Amen Bank Tenue de l'AGO - Exercice 2025 : Solidité confirmée au service d'une croissance durable    Tunisie : hausse de 120 dinars/an pour les magistrats (2026-2028)    Officiel : publication des décrets sur la hausse des salaires en Tunisie    Tunisie : les femmes passent à 19,5% dans les conseils d'administration    Tahar Bekri: Vérité    Samsung Browser : le navigateur Samsung disponible pour Windows et l'IA agentique déployée sur tous les appareils    Hommage à Othman Ben Arfa, ancien PDG de la STEG    Pont de Bizerte : circulation rétablie dès jeudi après travaux majeurs    Francesca Albanese signe son livre 'Quand le monde dort : Récits, voix et blessures de la Palestine' à la FILT 2026    Espérance sous pression : décision choc de la FIFA    Météo en Tunisie : températures en hausse, pluies sur les régions ouest    El Niño revient en force: vers un record historique de chaleur ?    Travail : le stress au travail cause 840 000 décès par an dans le monde    Streaming & TV : où voir le choc EST – CSS en direct ?    EST–CSS : des absences de poids des deux côtés avant la 12e journée retour    La souveraineté biologique: le nouveau front invisible de la souveraineté alimentaire    Moncef Ben Slimane: Zohra Ben Slimane, une vie d'engagement au service des femmes et de la Tunisie    Assemblées Générales de l'UBCI: des fondamentaux solides et une stratégie en marche    MTS Auto Center inaugure son nouveau showroom à Gabès et renforce sa présence dans le sud de la Tunisie    Météo en Tunisie : températures en hausse, pluies éparses    Changement à la tête de la Poste tunisienne : Yassine Faria nommé PDG    Gabès Cinéma Fen 2026 : Expo Vivre Encore de Nicolas Wadimoff, quand la caméra fait surgir les mots    Après le limogeage de Fatma Thabet Chiboub, qui gérera le ministère ?    Réunion décisive à Carthage : salaires, emploi et changement au gouvernement    Le Dahar entre dans l'UNESCO : une fierté tunisienne et africaine historique    Arabie saoudite : sanctions strictes contre les pèlerins sans autorisation    À voix basse de Leyla Bouzid : le cinéma tunisien bientôt à l'affiche en salles    Gabès Cinéma Fen 2026 : Hend Sabry ouvre le festival en présence de Dhafer L'Abidine et de nombreux invités de marque    Météo en Tunisie : pluies faibles et éparses sur les régions du nord et du centre    Rumeur démentie : la Syrie n'a imposé ni visa spécial ni "kafala" aux pays du Maghreb    Sadok Belaïd: commémoration du 40e jour de son décès (Album photos)    Le Nigérian Michael Eneramo, ancien attaquant de l'Espérance sportive de Tunis, décédé    Nasser Kamel : La Méditerranée nous unit. Ses politiques doivent être à la hauteur    Négociation de crise: Entre espoir et désillusion    Zouhaïr Ben Amor: L'espèce humaine face à ses propres limites biologiques    Film Michael : Jaafar n'a pas imité, il est devenu le nouveau Michael Jackson dans l'opus hommage    Driss Guiga, l'ancien ministre et avocat tunisien est décédé    La Cité des Sciences à Tunis accueille le Cosmonaute russe Kirill Peskov    Liverpool vs PSG et Atlético de Madrid vs FC Barcelone : ou regarder les demi-finales de Ligue des Champions UEFA    Recrutement de travailleurs tunisiens : la Tunisie et l'Italie signent un accord    Inauguration de Isharat Gallery à Sid Bou Saïd: une réhabilitation lumineuse de l'abstraction tunisienne    Général Mohamed Nafti - Trois Lettres Persanes    El Kazma et K-off : Sous le signe du rire, la résilience et la réflexion    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Quelle que soit leur nationalité, les juifs étaient et seront toujours les bienvenus en Tunisie !
Publié dans Business News le 28 - 04 - 2014

Et une nouvelle diversion encore ! Les élus de l'Assemblée nationale constituante ne manquent pas de filons pour perturber le début d'espoir de reprise de l'économie tunisienne. L'essentiel est que l'on parle d'eux et qu'ils occupent le devant de la scène et la une des médias.
On ne les a pas entendus parler de la crise économique, on ne les a pas entendus réclamer l'audition du ministre des Affaires étrangères à propos de la prise d'otage de deux Tunisiens (dont un diplomate) en Libye, on ne les a pas entendus exiger des poursuites judiciaires contre les anciens ministres mêlés à des scandales de népotisme, d'emplois fictifs et de malversation.
Non, nos députés sont préoccupés par la visite de quelques dizaines d'Israéliens venus accomplir le rite du pèlerinage dans un des lieux les plus hautement symboliques pour eux, la Ghriba à Djerba.
La Ghriba est là depuis plus de deux millénaires, bien avant l'arrivée de l'islam en Tunisie. Le pèlerinage y est effectué depuis plus de deux millénaires, bien avant que les Tunisiens ne deviennent arabes et musulmans.
Nos députés n'en ont cependant cure devant l'Histoire de ce pays et de ses ancêtres. Rien ne vaut devant une apparition télévisée et quelques hypothétiques dizaines de voix dans les urnes.
En janvier 2012, à l'occasion de l'arrivée du leader palestinien de Hamas Ismaïl Haniyeh, des centaines de Tunisiens se sont rassemblés à l'aéroport Tunis Carthage et ont commencé à crier « Mort aux juifs » (voir notre article et la vidéo à ce sujet) . Les députés, à l'époque, n'ont pas bronché. Le parti islamiste Ennahdha a réagi rapidement pour calmer ses troupes et a publié un communiqué condamnant ces slogans antisémites. L'avertissement a été entendu et le langage a changé. On n'insultera plus les juifs, puisque c'est politiquement incorrect, on insultera désormais les sionistes et les Israéliens.
