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Continuer son cycle en médecine en Tunisie : une faveur et non un droit !
Publié dans Business News le 17 - 07 - 2016

Le 4 juillet 2016, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a tranché : les étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie, qui poursuivent leurs études à l'étranger, ne pourront plus désormais intégrer les facultés tunisiennes. Une décision qui a suscité des réactions très mitigées, entre soulagement et indignation.
Dans un communiqué, le ministère a également précisé que les étudiants qui poursuivent leurs études dans ces spécialités en Tunisie ne pourront, eux aussi, plus être mutés d'une faculté à une autre. Cette nouvelle loi sera mise en vigueur à partir de cette année universitaire 2016-2017, elle vise, a souligné le ministère, à poursuivre le processus d'accréditation exigé par l'OMS, à garantir l'égalité des chances et à respecter la capacité d'accueil des facultés ainsi que la capacité de formation et d'encadrement.
Le ministère de l'Enseignement supérieur a précisé que d'ici 2023, les facultés de médecine, de médecine dentaire et de pharmacie devront être accréditées afin de délivrer à leurs étudiants des diplômes universellement reconnus.
La décision du ministère a suscité des réactions bien mitigées, entre le soulagement de ceux qui, depuis déjà quelques années, dénoncent ce phénomène en croissance, et ceux qui estiment qu'ils sont privés d'un droit acquis qualifiant même la décision d'«anticonstitutionnelle ».
Contacté par Business News, le chef de cabinet du ministre de l'Enseignement supérieur, Adel Ben Amor, qui est aussi professeur hospitalo-universitaire en pharmacie, nous a révélé que si la possibilité est offerte aux étudiants de réintégrer une faculté tunisienne après avoir passé leur premier cycle à l'étranger, cela reste une faveur soumise à l'appréciation du décideur, en l'occurrence le ministre de l'Enseignement supérieur, et en aucun cas un droit.
M. Ben Amor nous a expliqué qu'il s'agit d'une ouverture de postes par arrêté du ministre sous proposition des conseils scientifiques. Ainsi, ces conseils se gardent le droit de refuser d'ouvrir des postes et donc de refuser les dossiers.
La question est toutefois bien plus alambiquée qu'il n'y parait. En effet, nombreux sont les enseignants et les étudiants qui nous ont aussi confiés que le niveau de nombreux étudiants qui ont pu bénéficier de cette « faveur » est bien en deçà de celui requis. D'ailleurs, nombreux enseignants ont souvent tiré la sonnette d'alarme face à ces étudiants dont le nombre ne cesse de croitre d'année en année.
Interrogé à ce sujet, le chef de cabinet du ministre de l'Enseignement supérieur nous a confirmé que le niveau est, en effet, une problématique bien réelle surtout quand ces étudiants arrivent de facultés dont le système d'enseignement est tout à fait différent du système tunisien.
Il a souligné, par ailleurs, que cette décision a aussi été prise pour permettre une égalité des chances entre les étudiants. Il faut savoir que les scores pour faire médecine en Tunisie sont très élevés et que nombreux sont ceux qui sont recalés avec des moyennes très fortes aux. Ceux, en revanche, qui partent à l'étranger, avec souvent une faible moyenne en poche, arrivent à s'inscrire en troisième année sans que les conditions de leur réussite au premier cycle ne puissent être contrôlées.
« Nous n'avons aucune donnée sur les étudiants qui partent s'inscrire dans des facultés de médecine à l'étranger. Ils ne passent pas par le ministère et se dirigent de leur propre chef vers des destinations de plus en plus diverses à l'instar de l'Ukraine, du Sénégal, de la Roumanie etc. » a précisé Adel Ben Amor. « Cela rend la gestion des dossiers à leur retour de plus en plus compliquée et puis nous avons certaines appréhensions sur certaines facultés prisées dans lesquelles personne ne redouble ! » a-t-il ajouté.
« Il est vrai qu'à leur retour, ces étudiants doivent passer des stages d'équivalence, mais cela ne correspond pas au gap entre le cursus d'origine et le cursus tunisien. D'ailleurs, parmi les motivations qui nous ont poussés à prendre cette décision, il y a le fait que nous soyons en ce moment en train de réviser le système des équivalences de diplômes » nous a confié le chef de Cabinet du ministre.
Autre point qui a été soulevé, celui des bourses octroyées par les Etats destinations à l'instar du Maroc, qui sont perdues quand les étudiants reviennent en Tunisie. « Nous accordons des bourses à des étudiants en médecine marocains qui, eux, terminent leurs scolarité en Tunisie alors que nous perdons les bourses marocaines car nos étudiants qui bénéficient de bourses pour cinq ans, reviennent en Tunisie au bout de deux années » a précisé M. Ben Amor.

Nous avons également appris que la faculté de Médecine dentaire de Monastir a refusé d'ouvrir des postes pour de telles inscriptions à partir de l'année dernière, la faculté de Pharmacie en a intégré, quant à elle, dix sur 80 dossiers soumis. Pour ce qui est des facultés de médecine, 403 dossiers ont dû être traités alors que ces facultés, toutes confondues, accueillent chaque année un peu plus de 900 nouveaux étudiants. Ces chiffres dénotent de l'ampleur du phénomène surtout quand rien n'est fait pour accueillir un nombre élevé de nouveaux inscrits pour lesquels il n'y a pas réellement de place.
En février dernier, en France, huit internes en médecine générale, affectés dans des hôpitaux d'Ile-de-France, ont été exclus de leur service pour cause d'incompétence. Six d'entre eux avaient fait leurs études en Roumanie. Ils ont été priés de suivre un stage de remise à niveau de six mois. La France, confrontée aussi au problème, avait tenté en août 2011 via un décret de fermer la porte devant les étudiants qui poursuivaient leur cursus à l'étranger. Ledit décret a néanmoins été annulé par le Conseil d'Etat.
Ceci pour dire que le phénomène n'est pas que tunisien et que la recherche de l'excellence devra nécessairement passer par la rigueur. Nombreux étudiants rapportent des faits plutôt surprenants sur des pratiques douteuses au sein de facultés étrangères dont ils reviennent parfois avec une formation incomplète ou qui laisse à désirer.
Il est vrai que ces structures, qui ne sont, certes, pas toutes à mettre dans le même sac, offrent une chance à certains bacheliers tunisiens de poursuivre les filières qu'ils souhaitent mais que leur score ne leur a pas permis d'obtenir dans leur pays. Cela reste possible, à condition qu'ils y terminent désormais leur cursus.


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