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Siame embourbée, ses commissaires aux comptes ne veulent pas se mouiller
Publié dans Business News le 17 - 09 - 2025

Florissante mais sous haute surveillance, la Siame cumule les signaux d'alerte.
Après la mise sous contrôle judiciaire en juin dernier, la double démission des commissaires aux comptes plonge la société et ses actionnaires dans un flou inquiétant.

Le 5 septembre 2025, le Conseil du marché financier (CMF) publiait un appel solennel à la prudence.
Le régulateur exhortait les investisseurs à s'informer avant tout placement, à exiger des accès sécurisés et à vérifier chaque document contractuel.
« Aucun rendement important ne peut être obtenu sans un niveau de risque proportionnel », rappelait-il, en martelant la nécessité de vigilance et de transparence.
Mais derrière ce discours policé sur papier, le gendarme de la bourse se garde bien d'imposer la moindre obligation concrète sur terrain.
Lundi dernier, on apprend que la Société industrielle d'appareillage et de matériels électriques (Siame), cotée en Bourse, a attendu plus d'un mois et demi avant de signaler la démission de ses deux commissaires aux comptes.
Et le CMF, pourtant garant de l'intégrité du marché, n'a rien dit. Un silence assourdissant, qui met en évidence l'écart entre les déclarations vertueuses du régulateur et son incapacité à protéger les petits porteurs.

Une société florissante, rattrapée par la justice
Longtemps présentée comme un fleuron de l'électrique, la Siame affichait des indicateurs d'activité solides au premier semestre. Cette vitalité commerciale n'a toutefois pas suffi à masquer les signaux rouges de gouvernance relevés ces derniers mois : fuite de l'actionnaire de référence Hédi Ben Ayed dans le sillage de l'affaire TSI, opérations intra-groupe opaques, et surtout endettement bancaire anormalement élevé avec des chiffres contradictoires au 31 décembre 2024 entre la version de la direction et celle du commissaire aux comptes (lire notre article à ce sujet).
C'est ce contexte de risques juridiques et financiers qui a conduit le 16 juin 2025 le Tribunal de première instance de Tunis à placer la Siame sous contrôle judiciaire. Information rendue publique trois semaines après la décision, soit dit en passant. Objectif : verrouiller la chaîne de décision et sécuriser les flux. Trois mandataires ont été désignés par le Tribunal de première instance de Tunis : Nour El Houda Abbassi, Mondher Hamdi et Bilel Errahmouni. Ils ont des pouvoirs étendus : tenue d'un registre contrôlé par le juge, co-signature obligatoire des trois mandataires pour tout acte engageant la société, convocation et supervision des conseils et AG, transmission systématique des ordres du jour et PV au tribunal, aucune décision n'étant exécutoire sans approbation judiciaire.

Des indicateurs au vert jusqu'au séisme
Avant ce tremblement de terre judiciaire, la SIAME affichait pourtant des résultats semestriels solides. Au 30 juin 2025, son chiffre d'affaires atteignait 22,64 millions de dinars, en hausse de +2,3 % par rapport à la même période de 2024.
Les ventes sur le marché local ont bondi de +11,4 %, dopées par un spectaculaire +77,8 % des ventes à la STEG.
Seul bémol : une baisse de 10,7 % des exportations, due à un retard de livraison vers l'Irak, déjà reprogrammée pour août et septembre.
La société a aussi réduit son endettement bancaire de -17 %, ramenant ses engagements de 25,65 millions de dinars fin 2024 à 21,31 millions au 30 juin 2025.
Une performance remarquable, fruit d'une trésorerie maîtrisée et d'un suivi rigoureux des stocks.
Sur le papier, tout laissait donc présager une année florissante.

Démission en chaîne des commissaires aux comptes
Le 29 juillet, coup de théâtre : la société Finor, représentée par Fayçal Derbel, démissionne avant même de démarrer sa mission.
Le 27 août, le cabinet Zahaf & Associés suit le même chemin, invoquant un prétendu lien de parenté au 4ᵉ degré entre l'épouse de Mahmoud Zahaf et un membre du conseil d'administration.
Un prétexte juridiquement fragile : un tel lien n'empêche nullement l'exercice de la mission et aurait pu être identifié dès la nomination en mai. Pourquoi M. Zahaf a-t-il mis près de trois mois et demi pour se rendre compte d'un lointain lien de parenté ?
La double démission bloque la publication des états financiers intermédiaires et oblige la convocation d'une nouvelle assemblée générale pour désigner deux nouveaux commissaires.
Derrière ces prétextes, une réalité plus probable : MM. Zahaf et Derbel ne veulent pas assumer la certification des comptes d'une société désormais sous contrôle judiciaire, où l'actionnaire de référence, Hédi Ben Ayed, est en fuite et impliqué dans le scandale TSI. Ils sont là quand tout va bien, mais il suffit d'un orage pour qu'ils prennent la poudre d'escampette.
Cette frilosité s'explique aussi par le passif laissé par l'ancien commissaire aux comptes, déjà au centre des interrogations. Khaled Mnif (cabinet international BDO) de son nom avait audité la Siame pendant plusieurs années et a vu son nom apparaître dans les enquêtes liées à TSI, le plaçant parmi les vingt prévenus dans les investigations judiciaires. Il était à la fois le CAC de TSI et de la Siame.
La concomitance de ses missions d'audit pour TSI et pour la Siame, couplée aux réserves sur les engagements bancaires et les opérations intra-groupe, a soulevé de sérieuses suspicions de proximité avec Hédi Ben Ayed, accentuant la méfiance des nouveaux cabinets appelés à prendre le relais.

La confiance suspendue
L'affaire Siame illustre jusqu'à la caricature les failles du contrôle boursier tunisien.
Une société florissante mais embourbée dans des scandales judiciaires, un actionnaire en fuite, des commissaires aux comptes qui quittent le navire, et un régulateur qui se contente de prêcher la vigilance.
Au-delà du cas Siame, c'est la crédibilité de l'ensemble du marché qui se joue.
Une société cotée peut afficher des performances éclatantes tout en dissimulant des risques majeurs, sans que le régulateur n'impose une information complète et immédiate.
La Bourse de Tunis, déjà fragilisée par une liquidité atone, ne peut se permettre un tel déficit de confiance.
À défaut d'une clarification rapide, le doute risque de s'installer durablement, décourageant de nouveaux investisseurs et accentuant la défiance envers des institutions censées protéger l'épargne publique.


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