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La Tunisienne, entre la Constitution et la Chariâ
Publié dans Business News le 08 - 03 - 2010

Nous sommes le 8 mars, c'est la Journée mondiale de la femme. De toutes les femmes, y compris les Tunisiennes.
A l'heure où ces lignes sont rédigées, je n'ai pas connaissance des titres des journaux de ce lundi 8 mars. Parions que leur majorité a mis en exergue les acquis de la femme en Tunisie, le Code du Statut Personnel, la liberté de la Tunisienne et tout le tralala habituel. A lire les confrères, nos femmes devraient sauter de joie.
Depuis des années, on s'est mis d'accord (je ne sais pas comment d'ailleurs) pour dire que les Tunisiennes ont tous les droits, sont les mieux loties et sont des plus choyées. En résumé, elles ont ce qu'il faut comme lois et il ne faudrait plus rien leur ajouter. Est-ce si sûr ?
Connaissez-vous la Constitution de la Tunisie ? De temps à autre, il m'arrive d'y jeter un coup d'œil. Pour ce jour de fête, je me suis arrêté à l'article 6 de cette Constitution "oubliée". Et si je me suis arrêté sur cet article, c'est parce que j'ai eu un peu de mal à saisir sa signification en le comparant aux lois et pratiques de cette même Tunisie.
Selon l'article 6 de la Constitution de la République Tunisienne, « Tous les citoyens ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi. »
Peut-on VRAIMENT dire que TOUS les citoyens ont les MEMES droits ? En 2010, 53 ans après la promulgation de la Constitution, je me permets, en ce 8 mars, de mettre un doute quant à l'application réelle de ce texte.
Prenons un exemple, celui d'Omar. Omar est un jeune tunisien lambda qui a eu un coup de foudre pour Elisabeth, une jeune française lambda. Ils décident de se marier, ils en parlent à leurs parents respectifs, passent devant monsieur le maire qui leur tend ensuite leur certificat de mariage. Ils eurent ensuite des enfants et vécurent toute leur vie dans le bonheur total.
Prenons maintenant l'exemple de Zohra. Zohra est une jeune tunisienne lambda qui a eu un coup de foudre pour Patrick, un jeune français lambda. Ils décident de se marier, ils en parlent à leurs parents respectifs, passent devant monsieur le maire et… stop ! En dépit de notre Constitution, bien claire, monsieur le maire demande à Patrick s'il a le certificat attestant qu'il est musulman. Que vient faire la religion de Patrick dans un acte de mariage civil approuvé par deux tourtereaux majeurs et vaccinés, accompagnés, de surcroit, de leurs parents ? Non ! Selon monsieur le maire, Patrick se doit d'être porteur d'un certificat attestant qu'il est musulman, lequel certificat est délivré par un mufti qui doit d'abord vérifier que Patrick est pratiquant !
Question : pourquoi doit-on vérifier si le futur mari de Zohra est musulman-pratiquant, alors qu'on n'a pas vérifié si Elisabeth l'est aussi ou, pire, si Omar (le Tunisien) est pratiquant, voire même musulman ?
Si la Constitution établit que l'ensemble des citoyens tunisiens sont égaux, il y a là un étrange zèle de la part de monsieur le mufti et monsieur le maire dont les victimes sont les femmes qu'on fête aujourd'hui ! Un zèle d'autant plus inexplicable que c'est généralement la mère, bien davantage que le père, qui éduque et transmet la culture à ses enfants.
Prenons un autre exemple. Celle-ci s'appelle Aljia et son frère s'appelle Borni. Leur père est mort et leur laissa un lopin de terre. N'arrivant pas à trouver un terrain d'entente quant au partage de ce lopin de terre, ils passent devant monsieur le juge. Le juge décide d'octroyer à Borni le double de ce qu'il a accordé à Aljia. Pourquoi ? C'est la loi !
Question : depuis quand et par quelle logique un article de loi prime sur un article de la Constitution ? Si celle-ci établit que l'ensemble des citoyens tunisiens sont égaux, il y a là une étrange anomalie dans les lois de ce pays, dont les victimes sont les femmes qu'on fête aujourd'hui !
Plus sérieusement. C'est clair que certaines lois tunisiennes sont inspirées de la Chariâ à laquelle s'identifie la majorité des Tunisiens.
Il se trouve qu'une minorité de Tunisiens ne s'identifie pas à cette Chariâ (pour des raisons qui les regardent et ne regardent personne d'autre) et sont en droit de réclamer des lois justes et équitables, conformes à la Constitution.
On pourra toujours dire que les filles qui désirent se marier à un non-musulman peuvent le faire dans un autre pays. Mais la Tunisie est leur pays et ces filles ont le droit de se marier où bon leur semble avec qui bon leur semble.
On pourra toujours dire que les pères qui désirent partager équitablement leurs biens entre leurs enfants peuvent le faire avant leur mort. Mais ce serait injuste à l'égard de ceux qui ne l'ont pas fait par superstition ou par accident. Il s'avère que depuis la nuit des temps, les victimes de cette injustice, ne sont jamais les hommes, ce sont toujours les femmes qu'on fête aujourd'hui.
Je suis convaincu que cette interprétation machiste de la Chariâ est erronée. Dans leur esprit premier, le Coran et la sunna ont toujours prôné l'égalité et la justice. C'est indéniable. A l'époque du prophète, ce texte se voulait réformiste et avant-gardiste à l'avantage des femmes. Il est de notre devoir de remettre à l'ordre du jour cet esprit premier et subliminal du Coran et de la sunna pour lever toute injustice et interprétation fallacieuse qui sert les uns et dessert les autres.
Depuis le XIXème siècle, Kheiredinne Pacha, Ibn Abi Dhiaf, puis Tahar Haddad en 1930, prenaient position contre ces préjudices liés au statut des femmes, injustement attribués à l'islam. On appelle ça El Ijtihad et le bon sens dicte que la religion (islamique ou autre) ne peut que s'adapter en tout lieu et en tout temps, dès lors qu'on le veuille.
Nous avons bien réussi l'exercice en interdisant la polygamie, la répudiation, la violence à l'égard des femmes, la flagellation, la peine fixe (le fait de couper les mains aux voleurs). La société tunisienne ne s'en est que mieux portée.
En ce 8 mars, en cette journée où l'on fête la moitié de notre population, nos cinq millions de Tunisiennes nous doivent bien ça : lever les dernières injustices qui touchent exclusivement les femmes. Il s'agit de nos femmes, c'est-à-dire nos mères, nos filles, nos sœurs et nos épouses.


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