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Le désaccord de Carthage
Publié dans Business News le 12 - 03 - 2018

La réunion des signataires de l'Accord de Carthage prévue mardi s'annonce houleuse. Le moins que l'on puisse dire c'est que ce gouvernement, issu pourtant de cette initiative, en prend pour son grade et pas qu'un peu. Lâché par son soutien le plus solide, essuyant les coups bas du parti présidentiel, les critiques des formations politiques composant l'accord et qui affutent leurs couteaux, Chahed risque de passer un mauvais quart d'heure ou carrément de passer à la trappe.

Sera-t-il le nouveau bouc émissaire des manouvres politiques ? Celui qui trinquera à cause de la dramatique situation économique et sociale que traverse le pays ? Youssef Chahed serait sur un siège éjectable d'après les bruits qui courent ces derniers jours. Lors de sa récente interview, le chef du gouvernement déclarait : « On ne peut définir des politiques à long terme si on change de gouvernement aussi souvent ».
Des propos, qui vraisemblablement, n'ont convaincu personne, à commencer par le soutien de la première heure de Chahed, la puissante centrale syndicale. Noureddine Taboubi, chef de l'UGTT, ne mâche pas ses mots, depuis quelque temps, en s'adressant au chef du gouvernement. Annonçant la tenue de la réunion des signataires, Taboubi la qualifie de « décisive » et promet que celle-ci sera une entrevue « loin de la courtoisie ». Autrement dit, l'UGTT n'hésitera pas à hausser le ton, voire même à proposer le remplacement de l'actuel locataire de la Kasbah. D'ailleurs, lors de ses sorties médiatiques des dernières semaines, le SG de l'UGTT n'a pas manqué de mettre en garde Chahed et de le haranguer : « Tous vos résultats sont négatifs !», s'était-il adressé au chef du gouvernement. « Il faudra à présent qu'on parvienne à des solutions efficaces ! L'UGTT n'acceptera pas cet état des faits ! », a-t-il dit. Le divorce semble consommé, rien ne va plus. La très longue période de grâce entre le syndicat et la présidence du gouvernement est bel et bien révolue. Il est entendu que l'UGTT exige des réformes rapides quitte à ce que cela nécessite de changer le gouvernement. Sauf qu'à quelques heures de la réunion de Carthage, Hfaiedh Hfaeidh secrétaire adjoint de la centrale affirme qu'ils proposeront un remaniement ministériel partiel « en vue de corriger la trajectoire de l'action gouvernementale ». Est-ce un nouveau revirement ? On le saura bien assez tôt.

Du côté du patronat, on n'est pas très tendre non plus. Le nouveau boss fraichement élu, Samir Majoul n'y va pas par quatre chemins. Pour lui, l'Accord de Carthage étant une initiative politique née pour répondre à un contexte économique difficile, la dégradation de la situation est l'indicateur de la réussite ou l'échec de cette initiative. Majoul n'y est pas allé avec le dos de la cuillère en fustigeant l'incompétence de certains ministres, la lenteur dans les prises de décision et le blocage de plusieurs dossiers brûlants. « Il est temps de siffler la fin de la récréation » s'était-il exclamé.
Ainsi, le patron de l'UTICA, propose d'oublier l'Accord « politique » de Carthage pour se focaliser plutôt sur l'Accord « économique ». Dressant un tableau noir de la situation en Tunisie, Samir Majoul s'indigne de l'inexistence d'un véritable plan de relance de l'économie. Un plan qui devra être concret et une vision mise en place par des personnalités compétentes qui œuvreront avec efficience au sauvetage du pays. Le patron des patrons insiste sur le fait que l'UTICA demeure engagée envers l'Accord de Carthage mais elle ne l'est ni envers « Carthage », ni la « Kasbah ». L'organisation patronale revendique son indépendance et semble prête tout autant que l'UGTT à défendre les intérêts de ses affiliés, même si cela demanderait un changement du côté de la Kasbah.

Parmi les signataires de l'Accord de Carthage, les deux partis alliés-ennemis, on nommera Nidaa et Ennahdha, ne sont pas très contents par les agissements du jeune chef du gouvernement. Nidaa, parti dont est issu Youssef Chahed, n'a eu de cesse de l'entraver, mécontent qu'il était par la nature des dossiers auxquels il s'est attaqué. A commencer bien évidemment par sa guerre contre la corruption qui a entrainé la chute de certains amis bailleurs de fonds. Nidaa-Ennahdha n'ont pas beaucoup apprécié, par ailleurs, la fin de non-recevoir concernant certaines nominations. Ça leur est resté en travers de la gorge et le moment de la revanche a bien sonné.
Pour ce qui est d'autres formations politiques qui ont signé l'initiative présidentielle, le temps n'est plus à l'union nationale. Afek Tounes a claqué la porte au mois de janvier se rendant compte tout juste que cet accord est basé sur « un consensus biaisé qui a paralysé le pays ». Un accord, selon le parti de Yassine Brahim, qui a été vidé de sa substance et détérioré davantage la situation économique.
Machroûu Tounes, par le biais de son secrétaire général Mohsen Marzouk, annonçait en janvier aussi son retrait du « processus » de l'Accord de Carthage, appelant à la constitution d'un gouvernement de compétences. Un gouvernement qui ne sera en aucun cas concerné par les prochaines échéances municipales et qui pourrait être mené par un Youssef Chahed à tête de ministres indépendants.
Al Jomhouri, pour sa part, n'était pas en reste, boycottant la dernière réunion des signataires et exprimant son refus de composer avec des partis « qui n'ont pas réussi à diriger le pays »…

Que reste-t-il donc de l'Accord de Carthage hormis le désaccord ? Une initiative lancée en 2016 par le chef de l'Etat, Béji Caïd Essebsi et qui a propulsé Youssef Chahed à la Kasbah. Si tout l'échafaudage venait à s'effondrer, entrainant le chef du gouvernement dans sa chute, la position du président de la République ne serait-elle pas décrédibilisée, étant à l'origine du pacte? Au cours de l'une des réunions des signataires, BCE ne s'était pas privé de lancer des piques en précisant que l'Accord de Carthage n'était pas le gouvernement et que l'union nationale exigeait un consensus sur l'essentiel : la réalisation, ou non, des objectifs qui ont été fixés pour l'équipe gouvernementale.
Les jeux sont faits. Quelle que soit l'issue de cette affaire c'est du devenir du pays qu'il est question. La stabilité politique étant l'une des conditions sine qua non pour qu'une vision et des réformes à long terme soient engagées. Les élucubrations de nos politiques ne le permettraient vraisemblablement pas.


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