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Qui sont les bourreaux et qui sont les victimes ?
Publié dans Business News le 23 - 08 - 2022

A trop s'intéresser à la politique, on oublie souvent de parler de l'essentiel. Et si la politique, elle, omet ce qui est important, nous ne devons pas la suivre pour autant.

Dans quelques semaines – jours pour certains – les enfants reprendront les bancs de l'école. Crèche, maternelle, école primaire, collègue, lycée, université…tous sont confrontés aux mêmes problèmes. Comment survivre dans un environnement qui leur est souvent étranger – parfois – hostile. Dans d'autres cas encore, dangereux. Un environnement dans lequel le droit à la différence et à la vulnérabilité est souvent piétiné et dénigré.
Cet espace destiné à les accueillir, les former, les éduquer et à en faire les adultes de demain peut, parfois, se transformer en un véritable cauchemar pour certains d'entre eux. De la méchanceté gratuite et beaucoup d'ignorance sont derrière.

Le harcèlement scolaire ou sexuel, la pression des pairs et celles, de toutes sortes, subies à l'école sont un mal dont on ne parle pas. Du moins, pas assez.
En France, l'un de ses porte-voix, Jonathan Destin, est décédé il y a quelques jours. Celui qui avait écrit un livre autobiographique pour aider à délier les langues autour du harcèlement qu'il avait subi à l'école est décédé le 20 août à l'âge de 27 ans ? En 2011, âgé à peine de 16 ans, Jonathan avait essayé de mettre fin à son calvaire de vie en s'immolant par le feu. Brûlé à 72%, il a survécu et décidé de faire entendre sa voix. « Condamné à me tuer » est le titre du livre qu'il écrivit en 2013 afin d'apporter sa pierre à l'édifice. « Plus on fait de la sensibilisation, plus il y a de témoignages, plus on va permettre de mettre fin au harcèlement », avait expliqué Jonathan Destin aux médias français.

Des symboles de ce genre manquent chez nous. Non qu'ils n'existent pas, mais car on n'en parle pas. Il y a quelques années, la version française du mouvement Me Too, Ena Zeda, avait permis à de nombreuses victimes d'abus sexuels de témoigner. Elle le permet encore aujourd'hui. Grâce à cette petite bulle sur internet, les témoignages se sont faits nombreux, édifiants, durs et, souvent, libérateurs. Le mouvement avait permis la condamnation de l'ancien député Zouheir Makhlouf pour harcèlement mais aussi de dénoncer de nombreux agresseurs. En matière de harcèlement scolaire, le chemin reste, lui, plus tortueux.

Comme pour les victimes mineures d'abus sexuels, le rôle de la famille reste important à jouer. Au travers des témoignages lus sur la toile, certaines victimes avaient expliqué la difficulté d'obtenir un soutien de la part de leurs familles après leur agression. Le fait d'être cru, pris au sérieux et ensuite soutenu et protégé afin d'avoir le courage nécessaire d'entamer une démarche judiciaire, reste l'une des étapes les plus importantes du processus.

Dans une époque où les Tunisiens expriment de plus en plus d'agressivité les uns envers les autres, dans la rue, dans les transports, dans la queue des boulangeries et même dans les mêmes espaces de travail, ce n'est pas nécessairement mieux du côté de nos enfants.

Nous portons chacun en nous une différence par rapport aux autres. Notre couleur de peau, notre condition physique, nos handicaps, nos maladies mentales, notre accent, notre orientation sexuelle, notre manière de nous vêtir, nos origines, nos croyances, religions et orientations politiques, notre statut social ou même nos idées. Nous sommes tous d'éventuelles victimes…mais aussi de probables futurs bourreaux. Si la prévention commence par la famille, il ne faut pas oublier de préparer nos enfants aux deux éventualités. Savoir identifier un enfant qui se fait maltraiter, abuser, moquer par ses pairs peut être difficile. Savoir reconnaitre que son propre enfant est le bourreau d'un autre peut s'avérer encore plus dur. Il s'agit d'un travail de confiance que les parents doivent faire avec leurs enfants dès leur plus jeune âge. Leur apprendre la différence, la tolérance et le respect de l'autre est indispensable mais non suffisant. Il est aussi primordial de leur expliquer que l'autre n'est pas un ennemi et qu'il a autant le droit que nous de vivre comme il le souhaite.
Il est aussi vital de leur enseigner la notion de confiance et de leur permettre de s'exprimer dans un environnement sécurisé qui ne les martyrisera pas, ne remettra pas en doute leurs craintes et leurs peurs et qui donnera du crédit à leurs confidences le jour où ils viendront nous en faire.

L'on ne se rend pas compte de la fragilité dans laquelle évoluent les générations futures. De leurs craintes, problèmes et difficultés qui peuvent être différentes des nôtres, mais aussi des barrières floutées et de la surexposition aux réseaux qui peuvent être plus déroutantes que ce que l'on pense.

Si cette sensibilisation commence sans aucun doute par les parents, qui ont un important rôle à jouer, elle ne doit évidemment pas s'arrêter au foyer. L'école et l'Etat ont autant de rôle à jouer afin d'éviter à ce mal de rester silencieux. Harcèlement scolaire, agressions sexuelles, décrochage, dépression, migration clandestine…les maux qui touchent les enfants et les plus jeunes se multiplient sans que des solutions à l'échelle du pays ne suivent ou ne semblent vouloir être trouvées…


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