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Tunisair : Victime ou coupable ?
Publié dans Business News le 27 - 08 - 2018

Les retards sur les dessertes de Tunisair consternent de plus en plus les passagers tunisiens et étrangers. Certains voyageurs critiquent sévèrement la compagnie et son mode de gestion et les appels à sa privatisation deviennent de plus en plus nombreux. Tout ceci a fait sortir le PDG de la compagnie aérienne nationale de son silence.

Avec l'arrivée de l'été et le retour du tourisme, les chiffres de la compagnie aérienne sont dans le vert. Il en est autrement de son image. La saison estivale dans les aéroports tunisiens, notamment Tunis-Carthage, est en effet synonyme d'encombrement et de retards. Et la compagnie nationale est aux premières loges des critiques, puisqu'elle assure une part importante des dessertes ainsi que plusieurs services notamment le handling. Elle est souvent prise pour cible, même si elle n'est pas toujours directement responsable de ce de quoi on l'accuse.
Il faut dire que certains incidents n'arrangent pas les choses, notamment les pannes à répétition du tapis de transport des bagages, à cause de la vétusté du matériel ainsi que celles de plusieurs appareils, qui restent cloués au sol pendant des heures. Le dernier incident en date et celui d'hier, dimanche 26 août 2018, les passagers du vol TU7258 en partance vers Monastir ont dû être débarqués à l'aéroport de Prague (République Tchèque), le pilote ayant détecté une panne technique qui pouvait causer un incendie à bord d'un appareil affrété par la compagnie.
Tout ceci a provoqué la grogne des passagers, qui n'en peuvent plus de supporter les retards enregistrés sur les vols. Plusieurs voix se sont élevées pour réclamer la privatisation de la société nationale qui vie des difficultés importantes depuis la révolution. La compagnie ayant cumulé un résultat déficitaire reporté de plus de 500 millions de dinars !


Toutes ces critiques ont poussé le PDG de Tunisair Elyes Mnakbi à sortir dans les médias et à répondre à ses détracteurs. Ainsi, le responsable a souligné que la situation chaotique de la société date d'après la révolution, la société fournissant, avant, des entrées de l'ordre de 600 millions de dinars à l'Etat tunisien. Pour lui, certaines décisions prises ont impacté fortement la compagnie aérienne et ses équilibres financiers. Le PDG pointe du doigt, en particulier, le recrutement, effectué entre 2011 et 2012, de 1.200 personnes entre agents de sous-traitance et réintégration de personnel renvoyé outre les différentes hausses de salaires et les équivalences (mise à niveau des salaires selon les diplômes). Aujourd'hui, la société dispose d'un effectif de 165 employés par avion contre une moyenne comprise entre 80 et 100 personnes par avion de par le monde. Pire, les recrutements ont été tellement massifs que certaines filiales de la compagnie vivent une situation impossible. Par exemple, Tunisair handling, qui dégageait entre 40 et 60 millions de dinars par an au groupe, n'arrive plus à couvrir ses dépenses salariales, qui représentent aujourd'hui 130% de ses revenus, alors que pour n'importe quelle entreprise dans le monde qui veut réaliser des bénéfices, la masse salariale ne doit pas dépasser 50% du chiffre d'affaires.
L'exemple des bagagistes qui ont été intégrés à Tunisair est également un autre indicateur des difficultés vécues par la compagnie. Certains bagagistes ne sont pas habilités à assurer les tâches pour lesquelles ils ont été recrutés et mais sont pourtant diplomés dans d'autres spécialités. Ainsi, la société a dû tenir compte de leurs diplômes et augmenter leurs salaires qui sont passés de 400 dinars à 2.000 dinars pour certains, tout en recourant de nouveau à la sous-traitance pour que le travail soit quand même effectué. Un comble !
«Parfois au début du mois, on ne sait pas comment on va payer les 7.800 employés de la compagnie, des salaires avoisinant les 300 millions de dinars par an», avoue Elyes Mnakbi.
A tout ceci, s'ajoute une flotte vieillissante qui a besoin de plus d'entretien. Or, à cause de la situation financière, la compagnie souffre d'un manque de crédibilité vis-à-vis de ses fournisseurs de pièces de rechange qui ont perdu confiance en elle. Certains réclament d'être payés en avance ou, au mieux, d'avoir un acompte. Le tout, 10 fois plus cher que le prix qu'elle payait avant et avec des livraisons dans les 24 heures, alors qu'elle disposait, avant, d'un stock de pièces qui lui permettait de réagir rapidement aux pannes.

