Que se passe-t-il pour vos cinq sens pendant le jeûne ?    Un nouveau livre de Faouzia Farida Charfi : Lettre à mon petit-fils sur l'islam d'aujourd'hui    Ouvrage Les plus belles mosaïques de Tunisie : l'art ancestral de la mosaïque à l'honneur    Ramadan en Tunisie : rester proche malgré la distance grâce à Taptap Send    eVisa: Changement du régime d'immigration au Royaume-Uni à partir du 25 février 2026    Gemini 3.1 Pro lancé : Google avance un modèle d'IA plus intelligent que les autres    Une à trois dattes par jour : vraiment bonnes pour la santé pendant le Ramadan ?    Dépassements et ventes conditionnées : l'ODC invite les Tunisiens à agir    11.000 tonnes sur le marché, mais l'huile subventionnée reste introuvable    L'ISCAE Manouba et IFC Cairo signent une convention de partenariat stratégique    Reprise du trafic ferroviaire du TGM sur toute la ligne Tunis – La Goulette – La Marsa    Météo en Tunisie : pluies éparses dans les régions côtières    Leila Shahid: une vie à raconter la Palestine au monde    Annonce officielle des arbitres pour le derby tunisien    La suspension simultanée de Land'Or et Poulina annonce-t-elle un rachat stratégique ?    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Attijari bank célèbre la transmission et les liens intergénérationnels au sein de la diaspora avec une campagne baptisée "يعيش فينا رمضان" à l'occasion du Ramadan 2026    Météo en Tunisie : nuages passagers, vent fort    La Voix de Hind Rajab primé au gala Cinema for Peace à Berlin, Kaouther Ben Hania refuse la récompense    Abderrazek Kéfi, ancien ministre de l'Information, est décédé    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Ooredoo Fintech Tunisie obtient l'agrément de la Banque Centrale pour lancer walletii by Ooredoo en Tunisie    Ramadan en Tunisie: entre spiritualité et gourmandise (Album photos)    Université tunisienne: sortir du fétichisme électoral pour restaurer la compétence    Visa Schengen 10 ans : qui pourra en bénéficier ?    Epson renforce sa gamme de projecteurs 3LCD en Tunisie : performance, innovation et polyvalence au service des professionnels et de l'éducation    Zoubeida Khaldi: Ce cavalier    Ooredoo Fintech Tunisie obtient l'agrément de la Banque Centrale pour lancer walletii by Ooredoo en Tunisie    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    Arabie Saoudite annonce le début officiel du Ramadan 2026 avec le Qatar et les Emirats    Qui est Anne-Claire Legendre, la première femme à réinventer l'Institut du monde arabe ?    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    Où et quand suivre les barrages aller de la Ligue des champions ?    Quart de finale de la Ligue des champions : Les dates clés pour Espérance Tunis contre Al Ahly !    CIVP : vers une augmentation de l'indemnité des stages en Tunisie    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Conférence de Munich 2026: l'Europe face au duel Washington–Pékin    Lancement de la première session de recrutement 2026 : dates et modalités    L'odorat des chiens au service de l'oncologie médicale    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Le diplomate tunisien Mohamed Ben Youssef nommé à la tête de l'Institut culturel Afro-arabe    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La République, entre monarchie et anarchie
Publié dans Business News le 24 - 07 - 2018

Demain, mercredi 25 juillet 2018, la Tunisie fêtera le 61ème anniversaire de la République. Une République arrachée au sang des martyrs tombés sous l'occupation et à la force de la détermination des militants qui n'ont reculé devant rien pour récupérer un pays vendu aux Français. Aujourd'hui, l'heure est grave et ce précieux acquis est en souffrance. A force de tiraillements, d'appauvrissement de ses institutions, la République est plus que jamais affaiblie et menacée…

Le 25 juillet 1957, l'assemblée nationale constituante décidait l'abolition de la monarchie et l'instauration de la République. Habib Bourguiba est alors proclamé président de la République de Tunisie et entame avec l'ardeur qu'on lui connait les réformes qui feront du pays la « Suisse de l'Afrique ». Aujourd'hui, 7 ans après la révolution et l'avènement de la deuxième République, la Tunisie touche le fond et contre la liberté d'expression, a perdu tout ce qui a fait d'elle la perle de l'Afrique.

