21 infractions économiques détectées en deux jours à La Manouba    Grèves majeures dans l'enseignement secondaire : 3 jours de mobilisation sur tout le territoire    Carrefour Tunisie prépare Ramadan 2026 avec 1 500 couffins solidaires    6 gouvernorats sous alerte orange en raison de vents forts atteignant 100 km/h    Alerte météo : vents jusqu'à 100 km/h et pluies orageuses ce dimanche    Le romarin en Tunisie: Une ressource stratégique et une filière d'avenir    Mercato : Nader Ghandri signe en Libye avec Asswehly SC    La Chine ouvre grand ses marchés aux exportations africaines dès mai 2026    Quand commence vraiment le Ramadan 1447/2026 ?    Décès de Ferid Ben Tanfous : la Tunisie perd un bâtisseur historique du secteur bancaire    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    En vidéo : Ooredoo Night Run by Xiaomi célèbre sa 5e édition et ouvre les inscriptions    Ooredoo Night Run by Xiaomi célèbre sa 5e édition et lance les inscriptions (Album photos)    Faut-il priver nos jeunes des réseaux sociaux?    Le drame occulté des Tunisiens morts "pour la France" durant la Première Guerre mondiale    Ramadan 2026 : horaires des pharmacies en Tunisie    Samsung Zero Trust : Leader dans le domaine de la sécurité mobile pour les entreprises    Hyundai Tunisie organise la troisième édition de l'initiative solidaire 'Couffin du Ramadan'    Météo en Tunisie : temps partiellement nuageux sur l'ensemble du pays    Tunisie en liesse à Dubaï : nos héros paralympiques enchaînent l'or et l'argent    La pratique enseignante pour l'éducation scientifique et le paradoxe de «l'innovation sans changement»    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Epson Atmix annonce une nouvelle unité de production de poudres d'alliages amorphes    Casa Tarab, les Nuits musicales du Ramadan 2026, reviennent dans une 5ème édition au Théâtre Cléopâtre à Gammarth    Offre Saint-Valentin: 40 % de réduction sur vos vols nouvelair    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Météo Tunisie : vents violents jusqu'à 100 km/h et pluies orageuses    Du donnant-donnant en milieu académique: entre coopération éthique et dérive clientéliste    Fierté tunisienne : Ridha Mami ouvre un département arabe et islamique au Mexique    Le diplomate tunisien Mohamed Ben Youssef nommé à la tête de l'Institut culturel Afro-arabe    Raoua Tlili et Yassine Gharbi remportent 2 médailles d'argent aux Championnats internationaux de Fazza de para-athlétisme 2026    La danse contemporaine à l'honneur au Festival des Premières Chorégraphiques à Tunis et Sfax (Programme))    Elyes Ghariani - La doctrine Donroe: le retour brutal de l'hégémonie américaine    Changement à la tête de l'ITES : Kaïs Saïed démet le directeur général    La Galerie Saladin propose l'exposition Les 12 Art'pôtres de Carthage    Les taekwondoistes tunisiens dominent le classement de la Coupe arabe juniors avec 8 médailles    Décès du Dr Badri Mimouna après une répétition théâtrale    Magna Mater: La Grande Déesse de retour à Zama (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    Un pays arabe bloque Roblox pour protéger les enfants    Salon national des arts plastiques: des talents à promouvoir (Album photos)    Etude de cas - Venezuela: Anatomie d'une opération spéciale, l«Absolute resolve»    Nizar Chakroun fait rayonner la littérature tunisienne avec le Prix Naguib Mahfouz    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Tunisie La Constitution, c'est pour 2012, 2013, 2014…
Publié dans Business News le 14 - 08 - 2012

Des interrogations légitimes ont fusé de toutes parts suite à l'annonce du rapporteur général de la commission chargée de la Constitution, Habib Khedher, renvoyant l'adoption de la Constitution au mois d'avril 2013. Une telle affirmation signifie qu'il n'y aura pas d'élections en mars 2013, malgré les multiples affirmations des trois présidences. En effet, même Marzouki, partisan, au départ, d'une durée de trois ans pour l'élaboration de la Constitution, a finalement plaidé pour des élections dans le proche avenir. Et puis, au vu des rémunérations qu'ils touchent, les membres de la Constituante ne semblent pas pressés d'achever leur mission de sitôt. Qu'en est-il au juste ?
S'il est vrai que les débats au sein des commissions constitutionnelles ont traîné le pas avant d'achever leurs travaux en accouchant d'un brouillon, parfois bâclé, tous les observateurs sont unanimes à dire que c'est en raison d'absence d'une volonté politique de parvenir à un consensus entre les belligérants de la scène.
En effet, pour avoir la conscience tranquille et devant la pression accrue exercée sur eux, les membres des commissions ont pondu des brouillons avec, parfois, deux projets différents voire diamétralement opposés concernant un même thème.
Ce n'est pas un hasard si les constituants nahdhaouis de la commission des juridictions sont revenus sur le consensus initial obtenu au sein de ladite commission concernant la problématique de l'indépendance du Conseil supérieur de l'autorité judiciaire. Il est clair que c'était en rapport avec les derniers débats sur le statut de la magistrature au sein de l'Assemblée.
