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On ne vous demande pas de miracle, monsieur le président !
Publié dans Business News le 08 - 11 - 2013

A l'occasion du 37ème congrès général de l'Unesco, le président de la République tunisienne, Moncef Marzouki, s'est déplacé en France pour y assister. Ce dernier déplacement n'a pas dérogé à une règle implicite que le président semble s'imposer lors de ses voyages à l'étranger : donner des interviews à des médias étrangers dans lesquelles il dénigre une partie de son peuple.
Le président de la République, Moncef Marzouki, a donné plusieurs entrevues lors de son bref séjour en France. Ses déclarations, concernant certains thèmes sensibles, ont suscité de vives réactions en Tunisie. Au lieu de se poser comme un président rassembleur, a fortiori dans une période de crise politique aigue, Moncef Marzouki s'est évertué à diviser, classer et cataloguer le peuple tunisien.
Dans une interview accordée au journal français « Le Monde », le 5 novembre 2013, Moncef Marzouki a livré son analyse de la situation tunisienne actuelle. A la question de savoir qui veut déstabiliser la Tunisie, le président de la République livre une réponse qu'il formule pour la première fois. Selon Moncef Marzouki, ce sont les « partisans de l'ancien régime, les réseaux de l'ère Ben Ali derrière lesquels il y a beaucoup d'argent ». Le président de la République ne se contente pas de lancer des accusations contre des personnes fantomatiques, il élargit le spectre des responsables de la déstabilisation de la Tunisie à « des puissances arabes qui ne veulent pas que la transition démocratique réussisse ». En journaliste professionnelle, Isabelle Mandraud a tenté d'en savoir plus en demandant au président s'il pouvait les nommer. Evidemment, la réponse fût un « Non » sans appel. Mais pourquoi le président distribue-t-il les accusations de la sorte ?
Il est important de noter que ceux que le président appelle « partisans de l'ancien régime » et que les « milliers de personnes qui tentent de s'opposer par tous les moyens » sont des citoyens tunisiens. Des citoyens que le président de la République doit représenter et ne pas dénigrer à travers un média étranger. Par ailleurs, ces partisans de l'ancien régime sont des justiciables comme les autres et l'Etat, représenté par son président, doit les poursuivre et les juger pour tout crime, à condition de le prouver. L'on a plutôt l'impression que Moncef Marzouki reprend ses réflexes de président du CPR en parlant sans cesse d'ancien régime, de réseaux et de complot.
D'un autre côté, le président de la République a fait porter la responsabilité de la déstabilisation de la Tunisie à des « puissances arabes ». Il a, néanmoins, épargné l'Algérie et la Libye de ce groupe de pays. Ces « puissances » agissent-elles en connivence avec les partisans de l'ancien régime ? Déstabilisent-elles la Tunisie par leur propre chef ? Qui sont ces puissances ? Si la Tunisie est ainsi attaquée, que fait l'Etat pour y mettre un terme ? Le président de la République est prodigue en accusations, mais avare en réponses…
Dans la même interview, le président de la République a exposé sa vision du dialogue national en Tunisie dont il est, rappelons-le, complètement exclu. Moncef Marzouki a d'abord tenté de minimiser l'ampleur de la crise actuelle en déclarant, comme une fierté, que c'était « la huitième ou neuvième crise qu'il vivait depuis qu'il avait pris ses fonctions ». Plus loin dans sa réponse, le président de la République fait une révélation concernant sa position vis-à-vis de la désignation d'un nouveau chef du gouvernement. Le président de la République dit : « Nous finirons par tomber d'accord sur une personne que j'aurai le plaisir de désigner. Encore faudra-t-il qu'elle passe par la case de l'Assemblée constituante, parce que nous sommes un régime démocratique ». Donc, pour le président, le futur chef du gouvernement devra nécessairement être adoubé par l'Assemblée nationale constituante, ce qui est en contradiction avec le déroulement des tractations vu que le passage par l'Assemblée avait été source de blocage et par conséquent abandonné.
L'hypothétique passage par l'ANC est, en lui-même, contradictoire avec l'esprit de consensus et avec les objectifs de ce dialogue national. Pourtant, Moncef Marzouki semble y tenir. Par cette posture, le président de la République manque une occasion de se positionner en tant que rassembleur et devient une partie du problème et non de la solution.
Moncef Marzouki poursuit son raisonnement en expliquant que la difficulté de trouver un consensus sur le nom du chef du gouvernement tient au fait qu'il existe une méfiance entre les protagonistes du dialogue. Selon le président, cette méfiance est due au fait que l'on ne connaît toujours pas la date des prochaines élections éludant ainsi toutes les raisons idéologiques d'un côté et toutes celles relatives au rendement de la troïka depuis qu'elle a accédé au pouvoir. Mais le président de la République sait-il que tout l'enjeu est justement de trouver une personne capable de nous mener vers ces élections ? Sait-il que la seule partie susceptible de fixer une date crédible pour les élections est une instance supérieure élue de manière transparente et indépendante ? Tout ceci ne l'empêche d'affirmer dans la foulée que, selon lui, les élections « doivent avoir lieu au plus tard en avril », soit dans cinq mois et demi. A défaut d'avoir un président performant on a un président optimiste.
Dans une autre interview accordée à la radio « France Info », Moncef Marzouki a fait une déclaration qui a fait les choux gras des adeptes des réseaux sociaux tunisiens concernant le sort de Jabeur Mejri. Le président de la République avait déclaré qu'il comptait libérer Jabeur Mejri (coupable d'avoir publié des caricatures jugées offensantes pour l'Islam) dès qu'il y aurait une « accalmie politique » et qu'il attendait une « fenêtre de lancement » adéquate. Il a ajouté qu'une libération immédiate de Jabeur Mejri serait susceptible de déclencher des troubles dans le pays. A en croire le président, Jabeur Mejri ne sortira pas de si tôt. Peut être aurait-il fallu qu'il soit condamné pour meurtre ou viol, sa libération en aurait été plus facile. Dans cette même interview, Moncef Marzouki a déclaré : « Il ne faut pas demander de miracles aux politiciens. Les miracles, il faut les demander à Dieu ». On ne le sait que trop bien monsieur le président !


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