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Nos députés face au culte du secret
Publié dans Business News le 17 - 11 - 2008

Un député est un élu du peuple. Au parlement, il est censé représenter les citoyens quels qu'ils soient : pauvres, riches, hommes d'affaires ou simples fonctionnaires. Il est censé faire part de nos doléances aux ministres et représentants du gouvernement. Le député est payé pour cela. Grassement, je ne pense pas (je ne connais pas de député roulant sur l'or, grâce uniquement à sa fonction), mais il est suffisamment payé pour que son travail se fasse correctement. Le fait-il correctement ? Je suis dans l'incapacité de répondre !
Un député est censé représenter le citoyen. Combien de citoyens connaissent le député qui les représente au Parlement ? En théorie, nul n'est censé "ignorer" le député qui le représente. En pratique, il me semble qu'il en est autrement. Et si nos députés ne sont pas connus, c'est à cause des journalistes. Forcément ! On ne médiatise pas suffisamment leurs activités. Pourtant, des activités ils en ont les députés.
Le marathon budgétaire est lancé et c'est parti jusqu'à fin décembre. Et jusqu'à fin décembre, il est à la portée de tout un chacun de constater au Bardo le nombre extraordinaire de députés qui veillent tard le soir (parfois des nuits blanches) pour accomplir leur mission, négocier telle ligne, discuter telle loi et contrer tel ministre ou haut cadre de l'administration. Ces discussions, ces négociations, ces critiques se déroulent dans ce qu'on appelle commissions (lijènes). Tout se déroule dans ces lijènes. Toutes les lois se finalisent dans ces lijènes. Tout ce qui organisera notre vie future se décide dans ces lijènes. Les ministres proposent et les lijènes disposent. Ou ne disposent pas. C'est selon. Et le citoyen dont je parlais plus haut ne connait rien de ces lijènes puisque leur accès lui est interdit. Tout comme aux journalistes.
C'est que, contrairement à ce qui se pratique dans la majorité des pays développés, les réunions de ces lijènes (parfois chaudes, semble-t-il) se déroulent à huis clos, dans le secret le plus total. Rien ne filtre. Et ce qui filtre est appelé (dans notre jargon) une fuite. Une fuite est généralement destinée à mesurer la portée et l'impact d'une mesure. Si l'impact est positif, la mesure devient information et peut être médiatisée. Si l'impact est négatif, la mesure devient rumeur infondée. Et pourquoi est-elle infondée ? Parce qu'elle a filtré de l'une des lijènes, ce qui est impossible, puisque les réunions des lijènes sont tenues secrètes. Et pourquoi nos lijènes sont-elles secrètes, contrairement à celles d'autres parlements ? Mystère et boule de gomme ! C'est la loi et aucune commission n'a décidé de la changer, cette loi !
Vous l'avez compris, tout se joue dans ces commissions. A quoi servent alors le débat en séance plénière et le vote dans l'hémicycle ?
Les sujets abordés dans les débats sont ce qu'il y a de plus intéressant et, pour un journaliste, c'est une source intarissable d'informations. Idem pour les autres membres des commissions qui seront informés, là, des résultats de leurs collègues des autres commissions. Il convient également de rendre justice au service de presse de la Chambre des Députés, très actif, qui abat un travail draconien et constructif, dont les fruits sont visibles dans la presse tunisienne. Sauf que voilà, les temps impartis aux débats sont très courts, ce qui limite les interventions des députés (et les frustre parfois).
Lors du vote, et vu le grand nombre de lois budgétaires qui passent, tout est donc déjà joué ou presque quand on arrive à ce stade. Ce n'est pas spécifique à la Tunisie, c'est partout ainsi. D'où, d'ailleurs, la rapidité des votes.
D'évidence, la présence des médias dans ces commissions va permettre aux députés d'entendre d'autres sons de cloche que ceux de l'administration ou des citoyens dépendant de leur "circonscription". En relayant les propositions de loi et les discussions au public, il y a un débat qui se crée, des arguments qui naissent.
Un exemple étaie cela : des députés ont proposé au ministre des Finances de réduire le prix du carburant de 50 millimes. Ce à quoi le ministre a répondu : cela nous coûtera 185 millions de dinars de dépenses supplémentaires. Fin de la discussion (du moins, d'après les échos qui ont filtré). Un homme d'affaires rejette l'argument et rappelle qu'un prix fort du carburant handicape l'entreprise et la rend moins compétitive tant sur le plan international que national (par rapport aux produits importés). En clair, les dépenses supplémentaires de l'Etat (les 185 millions en question) risquent de coûter encore plus cher en termes de croissance et de développement économique.
Vous le constatez, il a suffi qu'un seul et unique élément de ces commissions filtre pour qu'un semblant de débat naisse. Imaginez si on en fait autant sur moult autres sujets dès lors que la presse est associée aux … lijènes !
Le culte du secret (dont nos députés n'en sont nullement responsables d'ailleurs) a fort probablement des avantages, mais il a certainement des inconvénients. Plein !


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