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Nous sommes tous Charlie et on vous emmerde !
Publié dans Business News le 08 - 01 - 2015

Charlie Hebdo, un journal satirique qui, comme la satire l'exige, comme l'art l'exige, comme la créa l'exige, dérange. On peut aimer ou ne pas aimer, c'est une autre paire de manches. Sauf qu'hier, Charlie a été la cible de ceux qu'il a vraisemblablement dérangés au fin fond de leurs convictions. Ces fondamentalistes ont, dans un acte sauvage et sanglant, visé et tiré sur ceux qu'ils accusent d'avoir bousculé les crédos, défié les dogmes et blessé les musulmans. « Nous avons vengé le prophète ! », c'est ce qu'ils ont crié après avoir tué douze personnes.
Alors que le monde entier s'indigne et des gens sortent dans les rues des plus grandes villes du monde dire leur solidarité, chez les « leaders d'opinion » islamistes tunisiens, via leurs pages, il y a comme une joie à peine étouffée. Treize « mécréants » ont été tués par de « braves » islamistes qui défendent le Bon Dieu et son prophète.
Ils pourraient trouver justification à tout, même à la barbarie. Et si on n'en trouve pas, ou que l'on ne peut pas affirmer avec force ses arguments pour justifier l'injustifiable, on essaie d'expliquer et de trouver des raisons.
Chez les personnes dites plus modérées pourtant, la réaction est aussi… « décalée ». On s'insurge contre la vague de solidarité, on s'indigne contre la couverture des médias tunisiens accordée à l'événement tragique, on dénigre ceux qui ont été manifester leur soutien en allumant des bougies aux abords de la résidence de l'ambassadeur de France à La Marsa et on raille ceux qui ont affiché le slogan « Je suis Charlie ». La formule est même plagiée. « Je suis musulman », « Je suis la Syrie », « Je suis Larbi », voit-on défiler sur Facebook. Un hashtag « bien fait » a même été créé sur twitter, par ceux qui pensent qu'on en fait trop. Et on fait le parallèle entre Yassine Ayari que ceux que la mort de 13 personnes afflige, ne soutiennent pas et on rappelle que des Palestiniens meurent dans l'indifférence de ces mêmes Tunisiens.
Ce que ceux-là oublient, c'est que même en Palestine, l'assassinat de ces treize personnes a touché, que des photos de soutien ont été prises et que de part le monde, le slogan « Je suis Charlie » a été porté, crié, arboré. Le malheur dépasse les frontières, en être touché n'a pas de relation avec l'appartenance. Quant à la grandeur d'âme, on l'a ou on ne l'a pas ! Nous sommes ici d'autant plus touchés car le fanatisme religieux, nous l'avons connu de près. Il a fait parmi nous des martyrs, des veuves et des orphelins, il a fait pleurer de dépit quasiment tous les Tunisiens. Le fanatisme n'a pas disparu malgré l'espoir grandissant de le voir vaincu sur nos terres et ailleurs. Il continue à nous guetter, à nous menacer, à nous faire craindre le pire chaque jour.
Il y a à peine cinq jours, Nizar Bahloul (auteur de ces lignes) a été la cible d'un appel à la mort. Le lendemain, la bloggeuse Lina Ben Mhenni subit une condamnation à mort. On en parle, mais la chose est banalisée depuis la révolution. Elle s'est tellement banalisée que personne n'en parle. Tout comme ces journalistes et chroniqueurs qui vivent sous protection rapprochée.
Ce qui est arrivé hier à Paris, à notre ami Charlie, n'a rien de surprenant vu d'ici du côté sud de la Méditerranée où les Islamistes radicaux bénéficient d'un extraordinaire droit à la parole. Et leur droit à la parole leur donne le droit d'appeler, en toute impunité, à la mort et à la haine. Il leur donne même le droit d'attaquer et d'incendier des ambassades et d'agresser physiquement et verbalement des leaders d'opinion. C'est la liberté d'expression, comme on dit. Mais oui, bien sûr !
Quand on disait « pas de démocratie aux ennemis de la démocratie » ou quand on disait « pas de liberté d'expression aux ennemis de la liberté », on nous taxait systématiquement de dictateurs à la solde de l'ancien régime. Bien sûr !
C'est donc au nom de la liberté d'expression qu'ils veulent eux-mêmes taire par la violence que les radicaux ont pu proliférer, avoir des tribunes au sein des mosquées, pouvoir recruter sur la toile et même dans les salles de sport. C'est avec les fondements de liberté qu'ils ont pu s'introduire au sein des plus grandes démocraties et les frapper de l'intérieur.
Ce ne sont pas des radicaux qui ont tué Charlie, ce sont les politiques qui l'ont tué ! Par leur aveuglement, par leur totale ignorance des travers de l'islamisme, ils ont tué Charlie. En flirtant avec le Qatar et les adeptes déguisés de la pensée radicale, en laissant faire l'islamisme virulent dans les mosquées, en laissant des jeunes en proie à ces vautours, les politiciens sont tout aussi coupables. Nous avons beau, en Tunisie, en Algérie ou en Egypte, alerter sur ce danger rampant, on nous riait au nez. Nous avons beau dire qu'éradiquer l'islamisme radical n'a rien de répressif ou de despotique, on nous taxait de fachos ! Même les esprits les plus éclairés sur le sujet, et ils sont très rares, ne sont pas écoutés quand ils tirent la sonnette d'alarme. Je pense notamment à Jean Daniel qui n'a cessé d'alerter sur ce danger et sur l'approche erronée pratiquée par les politiques français.
« Plus l'encre fait couler le sang, plus le sang fait couler l'encre », a écrit ce matin notre caricaturiste national Lotfi Ben Sassi pour accompagner un dessin. Tuez, tuez et la liberté d'expression, du sang de ses victimes, renaîtra.


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