Séparation du gaz domestique et du gaz industriel : quelle est la nouvelle stratégie d'''Agil'' ?    Continuité assurée : Agil maintient des stocks suffisants pour tous    Météo agitée ce mardi : vents violents et pluies éparses au Nord-Ouest    Secrétaire général aux affaires maritimes : à quoi sert réellement cette fonction ?    Risque sanitaire : le virus Nipah peut-il atteindre la Tunisie ?    L'automatisation de l'arbitraire : Le sabotage de la responsabilité par le « Léviathan algorithmique »    Tunisie triomphe à Casablanca : 9 médailles et une fierté nationale pour le judo    Fender Play arrive sur les téléviseurs Samsung pour apprendre la guitare sur grand écran    Kairouan : la compétition robotique Technobot v4.0 rassemble les talents de la robotique tunisienne    Forum Chawki Gaddes pour les droits numériques - Journée d'étude sur la protection des données personnelles : Mercredi 28 janvier 2026, faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis    Les judokas Tunisiens remportent 5 médailles dont 2 en or à l'Open international seniors de judo à Casablanca    Qui remportera le concours des meilleures initiatives innovantes et entrepreneuriales UTM-Innov    Tunisie : la nouvelle facturation électronique va-t-elle bloquer les artisans et PME ?    LG Electronics repense l'expérience de la laverie en résidence universitaire avec Laundry Lounge    Météo en Tunisie : temps froid, pluies au nord à temporairement orageuses à l'extrême nord ouest    Drame au Mexique : 11 victimes d'une attaque armée    France : vers l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans    Tempête hivernale historique : plus de 847 000 foyers privés d'électricité aux Etats-Unis    Décès d'une star du football, Mahfoudh Benzarti : une carrière singulière    Tunisie vs Kenya : à quelle heure et comment suivre le match en direct sur Watania 2    Inondations : Kaïs Saïed appelle à des mesures concrètes et à une mobilisation nationale    Vagues géantes à Nabeul : des vestiges antiques dévoilés après les tempêtes    Baker Ben Fredj revient avec l'exposition 'Le Reste' à la galerie Archivart après 20 ans d'absence    Kais Saied reçoit l'ambassadrice de Pologne à l'occasion de la fin de sa mission en Tunisie    Volley : tous les matchs reportés ce week-end à cause du mauvais temps    La Voix de Hind Rajab de Kaouther Ben Hania dans la short-list finale des Oscars 2026    The Tunisian Stambeli Collective invite le jazzman autrichien Nikolaus Holler pour un concert unique à Carthage    Météo en Tunisie : averses isolées, températures stables    Intempéries : fermeture temporaire du Palais Ennejma Ezzahra    Justice : trois ans et demi de prison pour Borhan Bsaies et Mourad Zeghidi    Document – Le discours-évènement du Premier ministre canadien Mark Carney à Davos : privilégier les valeurs, face à la domination    Météo en Tunisie : temps passagèrement nuageux, pluies éparses l'après-midi    Cinq ans après son décès : Moncer Rouissi, son héritage, sa vision (Album photos)    Tahar Bekri: Saule majeur    Penser le futur par le passé: Carthage antique et le boomerang colonial dans la géopolitique du Groenland    Quand la terre change de souveraineté : histoire longue des ventes de territoires, de l'Empire romain au Groenland    Abdellaziz Ben-Jebria – Mes périples et maisons : lieux en souvenir    Bien plus que du soleil : Pourquoi les expatriés succombent au charme de la Tunisie    Le grand couturier italien Valentino s'éteint à 93 ans, une légende de la mode disparaît    Professeur Amor Toumi: Père de la pharmacie et du médicament en Tunisie    Programme Ceinture Verte en Tunisie : reboisement pour lutter contre la dégradation des sols et la désertification    Match Maroc vs Sénégal : où regarder la finale de la CAN Maroc 2025 du 18 janvier ?    Khadija Taoufik Moalla: Mourad Wahba, le philosophe qui voulait réconcilier raison, foi et humanité    USA: La suspension de la délivrance de visas affecte-t-elle un visa en cours de validité et s'applique-t-elle aux visas de tourisme ? Voici la réponse    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    La Fédération tunisienne de football se sépare à l'amiable de l'ensemble du staff technique de la sélection nationale de football    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La microfinance : remède ou consécration de la pauvreté
Publié dans Business News le 26 - 06 - 2014

La microfinance permet, théoriquement, l'accès des franges sociales exclues du système financier conventionnel à une gamme de produits dédiés incluant le crédit, l'épargne, l'assurance et les transferts de fonds par l'intervention d'institutions, fréquemment, dénommées institutions de microfinance ou IMF.
La lecture du parcours de cette finance jugée, par certains, comme alternative, la revue des critiques qui lui ont été adressées quant à son rôle pour lutter contre la pauvreté et son utilisation controversée de l'argent des donateurs, nécessitent de s'arrêter sur plusieurs aspects de sa réalité et de ses perspectives.
La microfinance, a fait son apparition en Europe, au milieu du 19ème siècle, suite à la fondation de sociétés coopératives offrant des services aux populations ouvrières et pauvres. Le système s'est propagé, par la suite, en Amérique du Nord puis dans les pays du Sud.
