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Kaïs Saïed, ses humiliations vont finir par l'isoler totalement
Publié dans Business News le 15 - 03 - 2024

Après s'en être pris à ses opposants, Kaïs Saïed s'en prend maintenant à ses soutiens. Il a limogé quatre hauts cadres de l'Etat cette semaine et s'isole de plus en plus. Sur le plan international, cela ne va pas mieux, ses très rares soutiens européens ont été épinglés par les députés de Bruxelles.

Le président tunisien est de plus en plus seul et il ne peut en vouloir qu'à lui-même. Mardi 12 mars, il a limogé les ministres des Affaires culturelles et du Transport. Mercredi 13 mars, il a limogé les gouverneurs de Mahdia et de Monastir. Les quatre hauts cadres de l'Etat font partie de ses grands soutiens, voire des plus fervents comme c'est le cas de la ministre de la Culture et du gouverneur de Monastir. Ne s'arrêtant pas au limogeage sans explication, Kaïs Saïed a pris malin plaisir en humiliant les gouverneurs et en leur donnant des leçons publiquement, sans les nommer toutefois.
Ce n'est pas une première, loin de là. Kaïs Saïed adore agir en « chef tout puissant », comme si l'autorité se résume, à ses yeux, à humilier les subordonnés.
Le chef de l'Etat semble ignorer que cette stratégie archaïque et moyenâgeuse a montré ses limites et ses dangers depuis des décennies, peut-être des siècles.

Dès sa prise totale de l'ensemble des pouvoirs, au lendemain du 25 juillet 2021, Kaïs Saïed s'est mis à dos une partie du peuple, fervent de démocratie et de l'opposition. En jetant, tour à tour, ses adversaires politiques en prison et en les persécutant, à force d'interdictions de voyage et d'assignations à domicile, il a montré qu'il entendait gouverner seul avec ceux qui lui ont fait preuve de loyauté et de soumission.
Il croit sincèrement qu'il a l'appui du peuple, mais ce dernier l'a superbement désavoué au cours des différentes élections qu'il a organisées. Les taux de participation ont été toujours incroyablement bas, battant des records historiques. La grogne gagne du terrain à cause de l'inflation à deux chiffres, de la croissance du taux de chômage et des pénuries de plusieurs denrées alimentaires.
Malgré tous ces éléments factuels, Kaïs Saïed continuait à gouverner tranquillement grâce à l'indéniable soutien de l'armée et de ceux à qui il a offert des postes de gouverneurs et de ministres.
Cette position risque d'être fragilisée cependant, car ces soutiens ne sont pas infaillibles éternellement.
Il y a comme une relation de confiance entre le supérieur et le subordonné et cette relation de confiance ne saurait exister s'il n'y a pas de respect de part et d'autre.
À ce jour, Business News décompte pas moins de 74 limogeages effectués par Kaïs Saïed, en majorité humiliants. Certains, ou plusieurs, ont appris leur limogeage par voie de presse.
Certains, comme l'ancienne cheffe du gouvernement Najla Bouden ou l'ancienne cheffe de cabinet Nadia Akacha, se sont pliées en quatre pour exécuter ses ordres et appliquer sa politique.
Si la première a été froidement limogée sans ménagement, la seconde s'est retrouvée poursuivie dans plusieurs affaires judiciaires infâmantes, risquant carrément la peine capitale, ce qui l'a poussée à aller se réfugier à l'étranger.
Certes, plusieurs de ces hauts cadres de l'Etat méritent le limogeage, tant ils sont incompétents, mais il est toujours bon de rappeler que le péché originel revient à Kaïs Saïed puisque c'est lui-même qui les a nommés sur les seules bases de la loyauté et de la soumission.
Naturellement, quand on n'a que ces deux « qualités » dans son CV, auxquelles on ajoute l'opportunisme, on ne peut briller par la suite par une quelconque compétence et efficacité. Kaïs Saïed l'apprendra à ses dépens au vu des résultats désastreux des différents départements.
Plutôt que de faire une autocritique et de réviser sa politique de recrutement, Kaïs Saïed fait de telle sorte de rejeter la faute sur ses ministres et ses gouverneurs. En les limogeant froidement et en les humiliant publiquement, il dit au peuple : « ce n'est pas de ma faute, c'est de la leur, ils sont incompétents ».

Le revers de la médaille de cette politique est que plus personne ne va vouloir travailler avec lui et de rompre la confiance avec ceux qui travaillent déjà.
Comment travailler avec quelqu'un qui traite ainsi ses subordonnés les plus loyaux et les plus soumis ?
Déjà, de prime abord, les personnes vraiment calées dans leur domaine refusent d'exercer et de faire profiter de leurs compétences un régime putschiste et une dictature naissante. Ne restent que les opportunistes et les médiocres. En humiliant ces derniers, Kaïs Saïed s'isole encore davantage dans son palais de Carthage.

D'un autre côté, sur le plan international, Kaïs Saïed était déjà isolé. La Tunisie n'a plus son aura postrévolutionnaire, d'où sont parties les révolutions arabes et qui a entamé son chemin vers la vraie démocratie. Tous les partenaires traditionnels du pays ont levé le pied et cela va de la France à la Libye en passant par le Maroc qui n'a toujours pas d'ambassadeur à Tunis (ni à Rabat d'ailleurs).
Si l'on exclut les régimes autoritaires algérien et égyptien, Kaïs Saïed n'est soutenu que par l'Italie de Giorgia Meloni qui a poussé Ursula von der Leyen à aider le président tunisien afin de contrer l'émigration clandestine vers l'Europe. Une aide qui a coûté cher aux deux dames, épinglées cette semaine par un nombre de députés qui accusent la commission européenne de financer les dictatures.
En résumé, Kaïs Saïed est isolé sur le plan international et en difficulté sur le plan national. Le peuple a boycotté ses élections et l'opposition est jetée en prison. Il ne lui restait que ses serviteurs opportunistes, mais il est en train de perdre ces derniers puisqu'il est en train d'humilier les plus zélés d'entre eux.


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