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Apporter des solutions à l'Afrique et l'humanité, disait-il…
Publié dans Business News le 29 - 08 - 2022

S'il y avait un concours mondial de la mégalomanie, Kaïs Saïed l'emporterait haut la main.
On dirait que le bonhomme se croit mu par une mission divine. Jeudi dernier, en recevant son ministre des Affaires étrangères, le président a « donné ses instructions afin de trouver des solutions à plusieurs problématiques à l'échelle de l'Afrique et du monde entier (…) soulignant l'approche tunisienne pour la résolution des problèmes de l'Afrique et de « l'humanité » en général. »
La même idée est reproduite trois jours plus tard, lors du sommet de la Ticad. Devant ses pairs africains, Kaïs Saïed les invite à regarder le monde à partir de son approche !
Notre président n'a pas été capable de trouver des solutions à un minuscule problème de levée d'ordures à Sfax, un problème qui traîne depuis le mois de novembre. En pleine pénurie de sucre, de café, de riz et de carburant, avec une inflation galopante et une crise économique aigüe, Kaïs Saïed déclare, devant les sommités africaines et nippones, être capable de solutionner les problèmes d'Afrique et de l'humanité. C'est juste une question d'approche, conclut-il.
Non, monsieur le président, c'est juste une question de mégalomanie. Je vous invite à vous documenter sur le principe de Dunning-Kruger, selon lequel les incompétents se croient compétents, c'est-à-dire surestiment leurs capacités et leurs performances. Quand ils croient détenir la science infuse, ils sont, en fait, au summum de la bêtise. Et plus ils avancent dans le savoir, moins ils sont sûrs d'eux. « L'ignorance engendre la confiance en soi plus fréquemment que ne le fait la connaissance », a déjà dit Charles Darwin.
Kaïs Saïed ne connait rien au management, il est ignorant en nouvelles technologies et même en réseaux sociaux, on ne lui connait pas d'amis, il n'a pas de connaissances diplomatiques et géostratégiques, Kaïs Saïed ne sait que pérorer.
Le problème principal de Kaïs Saïed est qu'il n'avait quasiment jamais voyagé de sa vie. Il n'a donc pas vu comment vivent les autres peuples et quelles sont leurs expériences. Il aurait voyagé, il aurait compris que les livres et les auteurs qu'il cite régulièrement sont anachroniques. Que leurs théories sont éculées. Que l'humanité a déjà essayé leurs méthodes pour aboutir à des échecs.
En donnant des leçons à ses pairs africains et nippons, Kaïs Saïed n'a fait étaler que son ignorance du monde, de l'Histoire et de l'humanité.

Alors qu'il propose de résoudre les problèmes du monde, sans avoir résolu ceux de son pays, Kaïs Saïed a créé vendredi dernier un nouveau problème. Un problème inédit carrément. Comme si on n'en avait pas assez déjà.
Il est allé lui-même recevoir à l'aéroport, avec les honneurs dus à un chef d'Etat, Brahim Ghali, le militant indépendantiste sahraoui, fondateur du Front Polisario.
Colère immédiate du Maroc qui rappelle son ambassadeur. Le ministère tunisien des Affaires étrangères répond, laconiquement avec des approximations et rappelle à son tour notre ambassadeur.
Jamais, au grand jamais, il n'y a eu une telle tension entre la Tunisie et le Maroc.
Le territoire du Sahara occidental est considéré comme un territoire national pour les Marocains, depuis le départ du colon espagnol et la Marche verte de Hassen II du 6 novembre 1975. L'Algérie considère les choses autrement. Pour elle, tout comme pour une partie des Sahraouis, ce territoire est indépendant et ne saurait être marocain.
Quand les uns parlent d'indépendance, les autres parlent de séparatisme.
En Tunisie, on a toujours évité de parler du sujet du Sahara occidental. Et la prudence exige que je l'évite à mon tour, dans la droite ligne de la conduite de Habib Bourguiba, Zine El Abidine Ben Ali et Béji Caïd Essebsi. La diplomatie tunisienne a toujours su ménager les Algériens et les Marocains, en adoptant cette prudente politique de neutralité.
Kaïs Saïed a balayé d'un revers cette tradition et s'est permis, de son propre chef, sans consulter personne, de recevoir le représentant du Polisario. Ce geste est un vrai cadeau offert à son ami Abdelmajid Tebboune président de l'Algérie. Est-ce une bêtise, est-ce une erreur diplomatique ou est-ce un calcul tactique de la part de Kaïs Saïed ? L'avenir le dira.

Sur le principe, la Tunisie est souveraine et c'est son droit absolu de recevoir qui elle veut sur son sol.
Le président de la République est souverain chez lui et personne n'a le droit de lui dicter quand il doit aller à l'aéroport et qui il doit recevoir.
De même, le Maroc est souverain et c'est son droit absolu de nouer des relations avec qui il veut. Ainsi, la Tunisie n'a émis aucune réserve et n'a pas rappelé son ambassadeur, quand le Maroc a noué des relations diplomatiques et amicales avec Israël, un pays ennemi qui a bombardé la Tunisie en 1985. On aurait pu, mais on ne l'a pas fait.
Que le Maroc se fâche que Kaïs Saïed reçoive Brahim Ghali à l'aéroport et qu'il considère le geste de la Tunisie comme inamical, cela peut se comprendre. Sauf que la réaction du Maroc est franchement disproportionnée. Cela a même dépassé le monde politique pour toucher celui sportif.
La Tunisie a toujours respecté la souveraineté du Maroc (et pas que), le Maroc se doit en retour de respecter celle de la Tunisie.
Pourquoi cette attitude disproportionnée ? Sans entrer dans les détails, il est bon de rappeler que les relations entre la Tunisie et l'Algérie sont au beau fixe. Comme souvent.
Il est également bon de rappeler que les relations entre l'Algérie et le Maroc sont exécrables. Comme souvent.
Il est enfin bon de rappeler que l'ancien président Moncef Marzouki est le chouchou du roi Mohammed VI et un des pires ennemis de Kaïs Saïed qui l'a récemment fait condamner à quatre ans de prison ferme.
Ces pistes de lecture suffisent pour comprendre la disproportionnalité entre l'attitude de Kaïs Saïed et la réaction du Maroc.

Au-delà de l'attitude de Kaïs Saïed et de la réaction marocaine, cet incident relève au grand jour deux choses.
Kaïs Saïed est incapable de résoudre des problèmes, comme il prétend. Au contraire, il en crée. On l'a déjà vu à l'œuvre, à maintes reprises, sur le plan national, le voilà maintenant qu'il agit sur le plan international.
Le Maghreb arabe, et la nation arabe tout court, sont une utopie. Il n'en est rien réellement. C'est un discours unioniste qu'on sert aux peuples depuis l'époque des colonisations, mais les Arabes sont loin d'être une nation, ni même les Maghrébins. « Les Etats n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts ».
Le Maroc est allé chercher ses intérêts chez son nouvel ami israélien, grand bien lui fasse.
Kaïs Saïed devrait faire pareil et aller chercher ses intérêts là où ils se trouvent. Chaque action, chaque geste, chaque politique doit répondre systématiquement à cette question : « est-ce utile aux intérêts de la Tunisie ? ».
Partant, nous sommes en droit de nous poser cette question : quelle est l'utilité de recevoir Brahim Ghali au pied de l'avion ? On n'en voit aucune !


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