Avril 2012, à l'occasion du pèlerinage de la Ghriba, Hamadi Jebali, alors chef du gouvernement, indique que la Tunisie accueillera les pèlerins juifs à la Ghriba comme chaque année. Le message est clair de la part du chef du gouvernement islamiste, les Israéliens sont les bienvenus, puisqu'il y a toujours eu, et de tous temps, des Israéliens parmi les pèlerins de la Ghriba. Et pour ceux qui avaient un doute, l'agence de presse tunisienne officielle, TAP, le dissipera. Dans sa dépêche datée du 16 avril 2012 on lit : « La synagogue de la Ghriba à Djerba accueille chaque année près de 6 mille pèlerins juifs, en provenance essentiellement, d'Europe et d'Israël » (lire notre article à ce sujet). Sous le gouvernement de Ali Laârayedh, on a vu le ministre du Tourisme de l'époque, Jamel Gamra, poser en photo avec un célèbre chanteur israélien. Aucun député n'a alors réagi à cela. Pourquoi donc aujourd'hui ?
Comme l'a si bien dit Mehdi Jomâa, actuel chef du gouvernement, et comme l'ont si bien rappelé Perez Trabelsi et la Fédération tunisienne de l'Hôtellerie, le pèlerinage de la Ghriba est un événement important pour le tourisme tunisien. Une députée de Wafa, un des partis tunisiens les plus extrémistes, feint de ne pas comprendre le lien qu'il y a entre la visite d'Israéliens et le tourisme. Faut-il lui expliquer que l'essentiel des tours opérateurs européens, qui remplissent nos hôtels, appartiennent à la communauté juive et ne supporteraient pas que leurs coreligionnaires soient ainsi discriminés ? Et ne leur dites surtout pas qu'Israël est un Etat voyou qui ne respecte pas les religions et les libertés, ils vous diraient tout simplement, « moi je n'en ai rien à foutre de la politique, moi je veux accomplir mon rite religieux ».
Au-delà de ces questions bassement matérielles, il y a une question de principes. La Tunisie n'a pas le droit, moralement, d'interdire à une personne d'accomplir son rite religieux, sous prétexte qu'elle a l'autorité sur l'accès à ce lieu religieux. C'est à la fois indécent et immoral. Et les musulmans sont les premiers à connaitre ce sentiment d'injustice lorsque les Israéliens interdisent l'accès de la mosquée Al Quds aux Palestiniens. Nous n'avons pas, nous autres Tunisiens, à nous conduire comme les Sionistes extrémistes d'Israël. On parle bien de l'islam, religion de pacifisme et de tolérance ? Appliquons-nous alors ces préceptes !
Quant à Israël et la question de la normalisation avec l'Etat hébreu, la question n'a jamais été posée, ni même réfléchie, par le gouvernement Mehdi Jomâa. Même Ben Ali et Bourguiba n'ont pas mis le sujet sur la table d'une manière claire. Il a été question, sous Ben Ali, d'un bureau de liaison et ce dans un contexte géopolitique et historique bien particuliers. A l'époque, c'était en 1994, Yasser Arafat a obtenu le Nobel de la Paix conjointement avec Shimon Peres et Yitzhak Rabin. A l'époque, il y avait toute une dynamique de paix et de normalisation qui a échoué à cause des faucons de part et d'autre. Cela s'est terminé par l'assassinat en novembre 1995 d'Yitzhak Rabin.
On ne fait la paix qu'avec ses ennemis. Cela fait des décennies que les pacifistes de part et d'autre, essaient de convaincre leurs compatriotes de cela, mais de part et d'autre, on ne retrouve que surdité et aveuglément. « On tue d'abord, on discute après », entend-on du côté israélien. « On récupère notre terre d'abord, on verra après », entend-on du côté arabe.
Feu Habib Bourguiba s'y est essayé et s'est cassé les dents en abordant le sujet. C'est bien lui qui leur a dit « prenez ce que l'on vous donne et continuez à négocier » ? Il a été lynché médiatiquement et politiquement. Si Habib Bourguiba, avec toute la légitimité et l'ascendant psychologique qu'il avait, a échoué, ce n'est certainement pas Mehdi Jomâa qui va réussir pareil exercice !
Les députés tunisiens le savent parfaitement, mais ils chercheront quand même à le déstabiliser, lui et ses ministres. Non seulement ces surenchères populistes ne vont pas nous rendre la Palestine, mais elles sont en plus nuisibles pour la Tunisie, surtout en cette période critique.
Nos ministres doivent-ils céder à ces caprices odieux de députés qui jouent sur la fibre sentimentale de plusieurs Tunisiens ?
Oui, je verrai bien Ridha Sfar, ministre de la Sûreté et Amel Karboul, aller à l'ANC. Mais ils doivent leur dire ceci, et de manière brute et peu diplomatique de préférence : « Mesdames et messieurs les députés, vous avez été élus pour un an et votre mandat s'est achevé le 22 octobre 2012. Vous avez été élus pour rédiger la Constitution et cette Constitution a été rédigée. Vous vous êtes tus quand des Israéliens sont venus en 2012 et 2013 sous les gouvernements de la troïka. Vous vous êtes tus également quand des Tunisiens ont été tués sous la troïka et vous faites preuve de peu de sentiments à l'égard de nos compatriotes kidnappés. Alors maintenant taisez-vous ! Vous ne comprenez rien à la politique, vous ne comprenez rien à l'économie, vous ne comprenez rien à l'Histoire, alors taisez-vous et laissez-nous travailler, nous servirons mieux la Tunisie quand vous serez silencieux !»


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.