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« C'est scellé pour Chokri Belaïd » !
Publié dans Business News le 05 - 02 - 2017

Quatre ans déjà depuis le lâche assassinat de Chokri Belaïd. Quatre ans déjà que les balles des terroristes ont voulu faire taire l'une des voix les plus virulentes à l'encontre des islamistes alors au pouvoir. Quatre ans déjà depuis cet événement à marquer par une pierre noire dans l'Histoire de la Tunisie. Un événement qui a provoqué un véritable séisme et constitué un tournant sur la scène politique. Qu'en est-il depuis ?

Quatre ans se sont écoulés depuis, sans que la vérité n'éclate au grand jour, sans que les meurtriers et les commanditaires ne soient jugés, sans que les personnes ayant financé, planifié ou couvert les terroristes ne soient inquiétées. Plusieurs zones d'ombre persistent et l'opinion publique tunisienne tend à croire qu'il existe une volonté pour que la vérité ne soit jamais révélée.

C'est dans ce climat qu'un bras de fer s'était engagé entre le comité de défense du leader de gauche et le juge d'instruction du Bureau n°13, alors chargé de l'affaire. Une plainte a même été déposée, récemment, à son encontre pour « complicité de meurtre et homicide volontaire avec préméditation », avait annoncé Al Watad. Ce que les proches du martyr reprochent au juge d'instruction, est le fait d'avoir clos le dossier en dépit des nombreuses failles dans l'instruction et ce sur le fond et la forme. Les accusations ne tarissent pas, notamment en ce qui concerne la dissimulation d'importantes preuves qui auraient été utiles pour lever le voile sur une partie de la vérité et qui auraient permis l'indentification des auteurs et des commanditaires.
Entre autres, on accuse le juge d'avoir été mis au courant de ce qui est advenu des armes ayant servi à tuer Chokri Belaïd, mais également Mohamed Brahmi, et qu'il avait dissimulé des aveux importants.
Nizar Snoussi, membre du comité de défense avait révélé qu'un individu avait avoué à la police, dans le cadre d'une autre affaire, qu'il avait été chargé par de tierces personnes de dissimuler les armes du crime. On apprenait alors qu'il les a cachées dans un paquet de lait avant de les jeter à la mer probablement entre la Goulette et Ezzahra. Des recherches avaient même été effectuées à l'endroit indiqué par le suspect, sauf que tous ces éléments pourtant de la plus haute importance n'avaient pas été intégrés dans le dossier de l'assassinat, relève Snoussi : « Nous avons été abasourdis de ne pas retrouver ces éléments dans le dossier de l'affaire ! », s'était-il exclamé.

Depuis, le juge d'instruction ayant procédé à l'enquête, a été nommé procureur général de la République tunisienne. Il est devenu ainsi une partie dans la même affaire, ce qui a amené les avocats de la défense à protester contre cette situation qui justifie, selon eux, la révision des procédures.
Une instruction qui serait biaisée, un procès qui piétine, des promesses électorales reléguées aux oubliettes, confortent ce sentiment général que l'affaire ne sera pas résolue de sitôt.
Dans une récente déclaration aux médias, Hamma Hammami, porte-parole du Front populaire, a tenu le mouvement Ennahdha et Nidaa Tounes pour responsables du non-dévoilement des personnes impliquées dans l'assassinat de Chokri Belaïd, en ces termes : « Cette coalition a permis de dissimuler la vérité et de tenir à l'écart la partie se cachant derrière cet assassinat ! Aussi, le traitement juridique de l'affaire demeure problématique et laisse planer le doute».

Entre temps, la Tunisie s'apprête à commémorer l'assassinat politique, en inaugurant une place au nom du martyr dans la capitale. Inauguration qui sera présidée par le président de la République, Béji Caïd Essebsi.

Une déclaration en particulier, concernant l'affaire Belaïd, a attiré notre attention. Celle de Ghazi Mabrouk, Conseiller spécial de l'Observatoire européen du Maghreb, qui en marge de la séance de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française, consacrée à la coopération européenne avec les pays du Maghreb, a déclaré : « Les Tunisiens doivent être fiers de la dimension et de l'ampleur qui vont être données à cette célébration».
Il précise toutefois que : « Celle-ci aura un relent de deuxième mort de Chokri Belaïd, dans la mesure où ce sera son second enterrement, par la résignation consensuelle. Celui de l'inhumation de son dossier d'investigation à grand coup de fanions, de fanfares et de présences prestigieuses au plus haut niveau de l'Etat ». M. Mabrouk a ajouté : « Il est bien connu en matière de communication politique, que l'exubérance collective et médiatique constitue une forme de camouflage, pour faciliter le classement des affaires sensibles non élucidées. Et ce cérémonial n'y déroge pas. Avec toute cette solennité, dont il convient néanmoins de se réjouir, la chose semble malheureusement désormais scellée. Ainsi ce qui fut «l'affaire Chokri Belaïd» sera actée, tant pour les parties concernées que pour ceux que nous appellerons «les autres», à coup de souffre et de feu qu'évoquent les images paraboliques de l'Apocalypse».
Par ailleurs, le conseiller a indiqué, de manière allusive que « dans la logique de l'Apocalypse, il y a la première mort, au cours de laquelle ceux qui sont dans la vérité et ceux qui s'y opposent sont identifiés. Et celle de la seconde mort, qui décline l'image allégorique du souffre et du feu, après laquelle il n'y a plus de résurrection possible pour Chokri Belaïd».
Selon lui : « Si ce souffre et ce feu-là consument aujourd'hui l'oubli total programmé, alors effectivement il n'y aura pas de condamnation possible des assassins, ni de leurs commanditaires. Après le soporifique que constitue cette célébration du 6 février, voulue flamboyante dans sa version 2017…c'est scellé pour Chokri Belaïd !».

Est-ce véritablement scellé pour Belaïd ? Cet homme, devenu avec sa moustache, son grain de beauté et les valeurs qu'il défendait, une icône pour cette Tunisie meurtrie mais qui aspire à un futur meilleur. Contre l'oubli, la question « Qui a tué Chokri ? », reviendra tant que les assassins et les commanditaires ne seront pas identifiés.


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