Si l'an dernier, nous assistions à la célébration de la République avec trois présidents souriants et complices. Cette année, les choses ne se passeront certainement pas comme ça. En cause, les intrigues qui secouent la cour du palais de Carthage et la guerre qui oppose le dauphin du chef de l'Etat, Hafedh Caïd Essebsi et son fils spirituel devenu illégitime, Youssef Chahed. Une guerre qui vient s'ajouter à un paysage économique et social dans la tourmente et à un constat édifiant de l'impuissance manifeste des institutions de la République.

Nous avions, à cette même occasion, évoqué l'an dernier la dispersion des pouvoirs et l'incompétence des personnes nommées à des postes de responsabilité. Rien n'a changé depuis, si ce n'est en pire. Avec un exécutif partagé en deux pouvoirs et un parlement de moins en moins crédible, les équilibres et les enjeux politiques priment sur ce qui n'est désormais qu'un slogan : la préservation des intérêts de la nation et donc de la République.

Avec un roi en fin de règne, influençable et vulnérable, tous les espoirs mais aussi tous les coups sont permis. La cour qui gravite autour de Béji Caïd Essebsi est semblable à celle qui a de tout temps accompagné tous les monarques. Divisée en camps soutenant un successeur contre l'autre, elle se livre une guerre sans merci. Entre un Youssef Chahed qui représente pour certains une stabilité politique nécessaire à l'avancement des réformes dans le pays, malgré la réussite relative de son bilan, et un Hafedh Caïd Essebsi pantin exploitable à souhait selon de nombreux observateurs, les cœurs, mais surtout, les intérêts balancent.
Viennent s'ajouter à cela les nombreux blocages dus principalement à l'incapacité du pouvoir législatif à voter des lois et installer définitivement des institutions piliers de la République. Le parlement en a donné l'exemple aujourd'hui en étant incapable d'élire les trois membres restants de la cour constitutionnelle. Pourtant, ce n'est pas le temps qui leur a manqué. Ce qui manque c'est tout simplement la bonne foi. Pris dans le cercle vicieux des tiraillements partisans tous les partis se sont accordés à ne pas se mettre d'accord peu importent les conséquences que cela peut avoir sur le pays. Avidité et égos surdimensionnés obligent ! Les lois elles-mêmes se sont avérées inapplicables car inspirées d'une constitution qui a péché par idéalisme et par précipitation. Encore un motif de blocage.
L'union nationale porteuse de tous les espoirs a fait place à une anarchie qui a mené à l'immobilisme, à l'heure où la Tunisie tire sa dernière cartouche pour se rattraper et retrouver une crédibilité ébranlée surtout par son instabilité politique. De l'Accord de Carthage, à l'Accord de Carthage 2, le chemin a été semé d'embûches. Armés de bâtons, les acteurs politiques bloquent toutes les roues et les discours ne sont plus que de vaines critiques qui ne changent rien à la vie de citoyens éberlués et impuissants. Privés d'eau, privés de lait, privés d'un pouvoir d'achat capable de leur offrir une vie digne, ils sont de plus en plus nombreux à être las des choses de la politique mais la révolte populaire commence à gronder et ne tardera pas à éclater si les choses continuent ainsi.

Ce n'est donc pas sous les meilleurs auspices que la fête de la République sera commémorée en 2018. Car la République n'est désormais que le joli mot qui vient signer une constitution, elle-même achevée dans la douleur, et qui pour nombreux ne veut plus rien dire. Dénuée de ce qui fait sa noblesse et trainée dans la boue, elle survit dans l'amertume des anciens, qui ont connu de près les sacrifices consentis pour la mériter. Pour un pays qui a connu l'occupation et l'oppression, le fait de ne pas protéger cet acquis très chèrement payé, est d'une absurdité affligeante. Heureusement que les commémorations sont là, pour que l'on s'en rappelle au moins une fois par an !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.