Par ailleurs, ce n'est pas l'unique différend qui avait surgi au devant de la scène ces derniers temps. La question du projet de l'article 28 sur la ‘complémentarité' de la femme a été également soulevée après avoir adopté les projets des articles 21 et 22 qui parlent d'égalité dans l'absolu entre les sexes.
A travers de tels gestes, la Troïka gouvernante et, notamment Ennahdha, cherche à détourner l'opinion publique des véritables problèmes qui secouent le pays et dont les événements de Sidi Bouzid constituent une expression réelle.
La ville de Sidi Bouzid traduit l'échec gouvernemental de répondre aux exigences de l'étape actuelle. Les programmes officiels ne sont pas parvenus à résoudre les maux des régions défavorisées qui ont été à l'origine de la révolution du 14 janvier 2011.
Plus de dix-huit mois après la révolution et dix mois après les élections, le gouvernement issu de la Constituante, et non des urnes (avant les élections, tout le monde parlait de la formation d'un gouvernement de technocrates et de compétences pour gérer la seconde phase transitoire), n'est pas parvenu à mettre en place une politique claire et cohérente de développement qui tranquillise les citoyens et les met en confiance par rapport à leur avenir.
« Ce qui nous dérange le plus, c'est l'absence d'une feuille de route claire pour notre avenir », a souligné aujourd'hui même, le secrétaire général de l'Union régionale du travail de Sidi Bouzid.
« Le peuple tunisien a fait la révolution pour la dignité et la liberté. Il se retrouve après dix-huit mois à subir les mêmes torts de la part du régime de la révolution », s'est indigné Jaouhar Ben Mbarek ce matin du mardi 14 août à Sidi Bouzid, en faisant allusion aux personnes arrêtées en marge des contestations de la semaine écoulée.
La situation prévalant actuellement en Tunisie appelle à des interrogations en raison d'absence de rendez-vous clairs pour les échéances politiques. En effet, rien n'est clair à ce niveau. La Troïka gouvernante et, spécialement, les islamistes d'Ennahdha ne parviennent pas à glisser leurs formules détournées en raison de l'opposition farouche de la société civile et des partis démocrates de l'opposition. Ainsi, la Tunisie est encore au point mort.
Ce n'est pas un hasard si l'Instance supérieure des élections n'a pas encore vu le jour, pas plus que la commission provisoire de la magistrature ou des médias. Le chef du gouvernement parle d'élections pour mars prochain alors que l'Assemblée ne bouge pas pour former l'administration électorale. Comment pourrait-on y parvenir ? Même chose pour la magistrature, Ennahdha est carrément contre l'indépendance du Conseil qui va gérer le pouvoir judiciaire. Pourtant, Jebali et Ghannouchi n'ont cessé d'affirmer leur attachement à l'indépendance de la magistrature. C'est toujours le même double langage cher à Ennahdha. Il est clair qu'ils ne veulent pas avancer s'ils ne sont pas sûrs de la réussite aux élections.
En face, l'opposition ne parvient pas à se rassembler. Nidaa Tounes met certes ses structures en place en attendant les prochaines échéances électorales. En attendant, il se place en observateur critique qui ne veut pas se mêler au pouvoir. Le parti de Béji Caïd Essebsi joue l'attentisme.
Par contre, cette attitude n'est pas partagée par le Parti républicain qui appelle à un gouvernement de salut national, un gouvernement réduit, dont le nombre des membres est limité, dirigé par une personnalité nationale consensuelle, et qui compte dans l'accomplissement de ses fonctions sur des compétences dont le talent est reconnu dans les différents secteurs.
Selon Néjib Chebbi, ce gouvernement sera chargé de mettre en exécution un programme de salut axé sur le développement régional urgent, l'emploi, la lutte contre la cherté de la vie et le rétablissement de la sécurité et de la stabilité. Un gouvernement qui sera appuyé d'une façon ou d'une autre par les principales forces politiques représentées à l'Assemblée constituante, loin de tout quota ou hégémonie partisane, et sans dénier la légitimité électorale.
Ce gouvernement ne va pas inverser l'équation de fond en comble, mais il va envoyer des messages d'assurance aux investisseurs locaux et étrangers, et un message d'espoir à la jeunesse en colère. Grâce à ces messages, il sera à même d'atténuer le niveau de tension sociale et de baliser le terrain au rétablissement de la sécurité et au retour des investissements.
Les forces politiques pourront, sous ce gouvernement, s'atteler pleinement à la rédaction de la Constitution et préparer la prochaine échéance électorale, qui dotera le pays d'institutions politiques pérennes et déterminera sa direction pour une longue période.
L'idée de Chebbi n'est pas à rejeter. Mais la Troïka ne veut pas lâcher le pouvoir. C'est plutôt le moment pour la société civile de se dresser contre toutes les velléités d'instaurer une dictature déguisée.
Crédit dessin : Dilem, Liberté-Algérie Mounir Ben Mahmoud


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.