il a beau appeler des renforts de venir l'assister à l'aéroport, il a quand même été poussé en dehors de l'aérogare et la dame n'a pas pu quitter le pays.
Ce n'est pas la première fois que les députés d'Al Karama jouent l'intimidation devant les forces de l'ordre. En juillet 2020, un membre de ce parti a été empêché d'accéder au parlement parce qu'il est fiché, lui aussi, S17 pour la même suspicion d'implication dans une affaire terroriste. Qu'à cela ne tienne, Seïf Eddine Makhlouf et les membres de son bloc parlementaire se sont amassés devant les agents de la garde présidentielle, chargés de la sécurité des lieux, pour les injurier devant les caméras. Grâce à l'intervention du chef de cabinet du président du parlement, Habib Khedher, ils ont réussi à faire entrer de force leur ami, malgré l'opposition ferme de la garde présidentielle.
Ce n'est pas la première fois, non plus, que les députés d'Al Karama se trouvent dans des endroits où ils ne devraient pas être. Ainsi le cas de Mohamed Affes qui voulait participer, de force, à une réunion des cadres de la santé à l'hôpital de Sfax. Les cadres ont beau lui expliquer qu'il n'a pas le droit d'être avec eux, le député est resté quand même dans la salle poussant à l'annulation de la réunion. Les syndicats ont réagi immédiatement à ce banditisme et l'ont agressé physiquement, ce qui leur a valu quelques mois d'emprisonnement.

Les coups de force des membres d'Al Karama sont motivés par leur intime conviction qu'ils sont dans leur bon droit. Ils sont également motivés par leur impunité et la complicité dont ils bénéficient dans l'appareil judiciaire. Leurs agressions physiques et verbales ont beau être nombreuses, ils n'ont jamais été inquiétés. Le parquet argue, à chaque fois, qu'ils sont députés et bénéficient, de ce fait, de l'immunité parlementaire. Pourtant, cette immunité ne couvre que le travail parlementaire. Pourtant, également, le parquet se devait d'engager les procédures et de correspondre la présidence du parlement et c'est à cette dernière de faire valoir l'immunité du député quand celui-ci dépose, par écrit, une correspondance dans ce sens. Quand il s'agit d'Al Karama, le parquet ne s'est jamais embarrassé de toutes ces procédures et il coupait l'herbe sous le pied des plaignants dès le départ. Du coup, les plaintes ont beau être nombreuses, elles sont toutes jetées au fond d'un tiroir.
Ce silence et cette complicité de la justice n'ont pas empêché les forces vives du pays de réagir, avec force, contre ce banditisme affiché au grand jour. Syndicats, médias et ONG ont dénoncé des dizaines de fois les actes d'Al Karama. Même la présidence du parlement a réagi une fois par un communiqué lapidaire dénonçant leur violence.
La réaction des élus d'Al Karama a toujours été la même : des vidéos et des posts Facebook injuriant les critiques. Les plus grandes victimes des agressions verbales d'Al Karama sont les médias et les syndicats de l'UGTT. Il ne se passe quasiment pas un jour sans qu'un député du parti n'injurie un journaliste ou un syndicaliste. Leur honneur a été souillé des dizaines de fois et on ne compte plus les accusations fallacieuses contre les journalistes d'être à la solde de la France (pour les médias francophones) ou des Emirats (pour les médias arabophones). Les injures ont atteint un tel point que le syndicat national des journalistes a émis la consigne aux médias de boycotter les activités du parti islamiste radical.
Plutôt que de se remettre en question et de chercher à comprendre les raisons d'une telle décision extrême, les élus d'Al Karama ont redoublé d'injures et de provocations. Ils n'injurient plus et ne salissent plus l'honneur des journalistes sur les réseaux sociaux, c'est désormais dans l'enceinte même du parlement, en plénière, qu'ils les agressent verbalement. Ces attaques régulières de la presse ont poussé RSF à déclasser la Tunisie dans l'indice de liberté de la presse en avril dernier en mentionnant clairement les agressions de Seïf Eddine Makhlouf à l'encontre des médias.
Ce déclassement n'a pas fait reculer le député, pour autant, c'est même tout le contraire puisqu'il a détourné le classement en sa faveur, en répétant à son public que le classement reflète le niveau des journalistes tunisiens en baisse.

Outre les journalistes et les syndicalistes, les députés islamistes d'Al Karama agissent aussi agressivement avec leurs opposants.
Celle qui a le plus subi les agressions verbales de ces députés, notamment Seïf Eddine Makhlouf et Zied El Hachemi, c'est indéniablement Abir Moussi, présidente du PDL. On ne compte plus le nombre de vidéos qu'elle a enregistrées immortalisant les injures et les intimidations des islamistes radicaux.
Elle est tout le temps moquée et surnommée exclusivement par le sobriquet « zaghrata » en rappel à ses youyous du temps de Ben Ali.
Le 30 juin dernier, on atteint le summum, les députés islamistes ne se suffisent plus de l'injure, ils passent à l'agression physique. Abir Moussi est ainsi giflée par le député Sahbi Smara (ex Karama) avant de recevoir un coup de pied violent de Seïf Eddine Makhlouf.
La présidence du parlement, complice de toujours des députés d'Al Karama, s'est contentée d'un communiqué d'une légèreté inouïe.
Autre députée régulièrement agressée par les islamistes radicaux, l'élue d'Attayar Samia Abbou, en permanence qualifiée, du sobriquet « Ayata », parce qu'elle crie toujours d'après eux.
Elle a également subi les agressions physiques des élus d'Al Karama, en décembre dernier, avec ses camarades Anouar Berrached et Amal Saïdi, ce qui les a poussés à observer un sit-in puis une grève de la faim de plusieurs jours pour pousser la présidence du parlement à réagir.
Réaction des membres d'Al Karama, aucune empathie, aucun retour en arrière. Tout au long de la grève de la faim, ils se sont amusés à moquer les élus d'Attayar et à la tourner en dérision sur les réseaux sociaux. Quant à Anouar Berrached, blessé au visage, il a eu droit au sobriquet « le mkhabech ».

