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La situation bancaire en Tunisie
Publié dans Business News le 28 - 11 - 2013

La Tunisie compte quarante banques dont dix-sept non résidentes ou disposant de bureaux de représentation de banques étrangères. A première vue, le secteur est fortement émietté, ce qui disperse son potentiel capitalistique et le met dans un contexte de concurrence acerbe. Essayons de présenter ses principaux atouts, faiblesses ainsi que les risques liés à son activité d'exploitation sachant qu'il est, de plus en plus, le point de mire de presque toutes les institutions financières internationales.
De prime abord, rappelons que le secteur assure, selon les données du dernier rapport de la Banque Centrale de Tunisie au titre de l'exercice 2012, les principaux concours à l'économie tunisienne avec un volume global de crédits s'élevant à 52.703 millions de dinars fait, principalement, par une enveloppe totale de dépôts de la clientèle de 43.917 millions de dinars, ce qui correspond à un taux de couverture faible ne dépassant pas 83% comparé à ce qui existe dans d'autres pays tels que le Maroc, l'Egypte et la Jordanie.
Autres faits marquants : l'activité du secteur et c'est son volume d'affaires qui est de l'ordre de 78.351 millions de dinars et le niveau acceptable de bancarisation puisque le nombre d'habitants par agence bancaire exprimé en milliers s'élève à 7,4. Néanmoins et en termes de performance, les établissements de crédit n'ont pu générer, fin 2012, qu'un résultat d'exploitation de 1.738 millions de dinars, ce qui ne représente qu'une contribution insignifiante à la formation du produit intérieur brut aux prix courants de 2,4%.
Etat des lieux du secteur bancaire tunisien
Au vu des éléments, précédemment, présentés et en dépit du bénéfice durant des décennies du système bancaire local de la consolidation de ses assises financières, celui-ci souffre notamment depuis deux ans d'un manque de liquidité important de 4.392 Millions de Dinars jusqu'au 29 octobre 2013 et qui est clairement illustré par le ratio crédits/dépôts qui ne cesse de se dégrader puisque les ressources de la clientèle ne se sont accrues que de 3,7% au cours des huit premiers mois de l'année en cours contre 5% au cours de la même période de 2012 et ce, certes pour des raison de retrait massif.
Sur un autre plan, la qualité des actifs connait une détérioration continue qui se matérialise par un taux de plus en plus excessif des prêts potentiellement irrécouvrables qui est de l'ordre de 13% pour l'ensemble du secteur, mais qui frôle les 20% pour certaines banques sachant qu'il peut s'avérer bien supérieur puisque des prêts rééchelonnées pourraient ne pas être comptabilisés en tant que créances douteuses dans certains cas.
Cette situation inquiète les bailleurs de fonds à l'instar du Fonds Monétaire International qui constate des provisions insuffisantes de ce type de créances et qui a préconisé au niveau d'un rapport qu'il a publié à la fin de l'année écoulée la nécessité du redressement de la politique monétaire actuelle, la mise en place d'une politique de gouvernance stricte ainsi que l'injection dans le système financier et bancaire d'au moins 2,9 Milliards de Dollars soit 4.880 Millions de Dinars et ce, pour préserver la pérennité de l'exploitation et de l'existence même du système.
Côté rentabilité, les principaux indicateurs d'activité des banques cotées édités par l'Association Professionnelle Tunisienne des Banques et Etablissements Financiers se rapportant à l'exercice 2012 montrent un faible rendement des actifs de l'ordre de 1,6% en moyenne durant la période 2011-2012 ainsi qu'une rentabilité des capitaux propres n'excédant pas 14% pour que la Tunisie se trouve à la traîne par rapport à toute la région de l'Afrique du Nord et du Moyen Orient, en d'autre termes, les actifs bancaires ne sont pas générateurs de profits conséquents.
Bien évidemment, cette situation a amplement influencé la solvabilité des établissements de crédit locaux dont le ratio moyen se place à 10,7% au terme de l'exercice 2012 contre 11,3% à fin 2011 mettant notre système bancaire aussi bien à l'avant dernière position au niveau de la zone MENA et en non-conformité par rapport aux standards locaux et internationaux. Il en est de même pour le coefficient d'exploitation qui est le rapport entre les charges opératoires et le produit net bancaire qui est de 48,3%, traduisant la non-maîtrise des charges dans un contexte de faible profitabilité et de diversification limitée de l'activité.
Les risques encourus par les banques tunisiennes
Dans la foulée d'un environnement politique et social chaotique, l'économie nationale n'a cessé de marquer des fléchissements sur les plans de l'investissement, de la croissance et de la dynamique de l'appareil productif. Dans le sillage de cette débâcle, l'assèchement des liquidités et la montée du risque de défaut, dus à la conjoncture actuelle menacent les banques qui pourraient trouver du mal à préserver leurs ressources et leur crédibilité avec leurs partenaires et correspondants étrangers. L'inexistence de possibilité pour la recapitalisation des banques tunisiennes gangrénées par la mauvaise gouvernance et la montée de leur insolvabilité provoquerait inéluctablement l'effritement de leurs assises financières.
Ainsi, il est certain que les difficultés des banques à récupérer leurs créances et les problèmes du renchérissement des coûts des ressources vont s'accroître en l'absence d'un plan de sauvetage adéquat ce qui se répercutera sûrement sur leurs comptes d'exploitation et leur coût du risque tout en amplifiant la détérioration de leurs coefficients d'exploitation et de leurs capacités bénéficiaires pour engendrer fort probablement une dégradation des résultats qui seront en grande rupture avec les niveaux historiquement observés ce qui indurera une destruction des valeurs.
Il est facilement remarquable que les banques tunisiennes ont marqué une tournure tragique aussi bien au niveau de leurs fondamentaux, que sur le plan de leurs solidités financières et de leurs performances. La réelle menace est que l'hémorragie de liquidité continuera conjointement à un accroissement des taux d'intérêt ce qui ruinera surtout des milliers de petites et moyennes entreprises et les neuf cent mille ménages fortement endettés auprès des banques au risque d'affaiblir une fois de plus leur pouvoir d'achat et de provoquer en conséquence une crise systémique qui n'épargnera aucun secteur de l'économie nationale.
Peu de gens y croient, pourtant, les banques tunisiennes n'ont dû leur survie que grâce à l'argent injecté dans leur caisses par l'Etat lui-même souffrant d'une situation d'endettement abyssal, ce qui signifie que l'Etat, prêteur du dernier recours n'aura plus d'ici peu les moyens de sauver le système dans son ensemble et en particulier les grandes banques publiques.
*Spécialiste en gestion des risques financiers


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