Le directeur de l'Aviation civile Habib Mekki indique ainsi que 5 appareils sur les 28 composant la flotte sont actuellement en maintenance et que la société a dû faire avec et revoir son programme, notamment en affrétant des appareils. Il explique que souvent Tunisair est prise pour bouc émissaire. Il a précisé, dans ce cadre, que l'aéroport de Tunis-Carthage a dépassé sa capacité d'accueil depuis 2014 : «On accueille 6 millions de passagers par an alors que la capacité est de l'aéroport est de 5 millions de passagers par an». Et de préciser qu'avec «la concentration des vols pendant la saison estivale, il y a 14 départs par heure alors que l'aéroport est dimensionné pour 7 départs par heure uniquement. Avec le glissement de trafic, on se retrouve parfois avec 16 à 17 départs par heure, note-t-il, d'où l'encombrement de la salle de tri bagage et de l'enregistrement».
En effet, l'infrastructure aéroportuaire n'est pas adaptée à un trafic important avec ses 3 ou 4 couloirs aériens. D'où, les retards.

Autres problèmes de taille. L'Etat s'est engagé à compenser la différence entre prix réel et prix pratiqué pour les vols internes, chose qui n'a pas été faite jusqu'à maintenant malgré les multiples réclamations de la société. L'Etat tunisien devait aussi débloquer 52 millions de dinars, sur un total de 130 millions de dinars nécessaire au plan de redressement et au départ d'un millier d'employés en sureffectif (indemnisation de départ + CNSS). Des promesses qu'il aura du mal à tenir avec les problèmes budgétaires actuels et les différents défis auxquels il fait face.

«Nous avons fait de notre mieux avec les moyens dont on dispose», se défend le PDG. «Nous avons comprimé les dépenses. Lorsque je suis entré à Tunisair, il y avait une perte annuelle de l'ordre de 170 millions de dinars. Pour 2017, la perte a été de 70 millions de dinars seulement. En 2018, on s'attend, et pour la première fois depuis la révolution la société, à un équilibre financier», note-t-il.
M. Mekki souligne pour sa part que «les autorités de tutelle ne sont certes pas satisfaites des retards de la société constatés sur la moitié des vols» et «que des réunions sont entreprises pour trouver des solutions concrètes, en notant que la situation économique du pays et les multiples attentats terroristes ont eu un impact désastreux sur elle». Le directeur de l'Aviation civile estime aussi que la filialisation de Tunisair n'a pas donné les résultats escomptés.

Pour pallier ses différentes problématiques, Tunisair Handling a contracté un crédit pour acquérir de nouveaux équipements en 2018 qui lui permettront de résoudre l'une des causes des retards indique M. Mnakbi. S'agissant de ses fournisseurs, il y a un retour de la confiance cette année, souligne-t-il.
La compagnie est en train de renouveler sa flotte. Elle réceptionnera 6 avions au 1 er semestre 2019. Pour la 1ère fois de son histoire, la société va avoir recours au leasing, qui lui permettra de renouveler sa flotte tous les 12 ans, explique le PDG.

En ce qui concerne la privatisation de la compagnie nationale, Elyes Mnakbi a assuré : «Tunisair est un patrimoine de notre pays et le porte-drapeau de la Tunisie n'est pas à vendre». Et d'ajouter : «Nous sommes parmi les meilleures compagnies au monde en terme de sécurité de vol et notre emplacement est stratégique, nous pouvons devenir le plus grand hub du monde, avec une stratégie adéquate».

La compagnie nationale est périodiquement prise pour cible par des passagers mécontents. Si ces couacs en font le bouc-émissaire idéal, une partie de ses problèmes est dûe à de mauvaises décisions prises au sommet de l'Etat. Beaucoup d'efforts consentis lui permettent aujourd'hui de voir le bout du tunnel avec des états financiers annoncés en équilibre pour 2018, une première depuis la révolution. En plus de Tunisair, d'autres sociétés publiques sont vraiment au fond du gouffre comme la SNCFT et l'Office des céréales qui cumulent respectivement des déficits de l'ordre de 915 millions de dinars et 846 millions de dinars. Des réformes devraient être entreprises au plus vite, pour les sauver.
D'ailleurs, la compagnie nationale compte aujourd'hui sur son plan de restructuration - dit plan de la dernière chance - pour décoller. « Depuis 2011, le dossier de la restructuration de la compagnie a été discuté à différents niveaux sans mettre en place les mesures adéquates préconisées, ce qui a laissé la situation s'aggraver de jour en jour ! Le salut de notre compagnie nationale passe par l'approbation de ce plan de redressement tant attendu et qui est sensé lui donner des ailes », avait écrit il y a quelques jours Sami Blidi, directeur de la stratégie et de la planification à Tunisiair, sur les réseaux. Affaire à suivre...


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