Avec la fondation de Grameen Bank à partir des années 1970 par Muhammad Yunus, au Bangladesh, une nouvelle dimension a été donnée à ce créneau. Mais des problématiques le concernant ont été soulevées se rapportant aux voies de réunir les conditions de rentabilité pour créer des services et commerces viables pour les pauvres compte tenu des taux d'intérêt élevés, d'une part, et de la capacité de l'institution à couvrir ses propres coûts opérationnels et du capital, d'autre part.
Le paysage de la microfinance en Tunisie
La filière du microcrédit en Tunisie est sous la supervision du ministère des Finances. Au cours de la période 1999-2010, une première loi a créé le statut d'Association de Microcrédit (AMC), en fixant le montant maximal du crédit à 5.000 dinars pour le financement de l'entrepreneuriat et 1.000 dinars pour l'amélioration du cadre de vie tout en plafonnant le taux d'intérêt à 5% par an.
Deux réformes ont été promulguées, par la suite, pour une mobilisation soutenue des ressources étatiques et pour l'ajustement des conditions des taux d'intérêt et des plafonds de crédit. D'un autre côté, les organismes non gouvernementaux et internationaux, reconnus en Tunisie, pourraient solliciter des agréments pour effectuer des opérations de microcrédit.
Toutefois, signalons que plus d'un million de Tunisiens ont aujourd'hui besoin de micro-crédits pour développer leurs activités et créer des sources de revenu. Des besoins urgents qui incitent à la réflexion sur les moyens permettant de mettre à niveau le secteur de la microfinance.
Concernant les intervenants, on cite des caisses d'épargne et de crédit établies pour améliorer le financement des coopératives principalement agricoles, des sociétés de cautionnement mutuel, un tissu dense d'associations de développement local et le réseau enda inter-arabe spécialisé dans le microcrédit. Le pilier principal, n'est autre que La Banque tunisienne de Solidarité (BTS).
De ce fait, le secteur du microcrédit regroupe deux dispositifs évoluant parallèlement : le système centré autour de la BTS, inséré dans une politique nationale de soutien à la création de revenu; et enda qui opère aux conditions du marché sur des dérogations spéciales.
Défis et perspectives
Actuellement, plusieurs analystes financiers et acteurs économiques et de la société civile remettent en question la logique de gouvernance du tissu du microcrédit en Tunisie. Ce tissu est largement dispersé, émietté et avait jusque-là prévalu dans une vision de couverture nationale et de contrôle qui a conduit à l'établissement de petites associations à couverture limitée et entièrement dépendantes des subventions étatiques pour fournir une gamme de services très réduite.
C'est ainsi que les IMF tunisiennes se concentrent exclusivement sur le microcrédit. Toutefois, les Tunisiens sont relativement mieux lotis que d'autres pays en termes d'épargne, de transferts, de paiement et d'assurance.
Il est judicieux, de même, de préciser que la microfinance dans le contexte local, montre plusieurs insuffisances en termes de déconcentration de la formation du capital national. En cas de pauvreté extrême, les personnes n'ont pas forcément la capacité de rembourser un microcrédit. En effet, si la personne n'a pas de revenu lié à une petite activité rémunératrice, un prêt risque plus de l'endetter que de la sortir de la pauvreté.
Il est tout de même objectif de noter que le microcrédit peut s'avérer efficace et pertinent pour une infime partie des personnes démunies, ayant une petite activité existante ou une opportunité économique qu'ils peuvent développer si on leur prête une petite somme d'argent au moment opportun.
Mais la dérive classique que l'on reproche à certaines organisations de microfinance, c'est d'être trop commerciales. Cela se traduit par l'application de taux d'intérêts trop élevés en comparaison à la marge que les micro-entrepreneurs peuvent dégager. Dans ce cas, la microfinance ne représente qu'un intérêt mineur par rapport à l'usurier classique. L'emprunteur passera simplement d'une dépendance à l'usurier à une dépendance à l'IMF, ce qui est certes moins dangereux en termes de représailles, mais tout aussi inutile au niveau de l'impact social du prêt.
Précisons enfin que la commercialisation de la microfinance s'amplifie avec son ouverture aux investisseurs privés qui y voient parfois une occasion de diversifier leurs produits d'investissement, mais qui attendent malgré tout un retour financier, ce qui a parfois pour effet de détourner les IMF de leur mission sociale au profit de la performance financière. Ceci sans parler d'autres dérives possibles que l'on peut constater dans le sens hypersocial de la microfinance vu que si une organisation opérant dans ce domaine distribue des prêts avec des taux d'intérêts trop faibles, si elle collecte les remboursements de façon peu rigoureuse, si elle reste dépendante de larges subventions publiques pour exercer son activité, cela peut aussi être très mauvais pour la population "aidée".
En effet, un micro-entrepreneur recevant de l'argent trop facilement, ne va pas être incité économiquement à améliorer l'efficacité de son projet, bien au contraire, on risque au final de dévaloriser son potentiel à créer une micro-entreprise économiquement viable.
Dans le même ordre d'idées, on note un ciblage de plusieurs IMF qui ont tendance à soutenir des bénéficiaires plus crédibles ou plus accessibles en axant leur activité en zone urbaine. Ainsi, la population cible aurait tendance à s'enrichir, délaissant ainsi une partie de la population la plus nécessiteuse, comme les populations rurales, isolées ou portant des projets agricoles à faible et lente rentabilité, pas toujours compatible avec les produits développés en microfinance.
*Spécialiste en gestion des risques financiers


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.