Non satisfaits de collectionner autant d'adversaires sur la scène politico-médiatico-syndicaliste, les islamistes radicaux s'en sont pris à Kaïs Saïed coupable, à leurs yeux, d'être hostile à Ennahdha et proche de leurs adversaires d'Attayar et d'Echaâb.
Après les syndicalistes, les journalistes et les ONG, c'est au tour du président de la République de subir les affres des députés d'Al Karama et de leurs inféodés.
Sur les réseaux sociaux, le président est moqué et injurié quotidiennement. Dans les plénières au parlement, on ne compte plus le nombre d'interventions durant lesquelles les députés islamistes dénigrent et provoquent le président de la République.
La palme d'or revient cependant à Rached Khiari qui accuse carrément Kaïs Saïed de haute trahison. A l'entendre, le président de la République et sa cheffe de cabinet seraient au service de la France. Il lui colle le sobriquet « Bawwes laktef » parce qu'il a embrassé les épaules d'Emmanuel Macron. Il ne se passait plus un jour sans que Rached Khiari ne diffuse un post Facebook ou une vidéo dans laquelle il dénigre et injurie le président. Quant à ses accusations, il a beau dire détenir des preuves, il ne les a jamais présentées.

Ces agressions à répétition ont fait que les députés d'Al Karama soient rejetés par un large pan de la société. Les sondages les montrent régulièrement en net recul. Peu importe, Seïf Eddine Makhlouf and co tournent en dérision les instituts de sondage en remettant en doute leur crédibilité. Les réactions hostiles sur leurs pages des réseaux sociaux ? Les commentaires sont systématiquement effacés et leurs auteurs bloqués. Depuis le 25 juillet, on les bloque carrément puisque les élus d'Al Karama ne supportent aucune contradiction de leurs propos. Pour justifier ce nombre important de commentaires hostiles, les députés islamistes prétendent que ce sont des robots ou bien des personnes payées par l'Egypte et les Emirats pour les dénigrer.
Il y a beau avoir une quasi-unanimité contre eux, ils restent (à ce jour) dans le déni. Ils estiment être dans leur droit et qu'ils sont intègres et irréprochables. Si tout le monde s'en prend à eux, c'est parce qu'ils ont osé s'attaquer à la France et à des dossiers sensibles tabous.
Depuis le 25 juillet, pourtant, force est de constater que la forte violence, les provocations, les injures et l'agressivité qui caractérisait leurs réseaux, a laissé place à des publications plus modérées, voire pas de publication du tout.
Avant le 25 juillet, ils se vantaient d'être les plus virils, les plus courageux, les plus déterminés. Après le 25 juillet, Rached Khiari a disparu de la circulation fuyant la police qui le recherche. Il n'ose même plus publier un post Facebook de peur qu'on remonte à sa cachette à partir de son adresse IP.
Abdellatif Aloui et Mohamed Affes pleurnichent et dénoncent la bêtise du peuple qui s'est laissé manipuler par Kaïs Saïed. Quant à Seïf Eddine Makhlouf, il se contente de poster des sourates de coran ou de relayer les quelques très rares posts Facebook de soutien.
Rejetés, méprisés, humiliés, les quatre élus d'Al Karama se trouvent aujourd'hui dans la délicate position de fugitifs. Ils sont cachés quelque part dans la nature craignant d'être attrapés à tout moment. Seïf Eddine Makhlouf et Maher Zid attendent, quant à eux, d'être inscrits dans les registres des personnes recherchées pour fuir, à leur tour, la justice.
Ils agissent, un peu, comme leurs « ancêtres » islamistes et leurs amis du CPR des années 1990 quand ils ont fui la justice pour se réfugier en France et au Royaume-Uni.
Les fugitifs d'Al Karama ne peuvent même pas partir à l'étranger comme l'ont fait les islamistes d'Ennahdha, jadis, puisqu'ils sont fichés, à leur tour, S17.
Cet état d'avilissement est la conséquence logique et naturelle de toute personnalité qui se croyait, à un moment, toute puissante et qui utilise sa force pour s'en prendre à autrui. C'est aussi la confirmation de la citation d'Abraham Lincoln : « On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. ». Alors qu'ils avaient près de 6% aux dernières élections, les fugitifs d'Al Karama pèsent à peine 1% aujourd'hui, d'après les derniers sondages d'opinion. Est-ce suffisant pour qu'ils se remettent en question et modèrent leurs propos ? La réponse est négative et, de toute façon, c'est déjà trop tard, ils doivent passer par la case prison pour l'ensemble de leur œuvre.


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