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Affaire Chafik Jarraya : la « banane » chaude !
Publié dans Business News le 29 - 05 - 2017

C'est aujourd'hui que commence le procès du sulfureux Chafik Jarraya devant le parquet militaire de Tunis. Les chefs d'accusation sont très lourds. Il a été le premier d'une série de présumés contrebandiers mis récemment sous les verrous. Les spéculations sont allées bon train et les réactions sont allées de la mise en doute de la légalité de l'opération à une manifestation de soutien au chef du gouvernement à la Kasbah.

S'il y a un enseignement à tirer de l'arrestation de Chafik Jarraya et de tout ce qui s'en est suivi, c'est celui d'une confirmation, la confirmation qu'il n'y a aucune « unité nationale ». Quand Youssef Chahed a commencé à frapper fort contre la corruption, l'une de ses principales missions en vertu de l'Accord de Carthage, il s'est retrouvé esseulé. En effet, rares sont les partis de la coalition au pouvoir qui ont exprimé tout de suite un soutien inconditionnel à l'action du chef du gouvernement. Il s'agit de Afek Tounes et Al Massar. Le parti Machrouû Tounes a également vite exprimé son soutien mais il ne fait plus partie de la coalition au pouvoir. Les principaux partis acteurs de la fameuse « unité nationale » se sont défilés quand il s'est agi de la mère des batailles, celle à mener contre la corruption. Donc, au niveau purement politique, cette affaire a servi de révélateur du degré d'implication de chaque parti dans la réussite du travail gouvernemental.

Un autre soutien conséquent est venu du côté de Carthage. Le chef de l'Etat a appuyé l'action de son jeune poulain. Mais à vrai dire, il est difficile d'imaginer que le locataire du palais de Carthage n'ait pas, au moins, été informé avant le début des arrestations. Certains vont même jusqu'à dire que cette opération vient des couloirs de la présidence plutôt que des cerveaux de la Kasbah…
Ils étayent ce raisonnement par le fait qu'il s'agit d'une manœuvre politique de grande facture que l'inexpérimenté Youssef Chahed n'aurait pu ourdir tout seul. Car en plus d'un réel coup porté à la corruption et à la contrebande, il s'agit également de confisquer le fonds de commerce d'une large partie de l'opposition, principalement les réminiscences du défunt CPR et le Front populaire. Le stratagème a tellement bien marché que les partis issus de l'ancien CPR se mettent à soutenir le gouvernement et que le Front populaire multiplie les gaffes et les contretemps, du moins dans le timing des déclarations et dans leur teneur.

A tout cela s'ajoute le volet judiciaire de l'affaire qui a commencé, concrètement, aujourd'hui, 29 mai 2017. Comme il fallait s'y attendre, plusieurs avocats se sont présentés pour assurer la défense de Chafik Jarraya, c'est un bon client et même pour la notoriété d'un avocat, l'affaire Jarraya peut être un bon tremplin. Après un début de dispute causé par Fayçal Jadlaoui, les avocats accèdent au juge d'instruction militaire qui leur interdit de photocopier le dossier. Il s'agirait d'un dossier contenant un grand nombre d'informations confidentielles qui toucheraient directement à la sûreté de l'Etat. Une grande partie de ce dossier aurait été alimentée par Chafik Jarraya lui-même à travers sa déposition devant le juge. Selon des sources informées, le lobbyiste controversé aurait « balancé » plusieurs noms et donné des descriptions précises de lieux, de transactions, de noms. La teneur de ces aveux aurait participé à motiver la décision du juge de ne laisser aucun document être photocopié…

Mais qu'en est-il de la lutte contre la corruption ? Le message délivré par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, ne laisse pas d'équivoque. Dans une déclaration faite à la sortie de la Kasbah, il avait dit : « Il y a la Tunisie et la corruption, et j'ai choisi la Tunisie ! ». Toutefois, certains pensent qu'il s'agit de la poudre aux yeux et que cette série d'arrestations n'est autre qu'un énième chapitre de la guerre interne à Nidaa Tounes, dans le sens où l'un des clans a fini par l'emporter sur l'autre en mettant en prison son principal financeur. L'arrestation de Chafik Jarraya priverait le groupe de Hafedh Caïd Essebsi d'un soutien important au niveau matériel mais aussi au niveau du lobbying. L'autre camp serait soutenu par Kamel Letaïef, lobbyiste qualifié de rival de Jarraya.

Toutefois, ce raisonnement est mis en péril par le fait que les interpellations ne se sont pas arrêtées à la personne de Chafik Jarraya. Plusieurs contrebandiers connus des services de sécurité ont été mis sous les verrous. Ont-il été arrêtés parce qu'ils étaient en affaire avec Chafik Jarraya ? Ont-ils été arrêtés dans le cadre d'une réelle opération « Mani Pulite » couvrant tout le territoire ? Est-ce juste de la poudre aux yeux ?
Cette volonté de créer de la confusion et de l'amalgame se retrouve dans certains articles de la presse étrangère qui essayent de traiter de cette affaire et d'en faire la couverture. L'article d'un grand journal français s'interrogeait sur l'effet de cette opération sur ce que le journaliste appelle « le milieu des affaires tunisien ». Inutile de préciser que « le milieu des affaires tunisien » n'évolue pas dans la contrebande ni dans le complot contre la sûreté de l'Etat.

Après s'être longtemps plaint de la lenteur de la justice à traiter les affaires de corruption, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a choisi de prendre le taureau par les cornes et de mobiliser la justice militaire pour cela. D'ailleurs, cela a soulevé certaines critiques dans le sens où l'on ne lutte pas contre la corruption alors que le chef d'accusation concerne la sûreté de l'Etat.
Quoi qu'il en soit, le signal donné est fort et l'opinion tunisienne appelait déjà de ses vœux l'intransigeance de l'Etat que nous voyons actuellement. Malgré cela, l'opinion craint que l'effort ne se poursuive pas et que la lutte contre la corruption reste un slogan. Il est tout de même à noter qu'il aura fallu, après la révolution, un chef du gouvernement de 41 ans pour avoir des résultats dans cette lutte, vitale pour le pays.


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