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Derrière la bataille avec l'UGTT, la guerre fratricide Jebali-Ghannouchi
Publié dans Business News le 06 - 12 - 2012

Si les derniers événements de Siliana et de l'UGTT reflètent une chose, c'est que le gouvernement et le parti au pouvoir Ennahdha ont choisi la fuite en avant avec leurs adversaires politiques.
Or cette stratégie ne sert guère le gouvernement qui se trouve de plus en plus fragilisé avec une image détériorée.
En apparence, la fragilisation du gouvernement arrange la situation de l'opposition. Mais les apparences sont trompeuses, car cette crise arrange, d'abord, les adversaires politiques directs de Hamadi Jebali au sein de son propre parti Ennahdha.
Des sources proches du chef du gouvernement nous le confirment et savent parfaitement qui est derrière les grabuges… Si le gouvernement est fortement fragilisé, Hamadi Jebali va sauter. Et si Hamadi Jebali saute, il ne va pas être remplacé par un Néjib Chebbi ou un Khelil Zaouia, mais par un Houcine Jaziri, Ameur Laârayedh ou un Abdellatif Mekki.
En bref, Rached Ghannouchi dont la vision qu'il a de l'Etat est radicalement différente de celle de Hamadi Jebali, cherche à placer un des siens à la Kasbah et en finir avec le « Sahélien ».
D'un côté, nous avons un cheikh qui rêve d'un émirat islamique dont il serait une sorte d'ayatollah ou de guide spirituel, au dessus de la mêlée et des batailles électorales. Tout au long de son parcours politique, il n'a jamais défendu la notion de l'Etat ou milité pour une Tunisie démocratique. Son objectif, clairement déclaré, consiste en un projet islamique où la Chariâa occupe la place centrale.
De l'autre côté, il y a Hamadi Jebali, qui a bien mûri durant ses années en prison et s'est tu totalement après sa libération.
Une fois aux commandes du gouvernement, et face à la réalité du terrain, il a fini par admettre que le projet islamique de Ghannouchi n'a aucune chance d'exister à court et moyen terme.
La société, notamment l'intelligentsia sans qui rien ne peut se faire, rejette ce projet et les partenaires étrangers n'en veulent pas non plus. Or la Tunisie, sans ressources, ne peut pas se permettre d'avancer sans son intelligentsia et ses partenaires étrangers.
Face aux résultats très peu probants du gouvernement et qui risquent de faire chuter tout le paquebot d'Ennahdha, Ghannouchi aurait demandé à Jebali de laisser sa place pour donner un souffle nouveau à tout le gouvernement, selon la même source. Chose qu'a refusée naturellement le chef du gouvernement estimant que son départ n'arrange ni le pays ni Ennahdha.
Le bras de fer entre les clans des deux dirigeants a commencé et a même éclaté au grand jour avec les déclarations spectaculaires de Néjib Karoui en septembre dernier (voir notre article à ce sujet).
On croyait qu'il y avait eu une accalmie, mais les événements des derniers jours semblent prouver le contraire.
Dans la majorité des crises ayant touché le pays, on retrouve, derrière, les comités de protection de la révolution et, précédemment, les salafistes.
Hamadi Jebali est fort conscient du degré de nuisance de ces comités de protection de la révolution, « formations qui risquent de compliquer la situation politique dans le pays », a-t-il déclaré le 21 octobre dernier. «Les comités de protection de la révolution auraient dû jouer un rôle positif, notamment en cette phase marquée par un climat politique tendu», avait expliqué alors le chef du gouvernement. « Nous ne voulons pas davantage de tensions, surtout qu'il y a des parties qui sont devenues expertes et artistes, "dans le mauvais sens du terme", dans la création de la pagaille», a-t-il ajouté.
Ces déclarations, rapportées par la TAP, ont été rapidement démenties par le chef du gouvernement qui a évoqué une déformation de ses propos. Réplique classique de l'homme politique quand il se rétracte dans sa position. Aujourd'hui, un mois et demi après, on est tenté de dire que Hamadi Jebali ne s'est rétracté qu'après avoir été « sommé » de le faire par Ghannouchi. Pour ce dernier, ces milices représentent son armée sur le terrain pour contrer ses adversaires. Et parmi ses adversaires, il n'y a pas que la gauche et les syndicalistes…
Selon notre source (proche de la Kasbah), Hamadi Jebali était fou de rage quand il a appris, mardi dernier, les affrontements avec l'UGTT. Le matin même, le ciel était au beau fixe entre lui et la Centrale syndicale. Il y a une partie qui ne voulait pas de cette accalmie et cette partie est clairement identifiée puisque ce sont ces comités qui ont commencé les provocations en allant sur le terrain de l'UGTT pour les insulter. Et ces comités étaient bien préparés à l'affrontement puisqu'ils se sont déplacés avec des bâtons. Et c'est totalement faux quand on dit qu'ils n'ont fait que se défendre face aux prétendues agressions physiques des syndicalistes, il suffit de voir le cas de l'ancien ministre et dirigeant d'Al Joumhouri, Saïd Aïdi, qui a été sauvagement tabassé, alors qu'il était loin des affrontements et n'avait aucune arme.
Les milices des comités de protection de la révolution cherchaient bel et bien l'escalade et voulaient bien fragiliser le gouvernement, quitte à ce qu'Ennahdha, dans son ensemble, perde quelques points.
Biberonné à la violence, le camp Rached Ghannouchi n'oublie pas ses méthodes de jeunesse, toujours efficaces à ses yeux.
Résultat des courses, et comme prévu, l'UGTT a réagi en décrétant une grève générale. Cerise sur le gâteau, elle a choisi une date très symbolique, le 13 décembre, coïncidant avec la probable visite d'Hillary Clinton en Tunisie.
Le gouvernement se doit donc, avant cette date, de détendre l'atmosphère et de céder aux conditions de l'UGTT. Hamadi Jebali n'en sortira donc que plus fragilisé.
En parallèle, de nouvelles têtes font leur apparition à la télévision : Abdellatif Mekki, Houcine Jaziri, Mohamed Ben Salem, Rafik Abdessalem… Les proches du camp Rached Ghannouchi en somme.
Situation idéale pour engager des négociations internes pour que le camp Ghannouchi impose les siens dans le prochain remaniement. Voire qu'il impose son propre chef du gouvernement.
En attendant, la Tunisie peut continuer à souffrir, c'est le cadet des soucis de Ghannouchi puisque de cette Tunisie-là, il n'en veut pas !


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